Le Barreau de Brazzaville a annoncé, vendredi 11 juillet 2025, la suspension de toutes ses activités professionnelles jusqu’à nouvel ordre, en réaction à l’arrestation jugée arbitraire de Me Bob Kaben MASSOUKA, avocat inscrit à son tableau. Ce dernier a été appréhendé, selon le Barreau, par des agents de la Centrale d’intelligence et de documentation (CID) dans des conditions jugées illégales. Une opération qualifiée d’« enlèvement » par l’ordre des avocats, qui exige des explications et la libération immédiate de leur confrère.
Réunie en assemblée générale extraordinaire, la corporation a vigoureusement dénoncé cette interpellation. « Nous qualifions cet acte d’enlèvement, car il a été opéré dans des conditions déplorables et en violation manifeste de la procédure légale », a déclaré Me Andrée Brigitte NZINGOULA, bâtonnier du Barreau de Brazzaville. Elle a rappelé qu’« il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé », soulignant ainsi une tendance inquiétante qui menace les droits de la défense.
Selon les informations communiquées, Me Bob Kaben MASSOUKA aurait été interpellé dans la soirée du 9 juillet 2025, à la sortie de son cabinet. Les motifs exacts de cette arrestation restent flous, mais c’est surtout la manière dont elle a été exécutée qui suscite l’indignation au sein de la communauté judiciaire.
En signe de solidarité, le Barreau de Pointe-Noire a lui aussi décidé de suspendre toutes ses activités professionnelles. Dans un communiqué, il dénonce « une violation flagrante des droits fondamentaux garantis par la loi n° 026-92 du 20 août 1992 sur l’organisation de la profession d’avocat ». « L’interpellation d’un avocat doit impérativement se faire en présence du bâtonnier et du procureur général », a rappelé l’ordre de Pointe-Noire.
Le Barreau de Pointe-Noire exige également la libération immédiate et sans condition de Me MASSOUKA, détenu selon eux dans les locaux de la CID. « L’avocat est un acteur essentiel de la justice. Son indépendance, sa sécurité et sa liberté sont les piliers d’un État de droit », martèle leur déclaration.
Face à cette situation, les deux barreaux restent mobilisés et affirment qu’ils maintiendront la pression jusqu’au respect scrupuleux des principes républicains. Cette paralysie des activités judiciaires risque d’entraîner des retards considérables dans le traitement des dossiers en cours.
Photo : Vue d’un échantillon des avocats de Pointe-Noire lors de la déclaration
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