Dans le but de faciliter le transport des produits pétroliers, la Russie et le Congo travaillent depuis quelques années sur un projet relatif à la construction d’un oléoduc entre Brazzaville la capitale et la ville maritime de Pointe noire qui concentre l’activité pétrolière du pays (plateformes de production en haute mer et raffinerie). Cette infrastructure va, à n’en point douter porter un coup dur à la rentabilité du Chemin de Fer Congo Océan (CFCO), une ligne ferroviaire qui relie des deux villes, et pour laquelle le transport des produits pétroliers via ses trains, constitue actuellement l’une des mamelles financières. C’est en tout cas ce que soutient le docteur Firmin Christin KINZOUNZA, Économiste et Expert Conseil international en Management et Ingénierie financière, fondateur du Think tank Africa 2025 Solutions.
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Jusqu’ici, c’est le Chemin de fer Congo-Océan qui assure le transport des produits pétroliers entre les deux principales ville du pays. Une société qui a perdu la bataille du transport interurbain des passagers, à cause de la construction de la route Brazzaville –Pointe noire ayant ouvert la voie au développement de plusieurs sociétés de transport utilisant des bus , jugés plus rapides que les trains.
Que peut redouter le CFCO ?
Au cas où le projet venait à être concrétisé, le CFCO en ferait les frais, et le docteur Firmin Christin KINZOUNZA n’exclue pas de graves conséquences pour la société :
« La mise en place d’un oléoduc entre Brazzaville et Pointe-Noire représente une menace stratégique majeure pour le CFCO. En effet, le CFCO perdrait une part importante, voire essentielle, de son activité liée au transport des produits pétroliers, qui constitue aujourd’hui une source significative de revenus ».
L’oléoduc, poursuit cet analyste, « offre généralement un transport plus rapide, plus sécurisé et moins coûteux à long terme, ce qui le rend plus compétitif que le rail, cela accentuerait la perte de parts de marché déjà observée au profit du transport routier. En résumé, le CFCO risque une marginalisation progressive s’il ne se repositionne pas » .
Un grand impact sur les recettes et la viabilité financière
Selon Firmin Christin KINZOUNZA, les finances de cette société d’état qu’il appelle à se réinventer pourraient être lourdement impactées.
« L’impact pourrait être considérable. Une baisse significative des recettes est à prévoir,
notamment si le transport des hydrocarbures représente une part importante du chiffre d’affaires.
Cette perte pourrait aggraver les difficultés financières existantes, surtout si l’entreprise ne parvient pas à diversifier ses activités ».
Une situation qui pourrait à terme « entraîner une dépendance accrue aux subventions de l’État ou nécessiter une restructuration profonde. Le CFCO devra impérativement envisager une transformation
stratégique en termes de diversification, de modernisation et des partenariats ».
Toutefois l’espoir du CFCO repose sur sa réhabilitation lancée par le président de la république, peu avant la présidentielle de mars dernier.
Quelques grands traits du projet :
- Genèse du projet 2017
- Moscou, 23 Mai 2019 : Signature du mémorandum d’accord pour la construction d’un oléoduc en République du Congo entre Monsieur Maixent Raoul OMINGA Directeur Général de la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC), et Alexander G. Shiryaev , Président Directeur Général de la société Pipe Metalurgical Company (TMK)
- Approbation par le Sénat russe d’un accord avec la République du Congo pour construire un oléoduc. Une entreprise conjointe, contrôlée à 90% par la Russie, financera et supervisera le projet.
- Ratification par le parlement congolais de l’accord entre le Gouvernement de la République du Congo et le Gouvernement de la Fédération de Russie (Loi n° 8-2025 du 5 mai 2025)
Photo 1: L’analyte Firmin Christin KINZOUNZA
Photo à la une : Un train du CFCO à la gare de Brazzaville
Photo intérieur: Un wanon citerne sur les rails
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