C’est dans un document de 28 pages que Joseph KIGNOUMBI KIA MBOUNGOU, candidat du parti La Chaine à la présidentielle consigne son pacte avec le peuple congolais. « Gouverner autrement », c’est l’intitulé de ce projet de société que celui qui a été candidat aux présidentielles de 2002, 2009, 2016 et 2021 qualifie de Manifeste pour un nouveau leadership au Congo. Deux principales orientations. La première consacrée aux « mesures d’urgence absolues à prendre dès mon entrée en fonction », et dont les axes sont la politique les finances. La deuxième orientation quant à elle se rapporte « aux mesures secondaires à implémenter tout au long de mon quinquennat ».

Les mesures d’urgence au plan politique
Le candidat propose la formation d’un gouvernement réduit de 25 membres (contre 38 actuellement, des ministres « choisis sur la base des critères exclusifs de compétence, de responsabilité et de patriotisme, avec obligation de résultats ». Il s’emploiera à appliquer la disposition constitutionnelle de la déclaration du patrimoine chaque fois qu’une personne sera nommée à une haute fonction publique, « à commencer par le Chef d’Etat que je serai ». Une conférence sur le patriotisme sera organisée dès son élection sur le thème « Patriotisme dans l’exercice des fonctions publiques », aux fins de montrer « que le Congo passe avant tout et que quand on les assume, on a plus de devoirs que de privilèges ». Le candidat se propose par ailleurs la mise en application dans toute sa rigueur de la loi sur la transparence dans la gestion des finances publiques et des ressources naturelles (pétrole, bois et mines) ».
Ça ne va pas badiner avec l’argent !
Au plan financier, les engagements de Joseph KIGNOUMBI KIA MBOUNGOU se concentrent autour du dialogue avec les partenaires internes et externes. Il s’agit notamment de la poursuite du dialogue avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux, ainsi qu’avec les partenaires intérieurs et les traders, en s’attachant au respect des engagements pris de part et d’autre. Surtout, le candidat de La Chaine entend « s’attaquer fermement à la politique systématique de la main tendue qui nous avilit, pour privilégier le plus possible des solutions internes à nos problèmes ».
Les dépenses publiques devront connaitre une rationalisation, le futur président de la république, s’il est élu, ambitionne de faire des économies sur tous les engagements de l’Etat. « je dissoudrai tous les conseils consultatifs qui grèvent inutilement les finances publiques ; je ferai régulièrement auditer les entreprises d’Etat, principalement, la Société Nationale de Pétrole du Congo (SNPC) ; Je ferai auditer les fichiers des bourses d’études, des pensions de retraite et de la Fonction publique afin d’avoir une situation exacte de nos engagements dans ces trois domaines ; Je ferai aussi auditer la situation des marchés publics dans le but de savoir, qu’est-ce qui a été fait, que reste-t-il à faire et quel est le niveau réel de nos engagements », soutient-il.
Autre audit à l’agenda du candidat, ceux de la dette publique, du Trésor public avec pour objectif d’avoir une idée réelle de l’ensemble des opportunités qui s’offrent à lui pour renflouer sa caisse. « L’objectif visé à travers cette batterie de mesures est la maîtrise de la situation financière du pays, afin de mettre en place, une véritable stratégie de stabilisation et de relance de l’économie nationale ».

