Permettre aux femmes de la zone Afrique centrale d’être des actrices commerciales engagées dans la mise en œuvre de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAF), c’est le but poursuivi par une conférence de trois jours ouverte le mercredi 21 octobre 2026 à Brazzaville. Son intitulé, « Sa ZLECAF », traduit clairement l’idée d’une mise à la disposition des femmes de ce projet censé leur assurer une émancipation à travers le commerce transfrontalier. La présence des ministres du commerce de la Guinée équatoriale, de la RDC et de l’Angola, ainsi que celle du Secrétaire général de la ZLECAF peut être considérée comme un engagement des autorités de la région à prendre le taureau par les cornes pour impulser une connexion des femmes aux marchés régionaux de la ZLECAF.
Dans la salle où se déroulait la cérémonie d’ouverture présidé par le Vice premier ministre, Jean Jacques BOUYA, une forte représentativité des femmes venues d’horizon différents : Admiration publiques, entreprises privées, ONG et association, producteurs agricoles, artisanes, etc. Comment vendre ses produits sur le marché de la région Afrique centrale et gagner plus d’argent ? ou au-delà, sur l’encore plus vaste africain fort de 54 pays et près de 1,5 milliard de consommateurs ? et comment s’y prendre ? Ce sont là en substance les questions dont les réponses vont, à n’en point douter, allumer les cerveaux des femmes.
Cette conférence a été présentée par la représentante du PNUD au Congo, Adama Dien BARRY, comme « un point de départ pour une action collective, concrète et mesurable. Un levier pour que les femmes soient préparées, informées et connectées », qui du reste a martelé sur le fait qu’« il n’y aura pas de marché africain inclusif sans les femmes » car, « nos mamans, nos filles sont au cœur du commerce , y compris transfrontalier ». Certains chiffres évoqués sur place, parlent de 70 à 80 % du commerce transfrontalier en Afrique comme œuvre des femmes, nonobstant le fait que, comme l’a regretté Adama Dien BARRY, ces femmes se heurtent à des obstacles persistants dans l’accès aux financements, aux marchés, à l’information et à la formalisation.
Audio : Discours de Jacqueline Lydia MIKOLO, ministre du Commerce , des approvisionnements et de la consommation
Quelle sont les différentes étapes qu’une entreprise candidate au commerce transfrontalier doit connaitre et respecter ? Dans son allocution, Jacqueline Lydia MIKOLO ministre du commerce, des approvisionnements et de la consommation de la république du Congo, et deuxième vice-présidente de la conférence des ministres de la ZLECAF y a répondu avec une grande clarté :
Jacqueline Lydia MIKOLO
« Au-delà des engagements de haut niveau inscrit à l’agenda, nous avons voulu que ces trois journées soient pour celles et ceux qui entreprennent. Une entreprise qui souhaite exporter doit pouvoir identifier un acheteur, calculer ses couts et comprendre les conditions d’entrée sur le marché visé. Il doit ensuite préparer sa marchandise, réunir les documents nécessaires et être en mesure d’exécuter sa commande. C’est sur ces parcours concrets que nous devons concentrer nos échanges ».
Au programme de la conférence, entre autres, la mise en place d’une clinique d’information, dont les missions ont été brossées par la ministre :
« La clinique d’information a pour objectif d’apporter des réponses précises sur les formalités à accomplir, les justificatifs relatifs aux règles d’origine à produire, les exigences de qualité à respecter et les interlocuteurs à contacter. Je souhaite que chaque participante, chaque participant puisse exposer ses difficultés pour obtenir des indications claires sur la ZLECAF ».
L’éclat de la rencontre de Brazzaville est rehaussé de la présence de M. Mené WAMKELE, Secrétaire général de la ZLECAF. Ce dernier a mis en lumière dans son intervention en anglais, des contraintes qui ont tendance à peser sur l’entrepreneuriat des jeunes, ainsi que initiatives prises :
M. Mené WAMKELE
« Le seul défi que nous avons est que ces jeunes qui veulent se lancer sont coincés par les obstacles qui se présentent à eux (…) En tant qu’Africains nus devons être fiers car nous sommes le seul continent au monde qui dispose d’un protocole dédié à concrétiser les aspirations des jeunes et des femmes (…) Il faut faire en sorte qu’il y ait des dispositions contraignantes pour une prise en compte des aspirations des jeunes et les femmes dans l’entrepreneuriat , et qu’ils soient les premiers bénéficiaires des avantages de la ZLECAF ».
Une feuille de route ambitieuse attendue
La réunion de Brazzaville entend adopter une feuille de route assortie de priorités claires et de mesures concrètes dans le but de renforcer la participation des femmes au commerce interafricain. Mais, un apogée de ce commerce ne saurait être atteint sans infrastructures et corridors logistiques adéquates et suffisantes. A juste titre, Jean Jacques BOUYA, le Vice premier ministre a indiqué que « l’intégration commerciale doit s’appuyer sur une intégration physique ».
Il a en outre brandi comme avantage incitative la mesure présidentielle relative à l’exemption de visa pour toute entrée en république du Congo à compter du 1er janvier 2027. Une mesure qui, pense-t-il, aura pour conséquence le développement des échanges entre entrepreneurs congolais et ceux d’autres pays.
Photo à la une : Des femmes congolaise agricultrices ( Droits réservés )
Photo intérieur 1 : Vue large les participants (Crédit : Vivace Mambouana /VM Médias)
Photo intérieur 1 : Les officiels (Crédit : Vivace Mambouana /VM Médias)
Photo intérieur 2 : Jacqueline Lydia MIKOLO prononçant son allocution(Crédit : Vivace Mambouana /VM Médias)


