Le Congo veut donner un nouveau souffle à sa politique d’alphabétisation. À l’occasion de la 60e Journée internationale de l’alphabétisation, célébrée ce 8 septembre 2026, le gouvernement a annoncé l’ouverture de nouvelles structures de formation et défend une approche davantage tournée vers les compétences numériques, l’insertion professionnelle et le développement durable. Une ambition qui vise à réduire un taux d’analphabétisme encore estimé à 20 %.
Pendant longtemps, l’alphabétisation a été essentiellement associée à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul. Face aux mutations qui transforment la société, le gouvernement congolais entend désormais élargir cette conception.
Dans son message à la Nation, le ministre de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, Jean-Luc MOUTHOU, estime que l’enjeu dépasse largement l’acquisition des savoirs de base. « L’alphabétisation est donc bien plus que la capacité à lire, à écrire ou à compter. Elle est une porte ouverte sur la dignité, l’autonomie, la citoyenneté et le développement », a-t-il affirmé.
Cette nouvelle orientation doit intégrer les compétences numériques, l’éducation aux médias, la citoyenneté, la protection de l’environnement et les aptitudes nécessaires à l’insertion socioprofessionnelle. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de savoir lire le monde, mais de pouvoir y prendre pleinement part.
Un dispositif appelé à s’élargir
Cette ambition se traduit déjà par le renforcement annoncé de l’offre de formation. Au cours de l’année pédago-andragogique 2026-2027, trois nouveaux centres d’alphabétisation destinés notamment aux populations autochtones doivent ouvrir à Ngoulayo, dans les Plateaux, à Kifoulou, dans la Bouenza, et à Doudou, dans la Lékoumou.
À Brazzaville, le Lycée d’alphabétisation de Moukoundzi-Ngouaka vient compléter ce dispositif. Il offrira aux apprenants la possibilité de poursuivre leurs acquis et constituera surtout une voie de retour vers l’apprentissage pour les adolescents ayant quitté le collège avant son terme.
Ces nouvelles structures s’ajoutent à un réseau qui compte déjà 183 centres d’alphabétisation, 109 centres de rescolarisation, 8 centres de post-alphabétisation et 64 écoles ORA, pour un total de 21 929 apprenants.
Malgré ces acquis, le gouvernement reconnaît que le chemin reste long. L’estimation de 20 % d’analphabétisme souligne la nécessité de maintenir l’effort, particulièrement en direction des jeunes et adultes vulnérables, des personnes déscolarisées ou non scolarisées et des populations autochtones.
Dans cette perspective, trois centres de post-alphabétisation du premier cycle du secondaire sont également envisagés à Loango Marine et au Plateau des 15 ans, à Brazzaville, ainsi qu’à Ouesso, dans la Sangha.
Pour le ministre, cette évolution doit conduire à une transformation profonde de la vocation des foyers d’alphabétisation. « Il nous faut désormais passer d’une alphabétisation qui apprend à lire à une alphabétisation qui permet d’agir, de produire, d’entreprendre et de participer pleinement à la transformation de la société », a-t-il insisté.
En phase avec le thème de cette 60e édition « Alphabétisation pour les personnes, la planète et la prospérité », le gouvernement veut ainsi faire du savoir un investissement dans le capital humain, l’autonomie économique et la responsabilité environnementale.
Le défi dépasse toutefois les seules capacités de l’État. Administrations, collectivités locales, société civile, partenaires techniques et financiers, secteur privé et communautés sont appelés à conjuguer leurs efforts. Car, conclut le ministre, « l’alphabétisation doit devenir une véritable cause nationale ».
Photo : Vue des élèves lors d’une visite dans un centre d’alphabétisation à Brazzaville
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