Le Procureur de la République, André OKO NGAKALA, a saisi, le vendredi 16 mai 2025 à Brazzaville, le juge d’instruction du 3 cabinet et requis le placement sous mandat de dépôt de Benjamin ATIPO, Directeur exécutif du Conseil national de lutte contre le VIH/SIDA, afin d’engager des poursuites judiciaires contre lui. Selon un communiqué du parquet, une enquête de flagrance est en cours. Le mis en cause, présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, est poursuivi pour des faits de violences conjugales, économiques, physiques et morales à l’encontre de Mme Reine, sa compagne depuis neuf ans. Ces accusations particulièrement graves relèvent de la loi Mouebara : loi n°16-2022 du 4 mai 2022 portant lutte contre les violences faites aux femmes en République du Congo.   

Selon le communiqué du procureur André OKO NGAKALA, l’enquête de flagrance menée au commissariat central de police de la Tsiémé a permis de corroborer les déclarations de la victime, qui partage la vie du prévenu depuis plusieurs années. Mme Reine, enceinte et mère de deux enfants nés de cette union, aurait été victime de violences répétées. « Cette dame enceinte a été expulsée du foyer conjugal par M. Benjamin Atipo. Paradoxalement, ce dernier n’a cessé de lui infliger des violences physiques, économiques et psychologiques au quotidien », a déclaré le procureur.

Ces agissements, qualifiés de « comportement irrespirable » par le magistrat, relèvent des articles 3 à 8 de la loi Mouebara, qui définit les différentes formes de violences faites aux femmes qu’elles soient physiques, économiques, psychologiques ou conjugales et prévoit des sanctions sévères à l’encontre des auteurs.

Face à la gravité des faits reprochés, le procureur a sollicité du juge d’instruction le placement en détention provisoire du prévenu martelant au passage que : « Nul ne peut se faire justice soi-même, nul n’est au-dessus de la loi, et nul n’est censé ignorer la loi

Des dispositions claires et des peines aggravées

Conformément à l’article 58 de la loi précitée, les actes de violences conjugales sont passibles de peines de réclusion. La loi prévoit des circonstances aggravantes lorsque la victime est une femme enceinte : ce qui semble être le cas ici, selon les éléments présentés par le parquet. Le même article stipule notamment que des travaux forcés à temps peuvent être prononcés lorsque la victime est jugée particulièrement vulnérable.

Il convient de rappeler que Benjamin ATIPO bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à ce que les charges soient établies et que la justice se prononce définitivement. Cette affaire, qui risque d’ébranler la cohésion familiale, vient s’ajouter à une série de cas similaires liés aux violences basées sur le genre (VBG). Elle met une fois de plus en lumière la nécessité d’une application rigoureuse de la loi Mouebara pour assurer la protection des femmes contre toutes les formes de violences, conformément aux engagements pris par la République du Congo.

Photo: Le prévenu Benjamin ATIPO.

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