Cette décision a été prise lors de l’assemblée générale du syndicat libre des agents de la communication (SYLACC), organisé le mardi 9 juillet 2024 dans la salle des spectacles de Télé Congo à Brazzaville. Cette prise de position est la résultante de la colère qui est montée du côté de la base, devant la mise en œuvre trop laborieuse par le gouvernement du relevé des conclusions prises lors de l’amorce des négociations en mi -avril dernier, autours du cahier des charges soumis par le SYLACC.
Les travaux de l’assemblée générale présidés par Lucien OKO, le Secrétaire général de cette organisation syndicale, ont été consacrés à l’examen de l’évolution de la prise en compte par le gouvernement du cahier de charges du SYLACC.
Le communiqué final des travaux rendu par Jonas OBAMBI, un des membres du bureau, souligne l’absence de véritables avancées : « Après avoir examiné point par point les revendications y contenues (NDLR : Dans le cahier des charges) et les relevés des conclusions du 13 avril 2024, il en ressort que :
– jusqu’à présent la réunion tripartite sur la redevance audiovisuelles (RAV) n’a jamais eu lieu ;
– le quota sur le recrutement des bénévoles n’a pas été attribué ;
– la tenue de la commission d’avancement paritaire CAP est dans les oubliettes ;
– la rencontre tripartite sur le statut particulier n’est pas à l’ordre du jour ; – la réparation du circuit d’adduction d’eau, des sanitaires et de la climatisation n’a pas été effectuée jusqu’à terme ;
– la promesse d’acquisition du matériel technique et des moyens roulants n’a pas été tenue ».
Par ailleurs, le SYLACC prend à témoin l’opinion nationale au regard de ce qu’il appelle le « silence du gouvernement face aux revendications des agentes de la communication », avant de conclure : « Constatant l’interruption du dialogue par le gouvernement, l’assemblée générale déclenche à compter du lundi 15 juillet 2024, une grève générale illimitée sur toute l’étendue du territoire national à partir de cinq heures du matin. Le SYLACC demande à tout agent évoluant dans les structures du ministère de la communication d’observer la grève en restant chez soi ».
Cette grève devrait induire des perturbations dans les médias du service public, notamment dans la production et la diffusion des programmes, pour l’audiovisuel ( Radios et télévisions), et la livraison des articles et bulletins pour la presse ( Agence et groupe de presse).
Quelques aspects du relevé des conclusions
En rappel, le 12 avril de l’année en cours, s’était tenue une réunion de concertation entre la SYLACC et le gouvernement, sous la supervision des directeurs des cabinets du ministre de la communication et celui en charge de la fonction publique et du travail. Cette réunion était sanctionnée par des conclusions consigné dans un rapport, le fameux relevé des conclusions.
Concernant la redevance audiovisuelle, les parties convenaient « d’engager le gouvernement à traiter cette question dans le cadre d’une réunion interministérielle impliquant tous les départements sectoriels concernés par la collecte, le reversement, la rétrocession, et la redistribution de la redevance audiovisuelle »
Au sujet du quota de recrutement des bénévoles exerçant dans les médias du service publique et autres structures du ministère de la communication ( Télé Congo, Radio Congo, Agence congolaise d’informations, Groupe de presse la Nouvelle République, Radio Brazzaville, Télé Congo Pointe noire, Imprimerie nationale, etc), le relevé des conclusion note que « le gouvernement devra poursuivre la réflexion en vue de lever une option en faveur du recrutement d’un nombre conséquent d’agents civils de l’Etat pour le compte ministère de la communication et des médias », après avoir tablé sur un besoin de recrutement de 750 agents.
Autre point important abordé lors de réunion, la tenue des commissions administratives paritaires, consacrées aux avancements des agents de l’Etat. Ici , précise le relevé des conclusions , « les parties ont été informées des travaux préparatoires de la CAP 2024 du ministère de la communication et des médias en cours (…) Une circulaire de M. le Premier ministre , Chef du Gouvernement est attendue. Celle-ci enjoindra les ministères sectoriels et les autres institutions concernées à tenir leur commission administrative paritaire avant la fin de l’année 2024, de sorte qu’elle permettre, à partir de 2025, la gestion automatisée des carrières des agents civils de l’État par le ministère en charge de la fonction publique ».
Photo : Le centre national de radio et de télévision a Brazzaville , abritant la radio et la télévision nationales
Crédit : Groupe Congo Médias

