Le rapport sur la régulation de l’élection présidentielle de mars dernier dans le pays a été présenté le mercredi 15 avril 2026 à Brazzaville par le Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLSC) lors d’une cérémonie patronnée par Médard MILANDOU, le président de l’institution. Un rapport qui certes, met en relief la satisfaction de l’institution aux plans juridique et organisationnel, s’est félicité le Secrétaire comptable, mais qui par ailleurs expose une litanie de contraintes de différents ordres qui se sont montré limitantes. Insuffisances techniques et logistiques, entre autres. Le document souligne par ailleurs l’attrait exercé par les médias en ligne envers bien de candidats durant la campagne électorale.

Le rapport a été lu par Jérôme Patrick MAVOUNGOU, le secrétaire comptable du CSLC, devant des responsables des médias publics et privés, ainsi que des dirigeants d’organisations professionnelles. « Le conseil a rempli sa mission sur le plan juridique, organisationnel et institutionnel. Cependant, on a été limité par des contraintes structurelles mais aussi par des facteurs externes », une phrasequi à elle seule résume parfaitement l’esprit de ce rapport au contenu mitigé.
Du côté de la satisfaction, le CSLC note ce qu’il présente comme une évolution dans la couverture des activités électorales dans les deux grandes villes du pays, Brazzaville et Pointe-Noire. Il est en effet fait mention de « l’égalité de traitement des différents candidats, la démarche inclusive et apaisé du CSLC, le renforcement des capacités des professionnels des médias, garantissant une couverture médiatique professionnelle et responsable, l’organisation effective des missions de campagne officielle, la mise en place d’un dispositif de monitoring des médias ».
Mais ici, il s’agit d’un monitoring fait avec un dispositif de la logique de « faute de grives on mange les merles » , comme l’a d’ailleurs spécifié le Secrétaire comptable lui-même : « Au nombres des insuffisances et limites, nous avons des contraintes techniques. L’absence d’outils modernes de monitoring. Nous n’avons mis en place qu’un dispositif de substitution (…) tout ce qui était fait était suivi et enregistré ».

Les media en ligne accrocheurs, méfiance à l’endroit de ceux classiques et du service public
Cette campagne électorale, si l’on en croit le rapport du Conseil supérieur de la Liberté de communication, a prouvé la montée en puissance du charme des médias en ligne qui ont accroché bien de candidats : « Certains candidats ont privilégié les réseaux sociaux et les médias en ligne au détriment des médias classiques, d’autres ont refusé de collaborer avec les médias publics, les qualifiant de médias acquis au pouvoir », souligne -t-il.
Enseignements et recommandations
Il y a bien sûr des enseignements à tirer de cette expérience ! Le plus important concerne cet écart constaté entre le corpus légal et la pratique des médias sur le terrain. Ici, il y a encore du travail à faire : « L’enseignement principal à tirer est l’existence d’un écart entre le cadre légal qui organise l’égalité et la réalité de la pratique médiatique. Le dispositif jurique existe on ne peut pas se plaindre (…) mais il faut en sorte que cette égalité prévue par les textes devienne concrète car il y a quelques limites sur lesquelles il nous faut travailler ».
Enfin, dans la perspective des futures échéances électorales, notamment celles des législatives et locales de l’année prochaine, le Conseil supérieur de la Liberté de communication formule des recommandations. En effet cette institution estime qu’il est indispensable « d’assurer en période électorale l’allocation au conseil d’une subvention spécifique dédiée à la régulation, la couverture médiatique. Elle plaide également pour le renforcement des capacités techniques et humaines, la nécessité de mieux encadrer les médias numériques ou encore la nécessité de garantir une égalité réelle d’accès aux médias ».
Le Régulateur congolais reste convaincu, a indiqué Jérôme Patrick MAVOUNGOU, que la régulation de la campagne électorale 2026 a permis de poser des bases solides en matière d’encadrement médiatique. Elle a également mis en évidence des insuffisances importantes. Mais, en définitive, a –t-il renchéri, « cette expérience démontre que l’existence d’un cadre juridique solide ne suffit pas à elle seule à garantir une égalité effective sans moyens adéquats et sans adhésion pleine des instances concernées. Renforcer moyens financiers et logistiques ».
Photo à la une : Le président du CSLC encadré par son vice-président et le Secrétaire comptable lors de la cérémonie
Photo intérieur : L’auditoire
Crédit : Groupe Congo Médias

