Le Consortium des Associations pour la Promotion de la Gouvernance Démocratique et de l’État de Droit (CAPGED) a dénoncé, le jeudi 22 mai 2025 à Brazzaville, le mutisme du gouvernement congolais dans l’affaire LASSY MBOUITY Grace Herval. Dans une déclaration lue par Quentin BANGA, chargé des programmes à l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH), ce regroupement de six ONG de défense des droits humains a exprimé son indignation face à l’enlèvement et aux sévices subis par l’opposant, dénonçant « l’indifférence coupable » des autorités congolaises.
Enlevé le 11 mai 2025 à son domicile à Brazzaville par des hommes cagoulés et armés, Grace Herval LASSY MBOUITY, figure politique bien connue et candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, a disparu pendant dix jours avant d’être retrouvé, le 21 mai, abandonné dans les eaux troubles de la rivière Madoukou, dans un état pitoyable, conséquence d’un traitement inhumain infligé par ses ravisseurs.
«Les premières images partagées par ses proches montrent M. LASSY visiblement affaibli, portant des marques sur différentes parties du corps, preuve qu’il a été victime de torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants », a déclaré Quentin BANGA.
Ce consortium des organisations de la société civile congolaise composé de l’OCDH, du CNDHD,FGDH, du Ras-le-Bol, de l’ARPA2DH et de l’ADHUC s’interroge sur le silence des autorités durant toute la période de sa disparition, ainsi que sur leur absence de réaction après sa réapparition, notamment le mutisme du procureur de la République, André OKO NGAKALA, pourtant habituellement prompt à s’exprimer dans des affaires similaires.
« Onze jours après l’enlèvement, les autorités publiques peinent toujours à communiquer. Cela traduit une volonté manifeste de banaliser des actes relevant du crime d’État », précise la déclaration.
Les ONG rappellent que, selon la famille de M. MBOUITY, ce dernier avait déjà été victime de plusieurs actes de persécution, dont une tentative d’assassinat le 30 avril. Il avait déposé cinq plaintes contre X, toutes restées sans suite, et s’apprêtait à en déposer une sixième avant sa disparition.
Pour le consortium, cet enlèvement ne saurait être considéré comme un cas isolé. Il s’inscrit, selon eux, « Dans un contexte où le climat politique devient de plus en plus délétère à l’approche du prochain cycle électoral. Un plan de répression de toutes les voix discordantes semble en cours d’exécution, avec des menaces permanentes et des actes de torture, accompagnés de traitements cruels, inhumains et dégradants », a indiqué Quentin Banga.
L’organisation rappelle également que « La protection des acteurs politiques, des lanceurs d’alerte et des défenseurs des droits humains constitue un indicateur essentiel de la santé démocratique d’une nation ».
Face à cette situation préoccupante, le CAPGED appelle à des actions concrètes. Il demande notamment à l’Assemblée nationale d’interpeller le ministre de l’Intérieur, et à ce dernier de s’exprimer publiquement sur les mesures prises. Il exige également l’ouverture d’une enquête par le procureur de la République, ainsi qu’un renforcement de la sécurité autour des personnalités politiques exposées.
« Nous ne pouvons rester silencieux face à ce qui s’apparente à une nouvelle violation des garanties les plus élémentaires accordées à tout citoyen », a affirmé Quentin Banga, appelant la communauté internationale à intervenir. Il a exhorté les missions diplomatiques présentes au Congo à rappeler au gouvernement ses engagements en matière de respect des droits humains.
Alors que l’état de santé de LASSY MBOUITY reste critique, le CAPGED demande enfin que lui soient prodigués les soins nécessaires, y compris une évacuation sanitaire si besoin. « Il en va de la crédibilité de notre démocratie et du respect des droits fondamentaux », conclut la déclaration.
Au-delà du cas MBOUITY, c’est l’espace démocratique tout entier qui vacille. Menaces, pressions, censures : la société civile dresse un tableau préoccupant de la vie politique congolaise.
Photo : Les organisateurs du point de presse.
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