Face à la raréfaction des financements publics et à la concurrence accrue entre institutions d’enseignement supérieur, l’Université Denis SASSOU NGUESSO (UDSN) a fait le pari du renforcement des capacités de ses enseignants-chercheurs en matière de conception de projets bancables et de mobilisation des ressources. Le séminaire de formation ouvert le lundi 22 juin 2026 à Kintélé se veut une rencontre stratégique visant à mieux outiller enseignants-chercheurs, chercheurs, doctorants et responsables académiques, à aligner la recherche congolaise sur les standards internationaux et à en faire un levier concret de développement.

C’est dans une atmosphère solennelle que les travaux ont été officiellement lancés par Bernard M’PASSI MABIALA, Conseiller à l’Enseignement supérieur, représentant la ministre du secteur. Au nom du gouvernement, il a rappelé l’urgence de doter les chercheurs des compétences nécessaires pour répondre aux exigences croissantes des bailleurs de fonds.
« Le financement de la recherche demeure le maillon faible de nos institutions d’enseignement supérieur. Désormais, la qualité scientifique seule ne suffit plus. Les chercheurs doivent être capables de structurer leurs idées, d’identifier les opportunités de financement et de cibler les partenaires selon leurs axes de recherche, leur zone géographique et le stade de maturation des projets », a-t-il martelé.
Pendant trois jours, enseignants-chercheurs, doctorants, étudiants de master et responsables académiques sont appelés à une réflexion collective jugée décisive pour l’avenir de la communauté scientifique nationale. Cette formation, qui réunit près de 150 participants issus d’universités publiques et privées ainsi que d’instituts spécialisés, ambitionne de renforcer leur capacité à produire des notes conceptuelles compétitives, à bâtir des budgets crédibles et à orienter efficacement chaque projet vers les mécanismes de financement les plus adaptés.

L’UDSN, une université en ordre de bataille
Dans son mot de bienvenue, Ange Antoine Abena, président de l’Université Denis Sassou Nguesso, a inscrit cette initiative dans la dynamique de transformation structurelle engagée par son institution. Il a salué l’accompagnement constant du ministère de l’Enseignement supérieur ainsi que l’appui du système des Nations unies, notamment le PNUD et l’UNESCO.
« Nous avons élaboré notre politique de recherche et d’innovation, structuré nos écoles doctorales et équipé nos laboratoires. L’heure est désormais à l’action. Et cette action passe par l’appropriation des standards internationaux du montage de projets et par la recherche active de financements propres », a-t-il déclaré.
L’UDSN a ainsi opté pour une approche fondée sur des projets transversaux et transdisciplinaires, couvrant des domaines stratégiques tels que les infrastructures durables, l’eau, la santé, l’environnement et les technologies spatiales, afin de mutualiser les compétences et d’accroître l’impact scientifique.

De l’économie des matières premières à l’économie de la connaissance
Dans sa leçon inaugurale, donnée à l’entame du séminaire, Yaya SANGARE, Docteur en sciences des matériaux et en management des organisations, Secrétaire général des Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI), a donné une dimension continentale aux échanges. « Nous sommes entrés dans une économie fondée sur la connaissance et l’innovation. Il existe une corrélation directe entre le niveau de développement d’un pays et l’effort qu’il consacre au financement de sa recherche. Plus un pays investit dans la science et l’innovation, plus il augmente ses chances de créer de la richesse et des emplois », a-t-il expliqué.
L’expert ivoirien a également insisté sur la nécessité, pour les chercheurs africains, d’intégrer les réseaux internationaux, de maîtriser les techniques d’“accroche” auprès des bailleurs et de développer une véritable diplomatie scientifique.
Au terme de cette formation assurée par le professeur Jonas YAPI ANDZI, les participants devront être pleinement outillés pour concevoir des projets crédibles et compétitifs. En réunissant près de 150 acteurs de la recherche issus d’horizons divers, l’UDSN entend renforcer durablement ses capacités institutionnelles.
Au-delà de l’université, ce séminaire pose les jalons d’une recherche congolaise plus visible, mieux financée et résolument tournée vers l’innovation, au service du développement national.
Photos :
- Les participants lors de la cérémonie d’ouverture ;
- Les officiels posant pour la postérité ;
- Le présidium de la cérémonie.
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