Plusieurs plantes, entre autres le petit cola et l’aloès, dont se servent les Africains du sud du Sahara contre les vers intestinaux étaient sous les projecteurs de Grace Raycélia Merveille MIKALA, pour sa thèse de doctorat soutenue publiquement le jeudi 27 février 2025 à Brazzaville devant un jury composé d’éminents universitaires venus de plusieurs pays africains, et présidé par la professeure Dorothée TSHILANDA de la RDC. Selon l’impétrante qui a obtenu son diplôme de docteur en chimie avec mention très honorable, ses études vont contribuer à rendre précise la posologie dans l’administration des préparations curatives à base des plantes ayant fait l’objet de ses études. Le thème de la thèse : « Plantes anthelminthiques utilisées couramment en Afrique Subsaharienne : études ethnobotanique, pharmacologique et phytochimique ».
Plus de cinq ans de travaux de recherches avec à terme, l’ouverture de perspectives intéressantes dans le sens d’un meilleur dosage des tisanes et autres préparations a bases des plantes et fruits de plantes qui ont été étudiés par la chimiste. Une chose est sûre, l’impétrante a prouvé l’efficacité des plantes et fruits de plantes étudiés dans la lutte contre les parasites intestinaux. Répondant à l’une de nos questions, La Docteure Grace Raycélia Merveille MIKALA a confirmé leur efficacité : « de façon concrète, dans la vie sociale, je peux dire que ces plantes sont conseillées par les tradi-praticiens pour soigner les parasitoses et je peux dire que c’est vrai que ces plantes soignent les parasitoses ».
Seulement, prudence de la science oblige, pendant ses travaux de recherche, la Docteure Grace Raycélia Merveille MIKALA a réalisé les expériences sur des animaux domestiques (Chiens et chats) dont elle recueillait les excréments qu’elle examinait au microscope. Ceux-ci présentaient, a-t-elle indiqué, une forte concentration des parasites intestinaux. L’action des concentrés préparés à base des plantes objets de la recherche a fait ses preuves.
En ligne de mire donc, les essais sur les humains : « Toutefois il faut toujours respecter la dose à prendre. Puisque les analyses ont été effectuées sur les animaux, à la longue nous allons effectuer les analyses sur les êtres humains afin de fixer la dose qu’il faut pour les êtres humains ». Une promesse bien notée et dont on espère quelle sera tenue par la scientifique.

Des passerelles de collaboration avec les tradi-praticiens envisagées
D’ores et déjà, la Docteure Grace Raycélia Merveille MIKALA envisage des collaborations avec les tradi-praticiens. Une approche importante car ces derniers font au quotidien usage des plantes ayant fait l’objet des études, pour traiter leurs patients : « Le plus que nous apportons porte sur la concentration qu’il faut administrer. Nous savons que tout est poison, il faut une dose précise pour que le produit puisse agir et qu’il ne soit pas un poison pour l’organisme. Dans notre travail nous avons fixé des concentrations qui ont montré que cette activité est bonne, et je pense que ce que nous allons faire c’est nous rapprocher des tradi-praticiens pour leur montrer comment préparer les solutions à ces concentrations afin que cela ne se présente pas comme un poison pour les populations qui vont les consommer ».
Pour parvenir à sa consécration de Docteur en chimie, Grace Raycélia Merveille MIKALA a dû franchir des obstacles comme celui en lien avec le plateau technique. Mais son abnégation et son opiniâtreté ont eu raison de ces obstacles. Elles nous a résumé son parcours : « J’ai pris ma première inscription en thèse en juin 2019 et la soutenance a eu lieu aujourd’hui 27 février 2025. Les difficultés se trouvent dans la composition du plateau technique car pour faire des analyses, je devais solliciter des laboratoires qui disposaient de ces équipements, et il fallait respecter les procédures administratives, ce qui prenait du temps. Des fois j’étais confrontée à des refus. Le plateau technique a posé vraiment problème, voilà pourquoi le travail a tiré en longueur ».

Pourquoi ne pas culminer vers la production de médicaments !
Produire des médicaments en se basant sur les résultats de ses recherches, le rêve est bien sûr entretenu par la toute nouvelle Docteure. Mais des contraintes se dressent sur le chemin. Elles sont essentiellement liées au plateau technique, nous a-t-elle confié. Mais, visiblement, l’optimisme semble prendre le dessus sur les difficultés chez cette jeune femme au visage brillant d’espérance et de positivisme : « Cela est possible. Il suffit de faire des formations en formulation galénique, et je serai capable de formuler un produit à base de ces plantes ». Reste que les charges pédagogiques (au cas où elle serait recrutée comme enseignante dans l’une des universités du Congo) n’engloutissent pas son énergie de scientifique orientée recherche.
Pour votre gouverne , ce projet de recherche a été réalisé avec l’appui financier du service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France au Congo , sous l’accompagnement du Vénéré Professeur Jean-Maurille OUAMBA.
Photo à la une : La Docteure en chimie, Grace Raycélia Merveille MIKALA encadré par ses maitres
Photo intérieur 1 : L’impétrante recevant le délibéré
Photo intérieur 2 : La photo de famille avec les parents de l’impétrante
Crédit Groupe Congo Médias

