Il se positionne comme un acteur de la transition énergétique. La thèse qu’il a soutenue le mercredi 26 février 2025 à Brazzaville pour l’obtention de grade de docteur en chimie théorique en est une parfaite illustration. « Étude théorique de réactions d’intérêt en chimie verte : Application à la valorisation de petites molécules réfractaires et de composés biosourcés », c’est le titre de la thèse de Richail Dubien MOULANDOU-KOUMBA, déjà enseignant vacataire à la faculté des sciences et techniques depuis 2019, prolixe , et qui a convaincu le jury présidé par l’ivoirien Yves Alain BEKRO, Professeur Titulaire CAMES de l’université Nangui Abrogoua, arrachant à celui-ci le grade de docteur avec mention très honorable. L’impétrant a dit croire dur comme fer son travail connaitre de multiples applications bénéfiques sur plusieurs plans.
Cet impétrant qui a commencé les enseignements à la faculté des sciences et techniques en 2019
comme vacataire (Cours niveau Master : Réactivité chimique et Mécanisme Réactionnels
et Licence 3 : Travaux pratiques de Modélisation Moléculaire) a vite compris l’enjeu sociétal que représente la transition énergétique en général et le ce qu’il appelle « Choc de la crise énergétique présente et à venir », le scientifique n’a pas trouvé d’alternative au développement de nouvelles technologies qui , dit-il « permettent l’accès à des molécules biosourcées d’intérêt selon des procédés plus économes en atomes, en eau et en énergie, est devenu un enjeu industriel, environnemental et sociétal majeur. Le besoin important de voies plus « vertes » de synthèse de nombreux produits noté par plusieurs entreprises, fait l’objet de plusieurs recherches intensives sur la thématique « Chimie Verte ». Cette thèse avait comme objectif d’élucider les voies de synthèse c’est-à-dire les mécanismes
réactionnels pour l’obtention des différents composés (aromatiques, esters de bétaïnes
et les butènes comme précurseurs pour la synthèse des aromatiques).
La biomasse , « cartouche » de la transition énergétique
La biomasse est la forme d’énergie la plus ancienne utilisée par l’homme depuis la
découverte du feu à la préhistoire, soutient le nouveau docteur. Une source de carbone
abondante et renouvelable, avec un potentiel important pour remplacer partiellement
certains produits (combustibles et intermédiaires chimiques) issus des ressources
fossiles conventionnelles , renchérit-il.
Celui qui dit redouter la raréfaction, voire la disparition des ressources fossiles et leur impact négatif sur l’environnement, ont de fait conduit le scientifique, aux cotés bien sûr de ses compères du monde entier davantage actifs, « à la recherche de sources alternatives de carbone pour la chimie. La chimie des ressources renouvelables est actuellement au cœur du développement durable et les tensioactifs 100 % biosourcés ainsi que les aromatiques, font l’objet de recherches intensives, notamment du fait que les composés aromatiques et les tensioactifs sont à la base d’une grande variété de produits utilisés par les consommateurs et l’industrie ».

Une thèse, une niche d’opportunités
Son travail, demeure convaincu Richail Dubien MOULANDOU-KOUMBA, est une vraie niche d’opportunités : Il encourage le Développement durable et la transition énergétique grâce à l’usage de la biomasse , ressource renouvelable à même de permettre la réduction de la dépendance aux ressources fossiles ; l’innovation industrielle et la compétitivité économique (utilisation de la modélisation moléculaire pour prédire l’efficacité et sélectivité des réactions permet d’accélérer le développement de nouveaux procédés industriels ; le développement de l’industrie chimique (agro-industrie, pharmaceutique, plastiques biosourcés, cosmétiques, etc.) qui peut ainsi, estime l’impétrant, bénéficier directement de ces innovations pour développer de nouveaux produits plus durables. L’on peut citer l’Impact sur l’économie circulaire et la gestion des déchets ; la valorisation des déchets de biomasse (résidus agricoles, lignocellulose) en phénols , une action qui contribue à une meilleure gestion des ressources et à la réduction des déchets ; le développement d’une industrie chimique locale basée sur des ressources renouvelables ou encore la réduction de l’empreinte environnementale de l’industrie chimique.
Dans une interview accordée a la presse après la délibération, l’impétrant a martelé sur les retombées de son travail au plan scientifique : « Sur le plan scientifique, mon travail peut favoriser en république du Congo, en terme d’économie circulaire, tout ce qui est utilisation des déchets de la biomasse, c’est-à-dire tout ce que nous avons comme déchets, des herbes qu’on brule , on va les valoriser (…) en termes de transition énergétique ce projet est très car il va permettre aujourd’hui , suite à la diminution des ressources fossiles de répondre aux besoins en ressources énergétiques comme les biocarburants, en passant par des méthodes que nous avons utilisées, une validation théorique, ensuite expérimentale .Mon sujet va dans l’axe de la transition énergétique et bien évidemment, quand on parle de chimie verte, elle se base sur tout ce qui est actions de développement des procédés écoresponsables pour l’environnement ».

Ce nouveau docteur, une bonne affaire au plan pédagogique pour l’université Marien Ngouabi
Il convient de noter que la faculté de Sciences et Techniques de l’université Marien
Ngouabi manquait déjà un enseignant dans le domaine de la Chimie Théorique ou
Chimie Computationnelle. Le vide méritait bien d’être comblé. Le docteur Richail Dubien MOULANDOU-KOUMBA arrive donc à point nommé : « Mes travaux de thèse pourront contribuer à avoir un nouvel enseignant dans le domaine de la chimie théorique, étant donné que l’ancien était partie à la retraite en 2018 et l’est d’ailleurs mon responsable de thèse au niveau de Brazzaville ».
Ce doctorat est le fruit de cinq ans de travail pour ce jeune docteur en chimie. Cinq ans de travail mais aussi de contrainte comme les difficultés de de voyage pendant la période covid 19 car « …il y avait plusieurs contraintes sanitaires liées à des voyages à l’international » nous a –t-il confié, mais pas que. Des contraintes scientifiques aussi : « sur le plan scientifique c’est lié au niveau des calculs car dans ce domaine de chimie théorique , différentes études peuvent être faites, mais les calculs c’est ce qu’il y a d’informatique, ça peut prendre plusieurs temps avec probabilité de ne pas avoir des résultats satisfaisants , se voyant ainsi dans l’obligation de reprendre à nouveau ces mêmes calculs. Je l’ai fait jusqu’à ce que j’ai pu avoir des résultats qui m’ont permis de rédiger mon document de thèse ».Mais toutes ses difficultés sont désormais derrière pour Richail Dubien MOULANDOU-KOUMBA, diluées dans la consécration , mieux l’apothéose.
Pour votre gouverne , ce projet de recherche a été réalisé avec l’appui financier du service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France au Congo , sous l’accompagnement du Vénéré Professeur Jean-Maurille OUAMBA.
Photo à la une : Richail Dubien MOULANDOU-KOUMBA entouré des membres du jury
Photo intérieur 2 : L’impétrant pendant sa présentation
Photo intérieur 3 : Tout sourires, avec le président du jury Yves Alain BEKRO de Cote d’Ivoire

