samedi, novembre 7

La dénonciation a été formulée le mardi 27 octobre 2026 à Brazzaville par Jagger MPANDZO, président de l’Ordre des pharmaciens du Congo au cours d’une conférence de presse. Ce dernier a notamment mis en relief le fait que le dossier d’ouverture de la société Propharma, grossiste des produits pharmaceutiques, validé par le ministre de la santé au travers d’un arrêté, n’a pas reçu l’agrément préalable de l’Ordre, comme l’exige la procédure, a-t-on appris.  La tension monte du côté de cette organisation des professionnels du médicament qui n’excluent pas de saisir la Cour suprême pour un arbitrage, au cas où le ministère ne viendrait pas à donner une suite favorable à sa requête demandant le retrait administratif de son autorisation à Propharma.

Les raisons du refus de délivrer l’agrément à  Propharma par le Conseil national de l’Ordre

L’affaire commence le 26 mai 2025, date à laquelle la Direction de la pharmacie et du médicament transmet au Conseil national de I’Ordre des pharmaciens le dossier de demande d’ouverture de la société Propharma pour examen en vue de l’octroi ou du refus de l’agrément. « Après examen, le Conseil national a, le 2 juillet 2025, refusé cet agrément par une décision motivée. Pourtant, le 7 juillet 2025 le ministère de la Santé et de la Population a accordé à cette société une autorisation d’ouverture, curieusement sans ampliation à notre institution », a indiqué le président de l’Ordre, Jagger MPANDZO. Les motivations de ce refus ont du reste été précisées clairement à la presse :

Jagger MPANDZO, président de l’Ordre des pharmaciens du Congo

« Nous avons constaté que dans ce dossier il manquait les statuts de la société et nous avons demandé au requérant de les compléter. Après  leur examen, nous nous sommes rendu compte que les dispositions de l’article  L 596 du Code de la santé publique n’ont    pas été respectées (…) Dans le Code de la santé publique il est précisé que, concernant l’ouverture des établissements pharmaceutiques, le président du conseil d’administration doit être pharmacien, le directeur général doit être pharmacien, la majorité des actionnaires doivent être des pharmaciens (…) Or, pour le cas de  Propharma, les statuts montrent bien que 90% des actions sont  détenues par  des personnes qui ne sont pas  pharmaciens ».

L’Ordre national des pharmaciens du Congo qui se voit ainsi privé de ses droits et prérogatives en tant que maillon de la chaine procédurale administrative de création des établissements  pharmaceutiques , rappelle de fait qu’elle « n’est pas une simple association professionnelle mais plutôt une institution créée et organisée par une loi, notamment la loi 012-92 du 29 avril 1992, qui en son article 2 dispose ce qui suit : L’Ordre national des pharmaciens a pour objet d’assurer le respect des devoirs professionnels ; d’assurer la défense de l’honneur et de I ‘indépendance de la profession ; de contrôler l’accès à l’exercice de la profession ».

Des démarches administratives sans réponses

Estimant que la décision du ministère de la santé de d’autoriser Propharma, « soulève de sérieuses questions au regard du non-respect de la procédure prévue par la loi n° 012-92, notamment en son article 26 », l’Ordre des pharmaciens a saisi l’Inspection générale de la santé le 30 mars 2026 pour obtenir des éclaircissements. Sans réponse. « Le 1er juin 2026, nous avons alors décidé d’introduire un recours gracieux auprès du ministre de la Santé et de la Population, sollicitant le retrait administratif de cette autorisation. Là encore, nous n’avons reçu aucune réponse à ce jour », a regretté   Jagger MPANDZO .

Face à ce silence et soucieux de « préserver la légalité ainsi que les prérogatives de notre institution, que nous avons décidé d’une part d’engager les voies de recours juridictionnelles appropriées afin de contester cette autorisation et d’autre part estimé nécessaire d’informer les pharmaciens et l’opinion nationale ». Ces recours juridictionnels n’excluent pas la saisine de la Cour suprême.  

Pour l’Ordre, l’autorisation d’ouverture accordée « postérieurement par le ministère soulève donc, une difficulté sérieuse qui met en péril la sante publique. Nous sommes convaincus que les difficultés institutionnelles doivent être traitées dans le respect des compétences de chacun, dans la transparence et sur la base des textes applicables. C’est pourquoi nous appelons respectueusement le ministre de la Santé et de la Population à apporter une réponse formelle au recours gracieux du 1er juin 2026 », a indiqué l’orateur qui par ailleurs a martelé que la sécurité du médicament est un enjeu qui dépasse les intérêts particuliers. Il a conclu que « les règles prévues par la loi doivent être appliquées avec rigueur, impartialité et transparence ».

Photo à la une : Le président Jagger MPANDZO entouré ses collègues lors de la conférence de presse

Photo intérieur : Une vue des journalistes

Crédit Groupe Congo Médias

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