De grands défis économiques et de développement
Sur le terrain de l’économie et du développement aux multiples attentes, Joseph KIGNOUMBI KIA MBOUNGOU opte pour la diversification pour grandir. « Quel modèle aujourd’hui ? Il faut sortir du schéma colonial, et, inscrire et développer une vision souverainiste pour accélérer la croissance à travers la mise en place de plusieurs pôles de richesse : Mettre en place une institution d’intelligence économique chargée de la Prospective à court, moyen et long terme, car in fine, nous voulons avoir une économie endogène et non extravertie ; Encourager les entreprises étrangères installées au Congo à ouvrir leur capital à la participation des Congolais et que leurs exécutifs laissent des places de choix au capital humain congolais ; Diversifier et dynamiser notre économie pour créer plusieurs pôles de richesse. Pour ce faire, l’agriculture doit être inscrite en lettres d’or comme priorités des priorités du mandat, afin de réduire la dépendance au pétrole, secteur qui représente 42 % de la richesse nationale (PIB) et 80 % de nos exportations ».
L’agriculture, pilier essentiel de la diversification
La diversification sera porté principalement par une Nouvelle Agriculture qui s’articulera autour de la création de cinq (5) Zones d’Emergence Agricole Spécialisées (ZEAS) dans le département du Kouilou ; dans les pays du Grand Niari (Niari, la Bouenza et la Lékoumou ) ; dans le département du Pool ; dans les département des Plateaux et enfin dans l’ensemble des départements de la Cuvette, la Cuvette Ouest, la Sangha et la Likouala. Ce programme devrait faire émerger un entrepreneuriat congolais, et contribuer à l’atteinte de la souveraineté alimentaire et la sécurité alimentaire grâce à la création de petites industries de transformation, peut-on lire dans le projet de société de Joseph KIGNOUMBI KIA MBOUNGOU.
Pour trouver la faramineuse somme de 2500 milliards nécessaire au financement de programme agricole, pas question d’aller « frapper les portes de la Banque Mondiale, ni celles du Fonds Monétaire International (FMI), encore moins celles des partenaires bilatéraux ou multilatéraux. Nous financerons cette Nouvelle Agriculture sur fonds propres. La première chose à faire passe par la rationalisation de la Dépense publique, en réduisant drastiquement le train de vie de l’Etat. Puis, nous mènerons une lutte acharnée contre la corruption et les détournements des deniers publics qui font volatiliser des milliards et des milliards chaque année ».

Des appuis aux entrepreneurs et accompagnement du secteur informel
Ils font partie du package des interventions de l’Etat pour impulser l’économie. S’il est élu, le candidat de la Chaine entend « accompagner l’économie informelle qui ne cesse de prendre de l’importance année après année, afin d’acheminer progressivement certaines unités vers le secteur formel (…) ; accorder des facilités multiformes aux créateurs d’entreprises en tenant compte du niveau des investissements, des secteurs d’activité, des situations géographiques et des capacités de création d’emplois des projets concernés ; restructurer la gestion de l’économie forestière en promouvant l’émergence des opérateurs nationaux dans le secteur.
Le pétrole et les mines
Enfin , dans les secteurs stratégiques du pétrole et des mines, la vision consiste à stabiliser la politique dans le secteur des hydrocarbures ( locomotive de l’économie nationale de par le niveau des investissements qui y sont consacrés) , mais aussi, par le haut niveau de sa participation à la formation de la richesse nationale. « Dans ce domaine, je ne bouleverserai pas trop les équilibres entre les intérêts des majors et de l’Etat. Cependant, un droit de regard est nécessaire sur la gestion globale du secteur, afin d’apporter des corrections si c’est nécessaire, mais bien entendu, dans un esprit de dialogue constructif, dans l’intérêt bien compris de toutes les parties ».
Enfin, dans le secteur des mines solides dont le pays regorge d’importante réserves , le candidat propose des réformes en faveur d’ un secteur plombée par des problèmes structurels qui, soutient le candidat, retardent malheureusement son évolution. Pour booster le secteur, « élu président de la République, je m’engage à relever toutes ces insuffisances que je viens de recenser. J’ai encore en tête, le cas le plus incompréhensible de la société Exxaro qui avait largement investi dans l’exploitation du fer de Mayoko, mais qui avait été évincée sans raison, au profit d’un Congolais, par tribalisme, alors qu’il n’a ni les compétences dans le domaine, ni les moyens financiers pour mener à bien une telle affaire ».

