Lancé le Lundi 24 aout 2026 à Brazzaville par Arlette SOUDAN NONAULT, Ministre de l’Environnement, du Bassin du Congo et du Développement durable, le processus de vulgarisation de la Stratégie et du Plan d’Action National pour la Biodiversité (SPANB) 2025-2030 ambitionne de faire de la préservation du patrimoine naturel une responsabilité partagée. Appuyée par le WWF et soutenue par plusieurs partenaires, la campagne qui s’étendra aux quatorze autres départements du pays est la preuve d’un Congo qui veut désormais passer de la stratégie à l’action pour une meilleure appropriation collective.

Pendant trois jours, du 24 au 26 aout , Brazzaville est devenue le point de départ d’une vaste campagne nationale destinée à faire connaître, comprendre et surtout approprier la SPANB 2025-2030 par les différents acteurs de la vie nationale. Administrations publiques, collectivités, parlementaires, secteur privé, société civile, chercheurs, communautés locales et populations autochtones sont appelés à prendre part à cette dynamique.
Pour la ministre Arlette SOUDAN-NONAULT, l’enjeu dépasse largement la diffusion d’un document stratégique. Il s’agit de créer une véritable dynamique nationale autour de la biodiversité.
« Il s’agit d’un moment fondateur : celui où nous affirmons collectivement que la SPANB n’est pas un document technique réservé aux experts, mais un des outils de la planification de notre développement durable et résilient. Il constitue un engagement partagé, un contrat social et écologique entre l’État, les citoyens et les générations futures. »
Cette orientation intervient alors que la biodiversité mondiale subit une pression croissante. Changement climatique, surexploitation des ressources, pollution et transformation des usages des sols figurent parmi les principales causes de la dégradation des écosystèmes.
Le Congo veut capitaliser sur son capital naturel
Au cœur du Bassin du Congo, la République du Congo dispose d’un patrimoine écologique exceptionnel, composé notamment de forêts denses, savanes, zones humides, tourbières et mangroves. Pour le gouvernement, cette richesse représente à la fois une responsabilité environnementale et une opportunité de développement.
Au centre d’un atelier national de lancement officiel, la SPANB 2025-2030, élaborée dans le sillage du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal adopté en 2022, doit permettre de mieux articuler conservation de la nature et développement économique.
La stratégie prévoit notamment l’intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles, notamment l’agriculture, les mines, l’énergie, l’hydraulique et l’aménagement du territoire. Elle vise également à renforcer la gouvernance, les mécanismes de financement et les dispositifs de conservation, notamment les Aires et Territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire et les Autres Mesures de Conservation efficaces par zone.

« La biodiversité ne se protège pas contre les hommes, mais avec eux »
Partenaire du processus à travers le projet People Powering Biodiversity, le WWF-Congo entend contribuer à une mise en œuvre inclusive de la stratégie.
Pour son directeur pays, Eugene CHIA, la vulgarisation constitue une étape déterminante. « Une stratégie ne produit ses effets que lorsqu’elle est connue, comprise et appropriée par celles et ceux qui auront la responsabilité de la mettre en œuvre : administrations publiques, parlementaires, collectivités locales, secteur privé, société civile, communautés locales et populations autochtones. »
Le responsable du WWF-Congo a ainsi appelé à construire une démarche dans laquelle les populations ne seraient pas seulement bénéficiaires des politiques de conservation, mais également actrices de leur conception et de leur mise en œuvre.
L’Union européenne mise sur une approche concertée
L’Union européenne, autre partenaire historique du Congo dans les secteurs des forêts et des aires protégées, a réaffirmé sa disponibilité à accompagner cette ambition.
L’ambassadrice de l’Union européenne au Congo, Anne MARSHALL, a particulièrement insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre diversification économique, exploitation des ressources et protection de l’environnement.
« Le Congo doit veiller à la diversification de son économie, maîtriser les ressources quelles qu’elles soient et les revenus que ça pourrait engendrer, et évidemment tout ce dossier doit être important pour combiner le progrès industriel et les nouvelles ressources, notamment minières, avec le grand projet de préservation de l’environnement. »
L’atelier de Brazzaville ne constitue donc qu’une première étape. Le processus de sensibilisation doit progressivement gagner les quatorze autres départements du pays, avec l’ambition de diffuser les cinq axes stratégiques et les vingt-cinq cibles nationales de la SPANB.
À terme, les autorités veulent parvenir à une appropriation effective de la stratégie et à l’adoption d’une feuille de route commune. Le défi est désormais de transformer les engagements en actions concrètes et de faire de la biodiversité non plus seulement un enjeu environnemental, mais un pilier durable du développement du Congo.
Photos :
- Les participants à l’ouverture des travaux;
- La Ministre lors de son allocution d’ouverture ;
- Les officiels posant pour la postérité.
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