Les universités Denis SASSOU N’GUESSO et Marien Ngouabi, ainsi que l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation (ANVRI), ont scellé, le mercredi 15 avril 2026 à Kintélé, un partenariat stratégique avec l’Institut des ressources génétiques et variétales des cultures tropicales de l’Académie chinoise des sciences agricoles tropicales (TCGRI). Au-delà de la solennité de la cérémonie, l’accord ouvre la voie à des actions concrètes pour moderniser l’agriculture et valoriser les cultures locales. Une étape charnière pour la recherche agricole en République du Congo, qui trace de nouvelles racines du développement.
C’est à l’Université Denis SASSOU N’GUESSO (UDSN), deuxième institution académique publique située au nord de Brazzaville, capitale de la République du Congo, que s’est tenue la cérémonie de signature du protocole d’accord avec l’Institut des ressources génétiques et variétales des cultures tropicales, relevant de l’Académie chinoise des sciences agricoles tropicales. Autour de cette alliance, l’Université Marien Ngouabi (UMNG) et l’ANVRI viennent consolider une approche collective de la recherche et de l’innovation.

Un moment aussi stratégique qu’historique, au cours duquel le professeur Ange Antoine Abena, président de l’UDSN, a donné le ton dans son mot de circonstance : « Ce moment marque la volonté de notre université de s’inscrire pleinement dans la dynamique de transformation agricole voulue par les plus hautes autorités du pays. L’université doit accompagner cette priorité nationale par la science et l’innovation. »

Du constat de faiblesse à la volonté d’agir
Revenant sur une mission effectuée en Chine en 2024, le président de l’UDSN a livré un témoignage sans complaisance : « Nous avons vu comment la recherche transforme le manioc en produits finis, prêts à la consommation. Pourtant, plus de vingt variétés envoyées au Congo se sont perdues dans le circuit. Ce constat nous a obligés à réagir. »
Il a également évoqué une unité de transformation soutenue par la Chine, mais restée longtemps inactive faute d’électricité : une infrastructure porteuse demeurée inexploitable. Une situation qui illustre, selon lui, « nos insuffisances, mais surtout l’urgence de mieux structurer nos partenariats ».
Un laboratoire conjoint, moteur de solutions locales
Pour l’ANVRI, l’accord signé constitue un levier opérationnel. Son directeur général, Patrick OBEL OKELI, l’explique clairement : « Le cœur de cet accord, c’est la création d’un grand laboratoire commun. Nous allons identifier les contraintes techniques des producteurs et les transformer en thèmes de recherche afin de proposer des solutions adaptées au contexte congolais. »
Cette approche vise à rapprocher la recherche scientifique des réalités du terrain, en mettant l’innovation au service des producteurs.

Ce que prévoit concrètement l’accord
Signé respectivement par XU Li, Directeur adjoint par intérim du TCGRI pour la partie chinoise, Ange Antoine ABENA pour le compte de l’UDSN, Parisse AKOUANGO pour l’Université Marien Ngouabi et Patrick OBEL OKELI pour l’ANVRI, ce protocole d’accord, conclu pour une durée de cinq ans renouvelables, définit un cadre structurant autour de plusieurs axes majeurs : la recherche sur les cultures tropicales prioritaires (manioc, maïs, patate douce, soja, bananier et cultures maraîchères), le développement de technologies agricoles durables, la réduction des pertes post-récolte et la transformation des produits agricoles.
Il prévoit également la mobilité croisée des enseignants-chercheurs et des étudiants, la mise en place effective d’un laboratoire conjoint de technologie agricole moderne, ainsi que l’organisation de formations doctorales et de manifestations scientifiques. Les résultats issus des recherches conjointes feront l’objet d’une propriété partagée, avec des mécanismes encadrés de valorisation et de transfert de technologies.
Une coopération appelée à produire des résultats
Côté chinois, la délégation a rappelé près de vingt années d’engagement agricole au Congo, marquées par des formations continues sur le manioc, le maïs ou l’ananas. « Ce que nous signons aujourd’hui n’est qu’un début. Nous voulons former davantage d’experts et obtenir des résultats tangibles pour l’agriculture congolaise », a souligné son responsable.
Le projet se veut ainsi le point de départ d’une coopération fructueuse, fondée sur des actes concrets et des impacts mesurables, à la hauteur des enjeux de souveraineté alimentaire et de développement durable du Congo.
Photos :
- Vue des signataires se tenant dans les mains
- Les participants posant pour la postérité ;
- Le Président de l’UDSN et le Directeur de TCGRI
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