Le président du conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC), a présenté le jeudi 26 juillet 2024 à Brazzaville les résultats de la campagne « Etre citoyen en ligne » lancée le 15 mai dernier. Philippe MVOUO a indiqué que ces résultats sont mitigés, parlant d’une œuvre qui n’est pas encore achevée. Les retombées de cette campagne qui a vu se déployer des délégués du CSLC (régulateur de la communication et des médias du pays)dans tous les chef lieux des départements administratifs du pays seront perceptibles avec le temps, a estimé l’orateur.
L’auditoire du président du Conseil supérieur de la liberté de communication constitué des membres d cette institution indépendante, de professionnels des médias et de la communication, d’acteurs politiques, de membres de la société civile et de responsables d’institutions, s’attendaient peut-être à mieux. A une sorte de présentation de rapports techniques chiffrés, documentés et illustrés, mentionnant de manière précise et détaillée, département par département, les actions menées, le niveau d’adhésion des populations, des points de vue de quelques personnes interrogées sur l’usage des réseaux sociaux, bon ou mauvais, puis que c’est bien cela le cœur du problème.
Mais Philippe MVOUO, sans langue de bois, a martelé qu’à ce stade, les résultats ne peuvent pas être perceptibles. Pour le Conseil supérieur de la liberté de la communication, il s’agit d’une campagne qui repose sur la sensibilisation aux dangers d’un mauvais usage des réseaux sociaux, donc sur une démarche pédagogique censée s’inscrire dans la durée. Compréhensible tout de même. Ainsi, le patron du CSLC a déclaré : « Les résultats qu’on attend ne peuvent pas être vus, ne peuvent pas être palpés comme si c’était quelque chose de matériel. Ils participent de l’attitude des hommes, de la conscience des hommes. Or, la conscience n’est pas matérialisable (…) on ne décrète pas un comportement. Les résultats, c’est le constat que nous ferons lorsque nous verrons nous même dans la société des changements qui s’opèrent (…) nous nous réjouissons aujourd’hui d’avoir semé la graine de la prise de conscience ».
Une faible adhésion à la cause par les acteurs
Philippe MVOUO a par ailleurs exprimé le regret de constater que depuis le lancement de la campagne « peu de gens, peu d’entités ont pris le relais », même s’il a loué les initiatives allant dans le même de l’incivisme numérique, entreprise par le Parti congolais du travail dans des écoles, le député de Louingui (dans le département du Pool) qui avait organisé un focus à Louingui même au mois de juin dernier, ou encore une association récemment. C’est ici que le président du CSLC qui a martelé sur le fait que la campagne n’aura pas de fin, a demandé à tous de poursuivre le travail : écoles, églises, pouvoir publics, etc.

Il est à noter que la présentation des résultats de la campagne par le président du CSLC a été précédé par une intervention de Joachim MBANZA, Haut conseiller au CSLC et Coordonnateur de la campagne. Ce dernier est revenu sur le contexte ayant justifié l’intuition de cette campagne, le déploiement des délégations dans les chefs-lieux où, a –t-il indiqué, la campagne a été bien accueillie par les populations qui , dit-il, ont exprimé le souhait de voir l’initiative être pérennisée.
Puis des instants d’échanges, de propositions concrètes
Les membres de l’auditoire, à la suite de la présentation du président du Conseil supérieur de la liberté de communication, se sont vu offrir l’occasion de réagir, et dans la foulée, des propositions ont été faites pour contribuer à faire avancer le projet. Parmi elles, celle venue du président du Collectif des médias en ligne du Congo. Ce dernier a en effet proposé que soit mis en place ce qu’il a appelé une architecture institutionnelle transversale de riposte au mauvais usage des réseaux sociaux. Celle serait composée du CSLC ( tutelle) , de juristes, des délégués des ministères touchés par le phénomène ( jeunesse, communication, intérieur, numérique, etc.), des journalistes et communicateurs, les médias en lignes, etc. Entre autres actions à inscrire à l’agenda travail de cette architecture, la réalisation par une équipe dédiée du fake checking (vérification des informations diffusées sur les réseaux sociaux). Aussi, a-t-il martelé, « On ne peut pas prétendre combattre les déviances dans les réseaux sociaux en étant en dehors de ces réseaux sociaux. Il fait s’y immerger ».
Photo à la une : Philippe MVOUO lors de sa présentation
Photo intérieur : Les participants
Crédit : Groupe Congo Médias.

