Le Premier Ministre, Chef du gouvernement, Anatole Collinet MAKOSSO, a annoncé, le vendredi 21 juin 2024 devant le Sénat les difficultés financières qu’éprouve l’exécutif pour répondre aux obligations sociales liées au paiement des salaires d’un certain nombre d’acteurs sociaux. La situation relative aux retards de paiement à l’origine du déclenchement de la grève au Centre Hospitalier Universitaire de Brazzaville(C.H.U.B) et à l’Université Marien Ngouabi est, selon le Premier Ministre, due à une insuffisance de trésorerie de l’État. Le Gouvernement qui veut rétablir les équilibres macroéconomiques du pays focalise plus son attention sur le paiement de la dette extérieure. Une mesure aux conséquences  incalculables pour de nombreux Congolais qui ne perçoivent plus leurs émoluments.    

Répondant aux questions des Sénateurs sur les retards observés dans le paiement des salaires des agents des Mairies, de l’Université Marien Ngouabi et du C.H.U.B et de bien d’autres cadres évoluant au sein des structures diverses,  le premier Ministre n’est pas allé par quatre chemin pour affirmer sans ambages que la situation est liée à une insuffisance de trésorerie de l’Etat. Une sortie qui réduit un peu plus l’espoir des grévistes de voir aboutir leurs revendications salariales. 

« Cette situation a commencé à partir du 2eme trimestre de cette année. Ces retards concerne les retraités, les collectivités locales, les bourses des étudiants, les émoluments des parlementaires, les indemnités des sinistrés du 4 mars et de bien d’autres sinistres qui attendent d’être traités. À cela il faut ajouter les émoluments des ministres et de leurs collaborateurs et des collaborateurs de la présidence de la République pour qu’on n’ait pas à penser que cette situation ne concerne qu’une catégorie de personnes. Tout ceci s’explique par une insuffisance de la   trésorerie de l’état parce que nous tenons à sortir notre pays de la dette pour retrouver nos marges budgétaires », a précisé Anatole Collinet MAKOSSO.

Le Premier Ministre a commencé par rappeler les orientations du chef de l’État, soulignant que le gouvernement avait pris la décision stratégique de prioriser le service de la dette extérieure. Cette décision visait à éviter de transmettre ce fardeau aux générations futures et à restaurer les marges budgétaires pour le développement du pays. Le Premier ministre a expliqué que la dette publique, qui atteignait 116 % du PIB en 2021, nécessitait des mesures drastiques pour être apurée.

La dette extérieure, en particulier, incluait de nombreuses levées de fonds arrivant à échéance en 2024, ce qui a entraîné des retards dans les paiements des salaires et autres émoluments dès le deuxième trimestre de cette année. Anatole Collinet MAKOSSO a souligné que le gouvernement  avait fait des efforts considérables entre 2021 et 2024 pour respecter toutes les échéances, y compris celles des retraités et des autres institutions locales.

La principale cause de ces retards, selon lui, est une insuffisance de trésorerie de l’État. Il a noté que, bien que les recettes fiscales soient en hausse, elles restent insuffisantes par rapport au volume des dépenses exigibles. De plus, l’accès aux financements sur le marché sous régional des titres publics est devenu plus difficile en raison du poids de la dette et de la situation de trésorerie. Malgré ces défis, le Chef de l’exécutif a exprimé son optimisme quant à une amélioration de la situation d’ici la fin de l’année, indiquant que le taux d’endettement avait déjà baissé à environ 88-90 % du PIB grâce aux efforts consentis par tous.

Sur ce point précis, Le Président du Sénat Pierre NGOLO, tout en partageant cette démarche du gouvernement en tant qu’effort visant à gérer la dette extérieure, a insisté   sur le fait le gouvernement doit veiller à ce que personne ne soit sacrifié dans ce processus. Enfin, le président du Sénat a appelé à une vigilance accrue pour équilibrer les impératifs de réduction de la dette avec les besoins des citoyens.

La séance des questions orales avec débat  a mis en lumière les défis économiques actuels du Congo et les efforts du gouvernement pour les surmonter. Le chef du gouvernement a affiché son  optimiste quant à une amélioration prochaine de la situation.

Photo : Les Sénateurs lors de la plénière

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