vendredi, septembre 25

La célébration de la Semaine des forêts, le mercredi 23 septembre 2026 à Brazzaville, a donné lieu à une réflexion sur l’avenir des massifs forestiers du Bassin du Congo. À travers la présentation de ses mécanismes de certification et de ses solutions de gestion durable, le Forest Stewardship Council (FSC) Congo a appelé les acteurs publics, privés, les communautés et les consommateurs à considérer la forêt comme un patrimoine commun dont la préservation repose aussi bien sur les politiques publiques que sur les pratiques quotidiennes. Une invite à faire de la forêt, bien plus qu’une simple réserve de bois.

Derrière la célébration de cette édition de la « Forest Week » placée sous le thème « Faites un geste pour les forêts », à laquelle les cadres et agents du Ministère de l’économie forestière ont pris part, se trouve un enjeu qui dépasse largement la seule exploitation forestière. Pour le FSC, les forêts constituent à la fois un réservoir de biodiversité, un régulateur climatique, une source d’eau et un espace de vie pour des centaines de millions de personnes.

Présentant l’organisation et ses missions, Stevie Ruchelle SIANARD BIDJOUA, Responsable du développement des marchés pour le Bassin du Congo et l’Afrique de l’Ouest, a rappelé que la préservation des forêts est intimement liée aux grands défis environnementaux contemporains.

« 31 % de la superficie terrestre est constituée de forêts et 80 % des espèces terrestres vivent dans ces écosystèmes. Les forêts assurent également les moyens de subsistance de 1,6 milliard de personnes. Elles protègent nos sols, fournissent une grande partie de notre eau douce et contribuent à réguler et stabiliser notre climat. C’est pour cela que les forêts doivent être protégées. Sans des forêts saines et résilientes, nous perdons la lutte contre les crises climatiques et nous perdons également la lutte contre la perte de biodiversité. »

Cette approche explique la place accordée par le FSC à la certification forestière, présentée comme un instrument permettant d’encadrer les pratiques de gestion et de rendre la chaîne d’approvisionnement des produits forestiers plus transparente.

Du bois à la certification : une chaîne sous contrôle

La certification FSC repose sur une évaluation indépendante de la gestion d’une forêt et de la chaîne de contrôle des produits qui en sont issus. L’objectif est notamment de pouvoir retracer le parcours du bois, depuis son origine jusqu’au produit fini.

Pour sa part, De Souza FEUJIO, Responsable de la certification des forêts communautaires et des petits exploitants pour le Bassin du Congo et l’Afrique de l’Ouest, a expliqué que le système repose sur une séparation des responsabilités entre plusieurs acteurs.

 « Le FSC est propriétaire du système et élabore les normes. Les organismes de certification, qui sont indépendants, réalisent les audits et vérifient la conformité des entreprises. Les entreprises forestières, quant à elles, sont les détentrices des certificats. Ce fonctionnement permet d’éviter les conflits d’intérêts et de garantir une certaine transparence dans le processus de certification. »

La certification ne s’arrête toutefois pas à la forêt. Elle peut concerner la gestion forestière, la première et la deuxième transformation, les détaillants, certains projets utilisant du bois certifié ainsi que la traçabilité des produits.

Le bassin du Congo, un immense potentiel

Les chiffres présentés lors de la rencontre donnent la mesure du potentiel régional. Le Bassin du Congo compte environ 250 millions d’hectares de forêts, dont quelque 50 millions d’hectares considérés comme des forêts de production. Environ 25 millions d’hectares disposent actuellement de plans de gestion approuvés, tandis que près de 7 millions d’hectares sont certifiés FSC.

Le FSC s’est fixé comme objectif d’atteindre 10 millions d’hectares certifiés dans le Bassin du Congo à la fin de 2026. La République du Congo occupe une place importante dans cette dynamique. Au 23 septembre 2026, trois entreprises disposent d’une certification FSC de gestion forestière.

Les droits humains au cœur de la durabilité

Pour le FSC, une forêt ne peut être considérée comme durable si les travailleurs, les communautés locales et les peuples autochtones sont laissés en marge. Les normes prennent ainsi en compte les conditions de travail, les droits des communautés, les mécanismes de traitement des plaintes, mais également la protection des sites culturels, des zones sensibles et des espaces présentant une forte valeur de conservation.

La gestion durable implique également la planification, le suivi-évaluation et l’identification des impacts environnementaux liés aux activités forestières. « La gestion durable ne consiste donc pas simplement à protéger les arbres ; elle consiste aussi à protéger les personnes et les écosystèmes qui dépendent de la forêt », a précisé De Souza FEUJIO.

Cette édition de la Semaine des forêts veut enfin élargir le débat au-delà des professionnels du secteur. Le thème « Faites un geste pour les forêts » invite entreprises, administrations, organisations de la société civile et citoyens à inscrire la préservation des ressources forestières dans leurs pratiques. En 2025, selon les données communiquées par le FSC, la campagne avait touché environ 140 millions de personnes sur les réseaux sociaux, avec la participation de plus de 70 pays.

Pour le FSC, l’enjeu est désormais de transformer cette mobilisation ponctuelle en comportements durables. Car derrière chaque arbre préservé, chaque produit traçable et chaque communauté mieux associée à la gestion de son environnement se joue une partie de l’avenir du bassin du Congo.

Photos :

  1. Les participants lors des travaux ;
  2. Les agents du FSC Congo lors des présentations ;
  3. Les participants posant pour la postérité.

Contacts de notre rédaction : gcm.redaction16@gmail.com

Téléphone & Whatsapp : +242 06 954 43 25 / 06 512 54 97

error: Content is protected !!
Exit mobile version