Le Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) entend ouvrir un nouveau chapitre dans la régulation des médias congolais. À l’occasion de la première rencontre officielle entre la nouvelle équipe dirigeante du Conseil et les professionnels des médias de Brazzaville, le vendredi 12 décembre 2025, son président, Médard MILANDOU NSONGA, a décliné les grandes orientations d’une gouvernance médiatique plus rigoureuse, mais résolument tournée vers le dialogue et la responsabilité.
Face à une salle attentive, le président du CSLC a salué la forte mobilisation des acteurs du secteur, y voyant un signal fort de l’intérêt porté à cette démarche de refondation. Il a profité de l’occasion pour présenter le nouveau collège du Conseil, récemment installé. Composée de onze membres, cette équipe se veut, selon lui, « engagée aux côtés des professionnels pour garantir l’exercice effectif de la liberté de la presse dans le respect des règles ».
Dans un paysage médiatique en constante expansion, Médard MILANDOU NSONGA a rappelé une évidence souvent mise à l’épreuve : la liberté de la presse ne saurait être synonyme d’absence de règles. « La République du Congo dispose d’un cadre juridique clair et cohérent. Il appartient à chaque acteur de s’en approprier les dispositions et de s’y conformer », a-t-il déclaré, évoquant notamment la loi n°8-2001 sur la liberté de l’information ainsi que le Code d’éthique et de déontologie de 2018, présenté comme une référence incontournable pour les journalistes.
Insistant sur la responsabilité professionnelle, le président du CSLC a rappelé que les droits reconnus aux journalistes vont de pair avec des obligations éthiques et déontologiques, essentielles à la crédibilité de la presse et à la confiance du public.
Défis numériques : entre opportunités et dérives
Abordant les mutations profondes induites par le numérique, le régulateur n’a pas éludé les risques liés à la prolifération des réseaux sociaux, à la circulation des infox, aux manipulations d’images et à l’usage incontrôlé de l’intelligence artificielle. « Les nouveaux médias offrent de réelles opportunités, mais ils constituent aussi une menace sérieuse pour la fiabilité de l’information si la vigilance fait défaut », a-t-il averti, appelant les professionnels à redoubler de prudence et de discernement.

Présidentielle 2026 : le CSLC annonce une vigilance renforcée
Le président du CSLC a, par ailleurs, réaffirmé les missions fondamentales de l’institution : prévenir la diffusion de contenus portant atteinte à la paix et à la cohésion nationale, garantir l’équité dans le traitement de l’information et veiller au respect de la dignité humaine. « La presse demeure un pilier central de la démocratie. Elle informe, éclaire et contribue à renforcer le lien civique », a-t-il souligné.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2026, le CSLC entend jouer pleinement son rôle de régulateur. Professionnalisme, rigueur et équité seront exigés dans la couverture médiatique du processus électoral. « Le Congo s’engage vers une échéance majeure. Le Conseil veillera à une couverture responsable et équilibrée », a assuré Médard MILANDOU NSONGA.
Dans cette dynamique, il a annoncé la relance de la campagne d’attribution des cartes de presse, destinées à faciliter l’accès des journalistes aux meetings et aux événements politiques. Les responsables des médias et les journalistes indépendants ont été invités à se rapprocher du secrétariat général du CSLC.
Le Collectif des Médias en Ligne saluent une ouverture attendue
Présent à la rencontre, le président du Collectif des médias en ligne du Congo (CMLC), Jean-Eudes Rodrigue NGANGA, a salué une initiative qu’il juge « inclusive et nécessaire ». Il s’est notamment félicité de l’annonce d’une réflexion concertée sur l’aide à la presse issue de la redevance audiovisuelle. « L’implication des médias en ligne dans cette réflexion est une avancée majeure. Nous faisons pleinement partie du paysage médiatique national », a-t-il affirmé.
Même satisfaction concernant la carte de presse. Pour le CMLC, la loi organique révisant les compétences du CSLC reconnaît explicitement les médias numériques, leur conférant les mêmes droits que les autres acteurs du secteur.
À travers cette rencontre, le CSLC affiche une ligne claire : instaurer une presse consciente de ses responsabilités, capable de relever les défis du numérique et de contribuer, par un traitement rigoureux de l’information, à la consolidation de la démocratie congolaise.
Photos :
- Le président du conseil lors de son adresse
- Vu des hauts conseillers et des journalistes
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