mercredi, août 12

Le Premier ministre, Anatole Collinet MAKOSSO, a présenté, le jeudi 6 aout 2026, au Sénat le Cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) 2027-2029, à l’occasion du débat d’orientation budgétaire. Le document, qui sert de référence à la préparation du projet de loi de finances 2027, table sur une croissance soutenue, une mobilisation accrue des recettes, la réduction de la dépendance au pétrole et la poursuite du désendettement. Le gouvernement entend ainsi consolider les équilibres macroéconomiques tout en finançant les priorités du nouveau quinquennat.

Le gouvernement veut changer d’échelle dans la conduite de sa politique budgétaire. À travers le CBMT 2027-2029, présenté au Sénat dans le cadre du débat d’orientation budgétaire, l’exécutif entend inscrire la préparation du budget 2027 dans une perspective triennale cohérente avec les ambitions du nouveau mandat présidentiel.

Pour Anatole Collinet MAKOSSO, cette programmation doit permettre de transformer les orientations du projet de société « L’Accélération de la marche vers le développement » en choix budgétaires concrets. « Notre orientation budgétaire à moyen terme est claire. Il s’agit de consolider les grands équilibres macroéconomiques et budgétaires, de poursuivre le désendettement public et de favoriser le renforcement d’une croissance économique durable et inclusive », a-t-il déclaré.

Une croissance portée par le hors-pétrole

Malgré un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité des cours des matières premières et les risques inflationnistes, l’économie congolaise devrait maintenir sa dynamique. Le taux de croissance du PIB réel, estimé à 5,2 % en 2026, devrait atteindre 6,9 % en 2027, avant de se consolider à un niveau élevé sur les deux années suivantes.

Le secteur hors pétrole constitue l’un des principaux leviers de cette accélération. Sa croissance passerait de 4,8 % en 2026 à 5,4 % en 2027, puis à 6,1 % en 2028 et 7 % en 2029. Agriculture, agro-industrie, mines, tourisme, services, économie numérique et infrastructures sont ainsi appelés à prendre davantage de poids dans la création de richesse.

Le gouvernement mise parallèlement sur la montée en puissance de nouveaux projets pétroliers et gaziers, tout en cherchant à réduire progressivement la dépendance du budget aux revenus issus des hydrocarbures.

Près de 3 000 milliards FCFA de recettes en 2027

Les recettes budgétaires devraient s’établir à 2 970,9 milliards de FCFA en 2027, avant de progresser à 3 060,1 milliards en 2028 et 3 149,7 milliards en 2029. Cette progression reposerait principalement sur l’amélioration des recettes fiscales.

Pour y parvenir, l’exécutif entend élargir l’assiette fiscale et poursuivre la digitalisation des régies financières. « Notre stratégie ne se limite pas à l’amélioration des performances des régies financières. Elle s’appuie fondamentalement sur l’élargissement de l’assiette fiscale rendue possible par la diversification de notre économie », a précisé le Premier ministre.

Cette stratégie vise à créer progressivement les conditions permettant d’atteindre l’objectif présidentiel de 5 000 milliards de FCFA de recettes budgétaires.

Le Sénat appelle à plus de rigueur

Au terme des échanges, le Sénat a adressé 17 recommandations au gouvernement. Parmi les principales exigences figurent le respect des délais légaux de transmission des documents de cadrage budgétaire, des prévisions plus sincères des recettes forestières, minières et numériques, ainsi que le règlement de la dette sociale, notamment les arriérés de pensions des retraités.

La Haute Chambre réclame également une accélération de la réforme et de la digitalisation des régies financières, des audits périodiques de leurs systèmes d’information et un renforcement des capacités des responsables chargés de l’élaboration et de l’exécution des budgets-programmes.

Le Sénat insiste, en outre, sur la poursuite du désendettement, la priorité aux emprunts concessionnels, l’amélioration du climat des affaires, la réduction du train de vie de l’État et la qualité de la dépense publique.

En toile de fond, le message du Parlement est sans ambiguïté : la croissance projetée devra désormais se traduire par une gestion plus rigoureuse des ressources publiques et par des investissements capables de produire un impact économique et social mesurable. Le gouvernement, qui a pris acte des recommandations sénatoriales, est désormais attendu sur leur traduction concrète dans le budget 2027.

Photos :

  1. Les sénateurs lors de la plénière
  2. Le premier ministre
  3. Les membres du gouvernement

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