Le Centre d’études et de recherche sur les analyses et politiques économiques (CERAPE) a amorcé, le mercredi 9 avril 2025 à Brazzaville, un tournant décisif dans son histoire. Avec le lancement officiel de son Plan stratégique 2025-2029, l’institution entend sortir du cadre purement académique pour embrasser une posture plus opérationnelle sur le terrain, devenant ainsi un acteur de changement au service du développement durable.

Ce plan, lancé au cours d’un atelier de deux jours à Brazzaville, marque une ligne de démarcation entre le CERAPE orienté recherche et le CERAPE engagé sur le terrain  selon les organisateur de l’atelier. Articulé autour de quatre axes stratégiques : développement du capital humain, entrepreneuriat et intégration régionale, gouvernance et politiques publiques, ainsi que sécurité alimentaire et résilience climatique, le document est étroitement aligné avec les Objectifs de développement durable (ODD) et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Parmi les projets phares, figurent la production à grande échelle de maïs à Kayes, dans la Bouenza, et la formation des femmes entrepreneuses. « Ces initiatives traduisent notre volonté de mettre en application les recommandations issues de nos recherches », souligne Jean Christophe MBOUNGOU BAZIKA, Coordonnateur Régional du CERAPE. « La recherche seule, si elle n’est pas suivie d’action concrète, reste dans les tiroirs. Aujourd’hui, nous voulons être présents sur le terrain, auprès des agriculteurs, des femmes, des jeunes. »

Le plan stratégique dont la mise en œuvre effective nécessite la mobilisation d’un budget estimé à 1,784 million de dollars, vise à capitaliser sur les acquis de la période précédente (2020-2025) au cours de laquelle le CERAPE avait déjà levé 760 000 dollars. Si un appui initial de la Fondation pour le Renforcement des Capacités en Afrique (ACBF) est acquis, le président du conseil d’administration, Isidore ONDOKI, reconnaît la nécessité de diversifier les financements. « L’apport de l’ACBF ne suffit pas. Il nous faudra rechercher d’autres partenaires publics et privés pour assurer le bon déroulement des activités prévues », déclare-t-il.

L’ouverture de l’atelier a été présidée par Aimé Christian KAYATH, Directeur de cabinet du ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique. Dans son discours, il a salué « la valorisation de l’interdisciplinarité et le décloisonnement des savoirs » qu’intègre le nouveau plan stratégique. « La recherche doit sortir des laboratoires et parler à la société. Le CERAPE a compris cette exigence », a-t-il affirmé. Il a également insisté sur la nécessité d’un ancrage à long terme et d’un dialogue renforcé entre les chercheurs, les décideurs et la société civile.

La présence de Seyram AGBEMENYA, Coordonnatrice du Programme SALCA, a renforcé la portée régionale et le potentiel de coopération internationale du plan. Le CERAPE, qui regroupe 35 membres répartis entre le Congo, la RDC, la RCA et le Cameroun, entend ainsi devenir une référence en matière de recherche-action en Afrique centrale.

Le CERAPE se transforme. Il quitte le rôle d’observateur pour devenir acteur. Avec sa nouvelle feuille de route, l’organisation ambitionne d’avoir un impact tangible sur les communautés, en conjuguant rigueur scientifique, proximité terrain et ambition panafricaine.

Photos :

  1. les participants après la cérémonie d’ouverture
  2. Les officiels lors de la cérémonie d’ouverture

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