La dixième édition du marché solidaire a été organisé le samedi 5 avril 2025 dans la cour du complexe scolaire Anne Marie Javouhey en plein centre-ville de Brazzaville, sous l’appellation de Marché solidaire de paques. Cette initiative perpétuée depuis plusieurs années grâce à l’implication sans faille d’une équipe de bénévoles à la tête de laquelle se trouve Eleonora VITALE, devient un rendez-vous incontournable pour les bénéficiaires qui ne sont autre que des producteurs dans des domaines variés, se trouvant ainsi mis en lumière. Pour cette édition, plus de 20 exposants, une variété de produits proposés par les exposants, une tombola. Une particularité pour cette édition, c’est la première fois que le marché solidaire est organisé en dehors des résidences des ambassadeurs.
La pluie qui s’est abattue sur la ville n’a pas eu raison du marché solidaire de Pâques. Les exposants, bénéficiaires directs de ce « programme » ont en effet été bel et bien au rendez-vous , pour exposer leurs produits. Parmi eux Rosia, cette jeune femme venue de Nganga Lingolo, un quartier périphérique de la ville situé à 18 kilomètres du centre. Elle travaille dans une maison d’accueil pour enfants en difficulté. Sa spécialité, des biscuits et des gâteaux. Elle apprécie l’initiative : « Ce marché solidaire est une bonne chose pas seulement pour nous mais pour les clients que nous accueillons. J’ai déjà participé à plusieurs éditions, depuis la deuxième. Je pense que marché solidaire évolue année après année. Avant nous étions moins nombreux, le marché s’agrandit, les connaissances évoluent aussi, nous ne sommes pas toujours sur les mêmes produits. Nous allons de l’avant en fonction des besoins des clients ».
Un stand seulement sépare Rosia de celui de Dieu Merci DOUBOU, un producteur de pleurotes, une variété de champignons qui s’arrache sous nos yeux a seulement 500 francs pour 100 grammes . Sur sa table, pas que ces récipients chargés de champignons, mais aussi des échantillons des dispositifs de production des pleurotes sur lesquels on peut apercevoir les jeunes grappes de champignons qui prennent naissance. Une manière, assurément pour ce producteur, de prouver qu’il est le producteur lui-même, et de convaincre ceux à qui il propose des formations. « Nous sommes à notre deuxième participation. Je trouve que le marché s’est amélioré en comparaison à l’édition de notre première participation. Toutefois je souhaiterai qu’à l’avenir ce marché puisse s’étaler sur deux à trois jours , cela va permettre à ceux qui n’auront pas eu l’occasion de se présenter le premier jour exposent les jours suivants ».
L’homme ne nous a pas parlé que du marché solidaire, il nous a parlé aussi de ses champignons. « Ce sont des champignons pleurotes que nous cultivons hors sol, à domicile sur base des résidus, des déchets agricoles comme les bouture de manioc séchées, les épluchures des agrumes ». Deux centaines de personnes ont déjà été formées à la production des pleurotes a –t-il ajouté, et la demande du produit est très forte, a conclu Dieu Merci DOUBOU.
C’est la première fois que le marché solidaire est organisé en dehors des résidences des ambassadeurs a confié Eleonora VITALE. Pour elle, celle est le signe d’une évolution du concept : « Cela se justifie par le fait que cette initiative commence à se consolider comme réseau d’associations et donc les sœurs de Javouhey nous ont bien reçu pour cette édition de paques. Il y a une vingtaine d’exposants, et dans le lot des associations il y a des orphelinats, des réfugiés de Brazzaville, les écoles spéciales, des femmes artistes. Le fil rouge c’est tours la solidarité et le fait que chaque exposant soutienne avec son travail un groupe vulnérable ».
Par ailleurs, la coordonnatrice a évoqué le futur de ce programme : « Pour l’avenir le projet c’est de systématiser le marché, de devenir une association, un réseau d’association, quelque chose de structuré pour que , même si nous ne sommes plus là que la marché solidaire puisse continuer ».
Il est important de souligner que les bénéficiaires de ce programme sont les exposants , ces personnes et entrepreneurs travaillant dans l’artisanat, la cuisine, la vannerie, l’agroalimentaire, la pâtisserie, les produits du textile, la céramique, entre autres, et qui excellent dans leur domaines respectifs, nonobstant leur situation de vulnérabilité. A côté de ces bénéficiaires qui peuvent être considérés comme « primaires » du marché solidaire, il y a les bénéficiaires « secondaires » du marché solidaire que sont les clients très variés et diversifié : diplomates, Congolais de tous bords, expatriés, etc. C’est donc une toile sociale et économique très large qui se développe à partir, rappelons-le, d’une idée de l’épouse de Diacomo DURAZZO, ancien ambassadeur de la Délégation de l’Union Européenne au Congo. Cette femme à qui l’on doit la création du marché solidaire.
Photo à la Une : Une vue large du marché
Photo intérieur 1 : Dieu Merci DOUBOU présentant ses champignons à des visiteurs
Photo Intérieur 2 : Une équipe dynamique au service du social, au centre, Eléonora VITALE
Photo intérieur 3 : Un stand d’exposition
Crédit Groupe Congo Médias

