De la crise des passeports à la fraude dans la délivrance des pièces d’état civil, en passant par les fausses annonces de recrutement, la prise en charge des enfants vulnérables et l’essor du commerce en ligne, le gouvernement a apporté des réponses aux préoccupations des sénateurs. Lors de la séance de questions orales avec débat du vendredi 7 août 2026 au Sénat, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Jean OLESSONGO ONDAYE, a notamment annoncé la livraison prochaine de 100 000 passeports et de 332 000 cartes nationales d’identité, pour tenter de résorber les difficultés persistantes liées à l’obtention de ces documents.

Preuve des difficultés qui minent encore l’administration publique, la gestion des documents d’état civil s’est retrouvée au cœur des préoccupations des sénateurs. Interpellé sur la vente illicite des actes d’état civil, une pratique qui ternit l’image de l’administration et fragilise la valeur de ces documents officiels, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Jean OLESSONGO ONDAYE, a reconnu l’existence de réseaux impliquant, selon les renseignements recueillis par ses services, certains agents des administrations locales. « Vendre un acte d’état civil, c’est comme vendre dans un point de rue la nationalité congolaise au plus offrant », a-t-il dénoncé.
Pour enrayer le phénomène, le gouvernement entend conjuguer investigations sécuritaires et modernisation administrative, notamment à travers le Système intégré des faits d’état civil (SIFEC), présenté comme un outil destiné à digitaliser et à sécuriser la gestion des actes d’état civil.
Passeports : 100 000 documents attendus
La crise des passeports, autre sujet sensible, devrait connaître une évolution dans les prochains mois. Le ministre de l’Intérieur a annoncé, à l’issue des échanges avec le partenaire allemand chargé de leur production, la livraison de 100 000 passeports et de 332 000 cartes nationales d’identité. Un premier lot de 25 000 passeports est attendu début septembre, tandis que les dernières livraisons devraient intervenir en décembre 2026.
Le gouvernement prévoit également de sécuriser le paiement des passeports grâce à l’ouverture d’un compte dédié. L’objectif est notamment d’éviter que les agents de l’immigration ne manipulent directement les fonds versés par les demandeurs. « Aucun agent de l’immigration ne touchera à l’argent des demandeurs de passeports », a assuré Jean OLESSONGO ONDAYE.
Fonction publique : 32 150 dossiers enregistrés
Autre sujet de tension : les attroupements observés devant les services de la Fonction publique du 9 au 24 juillet dernier. Le ministre d’État, ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Pierre MABIALA, a réfuté l’existence d’une campagne officielle de recrutement, évoquant une manipulation de la population à travers les réseaux sociaux. Malgré cette confusion, 32 150 dossiers de demandeurs d’emploi ont été enregistrés.

Le ministre d’État a assuré qu’ils seront classés par écoles, centres de formation, diplômes et promotions, puis examinés lorsque le gouvernement décidera d’une campagne officielle de recrutement. Face aux pratiques d’arnaque, le gouvernement entend également sévir. Les fonctionnaires impliqués s’exposent à des sanctions disciplinaires et judiciaires, tandis que les faussaires externes pourront faire l’objet de poursuites pénales.
45 Orphelinats : pas de subvention automatique
La question sociale n’a pas été oubliée. La ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Marie-France Lydie Hélène PONTAULT, a fait état de 45 structures d’accueil et d’hébergement d’enfants recensées sur l’ensemble du territoire national. Contrairement à l’affirmation selon laquelle ces structures ne bénéficieraient d’aucun soutien public, la ministre a précisé que l’État ne dispose pas encore d’un mécanisme de subvention automatique ou uniforme au profit de l’ensemble des orphelinats.
L’État apporte toutefois, selon les situations, un appui financier et matériel, notamment en vivres, vêtements, médicaments et autres produits de première nécessité. La ministre a réaffirmé la priorité accordée au maintien de l’enfant dans son environnement familial, le placement en structure d’accueil demeurant une mesure exceptionnelle.
Commerce en ligne : vers une formalisation du secteur
Avec l’essor des ventes sur les réseaux sociaux, le gouvernement entend également mieux encadrer le commerce électronique. La ministre du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, Jacqueline Lydia MIKOLO, a annoncé plusieurs réformes, parmi lesquelles la création de l’Agence congolaise pour le commerce électronique et les services (ACCESS), d’une marketplace nationale baptisée Congo Market, ainsi que d’un registre numérique des commerçants.
Identification des vendeurs, transparence des prix, sécurisation des paiements, protection des données personnelles et mécanismes de règlement des litiges figurent parmi les mesures envisagées.
Pierre Ngolo : « Nous n’avons pas le droit de les décevoir »
Au terme des échanges, le président du Sénat, Pierre NGOLO, s’est félicité de la participation de 14 ministres sur les 16 attendus, estimant que le débat s’était déroulé dans la sérénité. Passeports, électricité, eau, carburant, transports ou encore environnement : « quasiment tous les aspects de la vie » ont été abordés, a-t-il relevé.
Au-delà des annonces, le président du Sénat a surtout appelé à l’action. « Nous n’avons pas le droit de les décevoir », a-t-il lancé, invitant le gouvernement et le Parlement à traduire l’engagement d’« accélérer la marche vers le développement » en actions concrètes et vigoureuses, capables d’apporter des réponses effectives aux attentes des citoyens.
Photos :
- Le Ministre de l’intérieur devant les sénateurs
- Les Sénateurs
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