Les journalistes spécialisés dans les questions climatiques et environnementales du Bassin du Congo affinent une stratégie de communication adaptée aux exigences actuelles. La première édition du Forum Multi-Acteurs pour le Développement de la Communication et de l’Information Environnementale dans le Bassin du Congo (FOMADECIE-BC), ouverte le mercredi 23 avril 2025 à Brazzaville, offre aux participants l’opportunité de réfléchir ensemble à une stratégie de communication environnementale en phase avec les réalités de cette sous-région stratégique. Organisé à l’initiative d’Afrique Environnement Plus, avec l’appui technique et financier de plusieurs partenaires, dont le PNUD Congo, le FOMADECIE-BC répond à l’urgence de renforcer les capacités des médias et des communicateurs à traiter et à relayer des informations pertinentes sur les enjeux environnementaux dans une région qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde.
Le segment ministériel, ouvert le 23 avril, au lendemain du segment technique, témoigne de la volonté des États de la sous-région d’adapter leur communication environnementale aux réalités du terrain. Un moment crucial pour les participants, appelés à mutualiser leurs idées en vue d’élaborer une stratégie assortie d’une feuille de route.

Dans son discours d’ouverture, Arlette SOUDAN-NONAULT, ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, également Secrétaire exécutive de la Commission Climat du Bassin du Congo, a salué l’importance de ce forum : « Ce forum marque un tournant décisif dans la manière dont nous allons désormais parler de l’environnement, en impliquant tous les acteurs concernés. »
Elle a souligné le rôle central des communicateurs et des médias dans la réussite des politiques environnementales. « Sans une communication adaptée, nous ne pourrons mobiliser ni les populations, ni les décideurs, encore moins les partenaires. Il faut faire de l’information environnementale une priorité », a-t-elle insisté.
Adama Dian BARRY, Représentante résidente du PNUD au Congo, a salué cette initiative comme « un jalon important pour la gouvernance environnementale en Afrique centrale », avant de réaffirmer l’engagement de son organisation à accompagner les pays du Bassin du Congo.

« Le rôle des médias est crucial pour sensibiliser les communautés et influencer les politiques. Il faut leur donner les moyens de remplir cette mission avec rigueur et efficacité. » Elle a également rappelé l’importance stratégique du Bassin du Congo sur le plan mondial : « Il est temps de sortir l’environnement des marges de l’actualité. Les populations doivent être informées, sensibilisées et impliquées dans les décisions qui touchent leur territoire et leur avenir. »
Raoul SIEMENI, Président du comité d’organisation du FOMADECIE-BC, a insisté sur l’importance de structurer et de coordonner les actions de communication environnementale.
« Trop longtemps, les voix en faveur de la nature ont été dispersées, parfois inaudibles. Le FOMADECIE-BC a vocation à créer un réseau d’acteurs soudés, partageant des outils, des savoirs et une vision. »
Il a plaidé pour un cadre pérenne réunissant médias, ONG, chercheurs et institutions publiques afin de co-construire des messages basés sur des données fiables et orientés vers l’action.
La Radio-télévision du Bassin du Congo : un outil panafricain d’éveil environnemental
La ministre Arlette SOUDAN-NONAULT a également annoncé le lancement prochain de la Radio-Télévision du Bassin du Congo (RTBC), présentée comme un outil stratégique de communication environnementale à l’échelle régionale :
« La RTBC, dont la mise en place est en cours, sera une plateforme d’information, d’éducation et de sensibilisation à vocation panafricaine. Cet outil devra porter haut la voix des écosystèmes du Bassin du Congo, valoriser les savoirs endogènes, relayer les politiques environnementales, et devenir un acteur central de l’éducation écologique. » Cet organe de presse contribuera également à réduire le déficit d’information environnementale dans les zones rurales.
Vers une feuille de route commune
Les travaux du forum s’articulent autour de panels thématiques portant notamment sur l’éducation aux médias, le journalisme environnemental, l’accès à l’information, le rôle des femmes et des jeunes, ainsi que l’usage des technologies numériques. À l’issue de ces échanges, les participants devraient adopter une série de recommandations visant à établir une feuille de route régionale pour une communication environnementale plus efficace et inclusive.
Photos :
- Les participants lors de la cérémonie d’ouverture
- Les officiels lors de la photo de famille
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