Décembre 2023, la république du Congo ploie sous le fardeau d’incessantes et diluviennes pluies qui occasionnent au passage de graves inondations. Des inondations qui à leur tour causent d’importants dégâts aux plans social et infrastructurel dans neuf départements du pays. Le gouvernement qui , le 2 janvier 2024, déclare la situation d’urgence humanitaire, commande une enquête pour évaluer l’impact des dégâts, aux fins de s’en servir comme base d’élaboration d’un plan d’action d’urgence destiné à l’aide aux sinistrés. Les résultats de cette enquête réalisée par l’institut national de la statistique sur la base d’une convention signée avec ProClimat, le projet de création des activités économiques inclusives et résilientes face aux changements climatiques, ont été présentés et validés le lundi 7 octobre 2024 à Brazzaville au cours d’un atelier.
L’atelier ouvert par Steve MBOKO IBARA, Directeur des études et de la planification du ministère du plan et de la statistique, a réuni autour du Coordonnateur de ProClimat, Mexans Sosthène MAYOUKOU, des agents d’une grande transversalité : ProClimat, administrations publiques, Institut national de la statistique (INS), agences des Nations unies, Banque mondiale, ONGs , etc. Les amendements formulés par ces derniers, que ce soit dans le fond ou dans la forme , se sont montré d’une grande richesse , et ont contribué à l’amélioration du rapport d’enquête de l’INS, dont la qualité a été globalement saluée par les participants .
La sortie de leurs lits du grand fleuve Congo ainsi que de nombreuses grandes rivières du pays , est cité parmi les principales causes des inondations de décembre 2023, comme l’a rappelé Steve MBOKO IBARA , qui du reste a indiqué que 21 districts repartis sur neuf départements ont été touchés, causant des graves dégâts sur les infrastructures et les moyens de subsistance des populations. « Le gouvernement a sollicité des appuis des partenaires techniques et financiers notamment la banque mondiale, ce qui a permis le 25 janvier 2024, d’activer la composante d’urgence conditionnelle du projet ProClimat », a -t-il déclaré, avant derenchérir, pour justifier la réalisation de l’enquête sur le terrain : « Avant toute intervention sur le terrain, il est crucial de disposer d’une base de données multisectorielles fiable, qui orientera nos actions. C’est pourquoi, l’institut national de la statistique a été mandaté pour collecter les données sur les quatre domaines d’intervention de ProClimat ».

Des chiffres de l’enquête de terrain…
La collecte des données sur le terrain a été réalisée entre juin et juillet 2024. Les conclusions de l’enquête indiquent que, précisent un communiqué du projet Pro Climat qui reprend le rapport , 177.481 personnes réparties en 32.562 ménages , ont été directement affectées par les inondations, avec 91,7% de victimes vivant en milieu rural. Parmi elles, 34.779 enfants de moins de 5 ans, 4.575 personnes âgées, 1.120 autochtones et 2.515 personnes en situation de handicap.
Par ailleurs, poursuit le rapport, les inondations ont provoqué des pertes matérielles importantes : 27.296 ménages ont vu leurs habitations endommagées, dont 1.770 de manière complète. Environ 50,6 % des ménages ont également perdu des biens essentiels, et 1.457 ménages ont déploré des pertes en vies humaines. En matière de santé, 57,9% des ménages ont signalé des problèmes liés à des maladies opportunistes, notamment le paludisme , la diarrhée et la fièvre typhoïde. Les inondations ont également perturbé la scolarité de nombreux enfants , avec 34.640 élèves ayant dû interrompre leur scolarité pendant cette période. Les inondations ont également touché des infrastructures communautaires, notamment 206 écoles, 66 centres de santé intégrés, ainsi que de nombreuses infrastructures essentielles comme des routes, des marchés et des installations électriques. Aussi, les sources d’approvisionnement en eau sont-elles été détruites.
Le rapport indique que par ailleurs que le département de la Likouala arrosé par l’Oubangui, ce grand affluent du fleuve Congo et qui regorge habituellement d’énormes étendues de forêts inondées en plus d’un réseau hydrographique dense, est le plus impacté, avec 48 % de ménages touchés, suivi de celui de la Cuvette, et du département des Plateaux où tout le district de Makotipoko, riveraine du fleuve Congo, est concerné.

Le rapport d’enquête de terrain réalisé par l’Institut national de la statistique a ainsi été validé officiellement et le Coordonnateur du projet ProClimat, Mexans Sosthène MAYOUKOU, s’est du reste s’est félicité d’avoir franchi collectivement cette étape : « Aujourd’hui nous sommes très contents d’être arrivés à la fin de ce travail, contents de voir que le rapport a été validé par les parties prenantes. La prochaine étape de ce rapport consistera à consulter les données qui y sont pour que dans le cadre du plan d’action d’urgence qui avait été retenu par exemple en ce qui concerne les pêcheurs, nous puissions leur apporter l’appui. Aujourd’hui nous savons qui appuyer (…) Dans le domaine de l’éducation par exemple, nous avons des kits scolaires à mettre à la disposition des enfants. Nous savons maintenant lesquels ont le droit d’en bénéficier dans le cadre du plan d’action d’urgence ».
Désormais dotée de ce qui peut être considéré comme une gouverne , la composante d’urgence conditionnelle du projet ProClimat dans le dossier du plan d’urgence pour l’aide aux sinistrés des inondations de décembre 2023 peut de fait être activée de manière concrète . Après le terrain des enquêtes, le terrain des actions !
Photo à la une : Une vue des travaux
Photo intérieur 1 : Le Coordonnateur de ProClimat , Mexans Sosthène MAYOUKOU, présidant les travaux
Photo intérieur 2: La photo de famille des participant au sortir des travaux
Crédit : Groupe Congo Médias.

