La ville de Dar Es Salaam en Tanzanie a célébré du 28 avril au 2 mai 2025 les libertés académiques, en accueillant une conférence internationale organisée par le Conseil pour le Développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) en association avec l’Université de la capitale tanzanienne. Cette rencontre a été dédiée à la promotion de l’importance des libertés académiques en Afrique , « sans lesquelles les enseignants-chercheurs ne pourront pas réaliser des travaux de recherche de façon indépendante… », ont soutenu les participants venus de près de quarante pays. La république du Congo a fait entendre sa voix et dévoilé son expertise à cette rencontre de haut niveau par le biais du docteur Jean Christophe MBOUNGOU BAZIKA, Directeur général du CERAPE (Centre de recherche sur les analyses et politiques économiques) basé à Brazzaville, et membre du conseil scientifique du CODESRIA.
Dar Es Salaam, ville « génitrice » de la dynamique sur les libertés académiques en Afrique. En effet , c’est ici qu’en avril 1990 l’idée fut initié, avant qu’elle ne soit véritablement modelée quelques mois plus tard, en novembre de la même année à Kampala , la capitale ougandaise, qui adoptait une déclaration sur les libertés académiques en Afrique, œuvre des universitaires et chercheurs africains pour défendre le droit à la libre expression des
idées et à la promotion du travail scientifique.
L’importance des libertés académiques, a été rappelé par la Présidente de l’Assemblée Nationale Tanzanienne lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence. Dans l’amphithéâtre de l’Université de Dar Es Salaam appelé « Krumah Hall » , du nom de l’ancien président anticolonialiste Kwame Krumah du Ghana, celle-ci a en effet présenté ce concept comme « un facteur d’ouverture d’esprit, de
promotion de l’esprit critique qui est à la base de la science et de progrès pour les pays
africains ».
Des partenaires diversifiés et crédibles, des panels de haut niveau
La conférence du CODESRIA sur les libertés académiques en Afrique a connu la participation de plusieurs institutions et représentations diplomatiques : l’ambassade de Norvège, l’institution norvégienne NORAD, l’Association des
Universités Africaines, le bureau régional de l’UNESCO, le Conseil de la recherche en
Sciences Sociales, ou encore Commission du Kiswahili de l’Afrique de l’Est.
Une brochette de partenaires qui a rehaussé la crédibilité d’une conférence ayant du reste enregistré des nombreux panels et sessions. Entre autres , le panel sur
l’ouvrage relatif à la lutte des classes en Tanzanie écrit en 1975 et réédité en 2025 ; celui
ayant débattu de l’aperçu rétrospectif de la déclaration de Kampala sur les
libertés académiques ; ainsi que d’autres qui ont abordé la liberté académique en lien avec le financement de l’université et de la recherche, la liberté académique et le contrôle étatique,
la question du genre et la liberté académique, la question des publications en Afrique, la
liberté académique et la gouvernance, la lutte syndicale à l’université.
D’autres thèmes comme la liberté académique et la dynamique de l’enseignement supérieur
en Afrique, la liberté académique et l’autonomie institutionnelle, les étudiants et la vie
associative universitaire, les contextes en mutation de l’enseignement supérieur, la
technologie et la vie associative universitaire, la liberté académique et le panafricanisme, ont
fait l’objet de communications scientifiques et de débats.
Honneur au Congo et au Centre de recherche sur les analyses et politiques économiques (CERAPE)
La république du Congo a participé à cette rencontre par le biais du Directeur Général du CERAPE, le docteur Jean-Christophe BOUNGOU BAZIKA. Ce dernier a eu l’honneur de présider la session consacrée à la gouvernance et l’autonomie institutionnelle. « L’animation de ce panel a permis de mieux faire connaitre le CERAPE auprès des participants, enseignants et chercheurs venus de près de quarante pays », s’est-il félicité.
Pour cette session, des panelistes du Cameroun, du Cap Vert, de la Côte d’Ivoire et de la Guinée Bissau pour des communications scientifiques qui ont mis en évidence les problèmes liés au respect des libertés académiques et les menaces qui pèsent sur elles dans ces différents pays, comme le note le compte rendu de la conférence : « Ces menaces concernent les mauvaises conditions de travail des enseignants et étudiants, la bureaucratie administrative qui entrave la possibilité des enseignants chercheurs de prendre part à des conférences internationales quand ceux-ci font
preuve d’esprit critique face au système établi. Ils ont aussi relevé la fuite des cerveaux qui
limitent le capital humain du fait que de nombreux enseignants-chercheurs de haut niveau
sont contraints de trouver un emploi mieux rémunéré dans les pays occidentaux, créant ainsi
souvent un vide difficile à combler et un déficit d’enseignants dans certaines disciplines
scientifiques ».
Qu’à cela ne tienne, le docteur Jean-Christophe BOUNGOU BAZIKA, abordé par notre rédaction de retour de Dar Es Salaam, a salué les retombées de cette rencontre pour le Congo : « Le Congo peut tirer profit des libertés académiques à deux niveaux. Au niveau de l’enseignement supérieur qui bénéficiera d’un climat incitant à la recherche et l’innovation d’un côté, et de l’autre au niveau des politiques publiques qui pourront améliorer leurs performances grâce aux idées librement énoncées par les scientifiques ». Par ailleurs, le Directeur général du CERAPE prend l’engagement de « diffuser massivement les à travers différents canaux comme internet et les réseaux sociaux, le compte rendu de cette conférence. C’est une contribution pour faire connaitre au Congo et en Afrique centrale, les importantes idées qui ont été débattues par d’éminent chercheurs ».
Photo a la Une : Une vue des participants lors des travaux
Photo intérieur 1 : Le DG du CERAPE (au milieu) avec deux scientifiques africains,
professeur Adebayo OLUKUSHI (Nigeria, à gauche), président du Comité Scientifique du
CODESRIA et professeur Georges KOBOU (Cameroun, à droite), ancien doyen de la Faculté
d’économie et de gestion de l’Université de Yaoundé II.
Photo intérieur 2 : Livre sur la Tanzanie écrit par le professeur émérite Issa Shivji, ancien secrétaire exécutif du CODESRIA. Réédité 50 ans après pour son caractère actuel. Un exemplaire a été offert au CERAPE par Dr Godwin MURINGA, Secrétaire Exécutif du CODESRIA
Contact de notre rédaction
Téléphone et WhatsApp : 00242 06 512 54 97 / 05 733 75 80
Email : groupecongomedias@gmail.com

