Le ministre des affaires étrangère de la république populaire de Chine et membre du Bureau politique du Comité central du Parti Communiste Chinois , monsieur Wang YI, sera les 7 et 8 janvier 2025 à Brazzaville pour une visite de travail. Cette visite qui intervient quatre mois après la tenue à Beijing au début du mois de septembre 2024 du sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), est présentée par de nombreux analystes comme un moment important, non seulement dans le cadre des relations sino congolaises, mais aussi sino africaines , en raison du fait que la république du Congo copréside avec la Chine, le FOCAC, cette niche d’opportunités de développement offertes par le pays de Mao aux Etats africains.
Par Jean Eudes Rodrigue NGANGA, Directeur du Groupe Congo Médias
Pour les dirigeants chinois, regarder vers l’Afrique pour commencer l’année est une tradition qui s’enracine chaque jour davantage. En effet, c’est la 35ème année consécutive que le ministre chinois des Affaires étrangères se rend en Afrique lors de sa première visite à l’étranger en début d’année. Visiblement, cela ne s’apparente pas à un pur hasard, mais constitue plutôt la preuve d’un intérêt croissant de la Chine pour le continent africain, et , sans doute, réciproquement.
La visite de 48 heures du chef de la diplomatie chinoise au Congo Brazzaville, démontre l’importance somme toute particulière accordée par la Chine au Congo , coprésident du FOCAC . L’axe Beijing – Brazzaville déjà vivifié par soixante ans de coopération mutiellement satisfaisante et célébrés l’année dernière, se trouve aujourd’hui davantage tonifié par l’obligation de solidarité entre les deux pays , dans la coprésidence du Forum sur la coopération sino-africaine , FOCAC. Ainsi, de l’axe Beijing – Brazzaville (Congo) à l’axe Beijing-Brazzaville (Afrique), la capitale congolaise devient une plaque tournante des relations sino africaines. Le choix de Brazzaville comme amorce du déploiement en 2025 de la diplomatie chinoise à l’étranger, trouve donc tout son sens.

Brazzaville, courroie de transmission entre la Chine et l’Afrique
Vraisemblablement, l’historique rendez-vous de Brazzaville devraient passer au crible des sujets aussi divers que variés. Denis SASSOU NGUESSO et Wang LI , devraient évoquer des sujets non seulement au plan bilatéral ( les deux pays étant liés par un partenariat stratégique global, mais aussi, assurément), mais aussi ceux en rapport avec l’aboutissement des ambitieux engagements du FOCAC , tournés vers un appui au développement des Etats africains par la Chine. Lors d’un entretien avec son homologue congolais , en marge du sommet du FOFAC , le président chinois XI JINPING , cité par des médias officiels chinois , affirmait l’engagement de son pays pour cette cause : « La Chine travaillera avec la République du Congo pour mieux jouer leur rôle de premier plan en tant que coprésident du FOCAC, mettre en œuvre les résultats du sommet, veiller à ce que la « marque dorée » du FOCAC brille davantage au fil du temps, et montrer à la communauté internationale la ferme détermination de la Chine et de l’Afrique à construire conjointement une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique de tout temps à l’ère nouvelle ».
Pour les autorités chinoises, les relations sino-congolaises donneront toujours un exemple à suivre pour les relations sino-africaines. Le président chinois avait en effet renchéri : « La coopération amicale entre la Chine et la République du Congo inaugurera une période encore plus glorieuse au cours des 60 prochaines années, les deux parties devraient consolider et développer leur amitié traditionnelle afin de donner l’exemple aux relations sino-africaines ».
Le Congo et la Chine, un roc !
Des relations très solides existent entre les deux pays. Pour preuve, en marge du sommet du FOCAC, le président congolais, Denis SASSOU NGUESSO cité par des médias officiels chinois, avait rappelé quelques séquences de la coopération entre les deux pays, les fruits qui en découlent, ou encore l’adhésion de son pays au principe d’un seule Chine. C’était lors d’un échange avec son homologue chinois, XI JINPING : « …de nombreuses entreprises chinoises avaient participé à des projets dans divers secteurs, tels que la pêche, les mines, l’énergie et les infrastructures, en République du Congo, et contribué au développement économique et social du pays. La République du Congo est disposée à consolider continuellement son amitié avec la Chine et à renforcer la coopération pragmatique dans divers domaines. La République du Congo adhère fermement au principe d’une seule Chine et soutient le gouvernement chinois dans la sauvegarde de la souveraineté nationale, de la sécurité et de l’intégrité territoriale. Cette position reste inébranlable ».
Il est à noter par ailleurs que lors de ce tête à tête, le dirigent chinois, cité par des médias officiels chinois , avait évoqué la vision de coopération entre son pays et le Congo : « … que la Chine et la République du Congo jouent les « quatre rôles », à savoir un porte-drapeau pour la construction d’une communauté d’avenir partagé, un pionnier dans la construction conjointe de « la Ceinture et la Route », un modèle de la compréhension mutuelle des peuples, et un exemple de solidarité et de collaboration (…) la Chine est prête à approfondir les échanges d’expériences en matière de gouvernance avec la République du Congo, à renforcer les échanges dans divers domaines et à tous les niveaux, et à explorer conjointement les voies de développement vers la modernisation ».
En rappel, la dernière visite du ministre WANG YI au Congo-Brazzaville avait eu lieu en 2017, soit quatre ans après celle du président chinois XI JINPING , en 2013.
Photo : Le ministre chinois WANG YI ( Droits réservés)

