La Journée africaine de la médecine traditionnelle   a été célébrée en différé à Brazzaville le mercredi 14 octobre 2026, à l’initiative de la Direction générale des soins et des services de santé. Le format choisi, un focus ayant rassemblé une ribambelle d’acteurs de la médecine dite moderne, ainsi que ceux de la médecine traditionnelle, naturellement. Les panels et allocutions du jour ont convergé vers la non mise en opposition des deux mondes, privilégiant plutôt la mise en relief de   la préservation de cet héritage culturel qu’est la médecine traditionnelle, en dépit de l’insuffisance de financement en faveur ce sous-secteur de la santé.

Audio : Discours de clôture du focus par le   Directeur général des soins et des services de santé

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Cette journée a été célébrée sur le thème « De la forêt au centre de santé : structurer le cadre légal, la gouvernance et la rigueur scientifique de la médecine traditionnelle et les alicaments pour accélérer la couverture sanitaire universelle en république du Congo ». Un thème qui donne le ton d’une volonté affirmée de repositionner la richesse des feuilles, racines, champignons et autres écorces des arbres des forêts congolaises dans la santé humaine.

La médecine traditionnelle, « un domaine fondamental pour nos populations en général et pour leur santé en particulier. Elle est le premier recours pour bon nombre de nos populations, surtout les populations rurales ou ayant un accès limité aux services de santé et aux soins de médecine conventionnelle », s’est exprimé Henri Germain MONABEKA, Directeur général des soins et services de santé à l’ouverture du focus.   

Un appel à la prise d’assaut de l’immensité du « laboratoire » bassin du Congo

Le bassin du Congo, ce laboratoire à ciel ouvert est le cœur même de cette médecine traditionnelle. Il faut se tourner vers elle, a soutenu Henri Germain MONABEKA : « le thème de la journée nous impose de tourner notre regard vers ce qui constitue l’âme et la force de notre nation : « la majestueuse forêt du bassin du Congo. Le bassin du Congo n’est pas un simple décor géographique. Il est le deuxième poumon vert de la planète, un sanctuaire de biodiversité unique au monde, et surtout, le plus grand laboratoire à ciel ouvert que la nature offre à l’humanité. Chaque racine, chaque écorce, thérapeutique, une promesse de guérison. Cet immense trésor n’a pu traverser les âges que grâce à la vigilance et à la sagesse du peuple autochtone, premier et éternel gardien de nos forêts. Ce sont eux qui, par leur symbiose séculaire avec la nature, ont su décoder et préserver ces précieux secrets pour l’humanité.  (…)Cette biodiversité exceptionnelle est notre héritage, notre richesse commune, et le premier rempart de notre sécurité sanitaire ».

Le défi clairement affiché aujourd’hui, consiste à ne plus opposer deux mondes, mais de bâtir une passerelle solide entre la science moderne et les savoirs ancestraux : « Dans cette démarche, nous devons non seulement valider scientifiquement ces remèdes, mais aussi reconnaître notre dette morale et culturelle envers les communautés autochtones et rurales. Leur rôle de sentinelles de la biodiversité est le fondement même sur lequel repose notre pharmacopée », a renchéri le Directeur général des soins et services de santé.

Ce focus n’aurait véritablement pas eu de sens sans la présence des tradipraticiens, les honorés du jour. Gilbert MOUANDA, président de    l’union nationale des tradipraticiens du Congo, dans un discours fleuve laissant transparaitre une grande passion pour la chose, a évoqué entre autres point une statistique qu’il a présentée comme étant celle de l’OMS selon laquelle « 80 % de la population du continent dépend de la médecine traditionnelle pour répondre à ses besoins sanitaires essentiels », avant de lancer un appel de son organisation allant dans le sens de « ne pas laisser mourir la médecine traditionnelle congolaise   car elle fait partie de notre patrimoine thérapeutique et  continue de sauver de nombreuses vies ».

Des panels édifiants

Il y en a eu deux. Le premier avant pour thème « Gouvernance, cadre légal et intégration à la couverture sanitaire universelle » avec    deux sous thèmes : « Politique et lois sur la médecine traditionnelle au Congo » et « Intégration dans le panier de soins de la CSU ». Le deuxième panel modéré par la docteure Dias OKOMBI SOMBOKO a porté sur le thème : « Economie verte, science, recherche et alicaments locaux : standardisation, évaluation scientifique, flore et dérivée ; prévention des maladies chroniques.

 Apprendre de la médecine traditionnelle

La docteure Dias OKOMBI SOMBOKO très impliquée dans l’organisation de ce focus a, dans une interview au Groupe Congo Médias ,  magnifié à sa manière les tradipraticiens : « Très humblement je dirai que j’ai beaucoup à apprendre d’eux. La médecine conventionnelle nous a appris des principes, des règles, l’anatomie et la physiologie qui sont des matières de base. Mais nous n’avons pas mis un accent sur l’environnement, une matière que le médecin traditionnel maitrise (…) moi je crois en la médecine traditionnelle parce que le bassin du Congo est un poumon forestier mondial. Ce bassin, ce  ne sont pas seulement des arbres pour orner, mais il y a toute une industrie qui va derrière . La médecine traditionnelle est tellement vaste mais nous sommes animés un peu par la peur. Mais cette journée africaine permet de mettre de côté cette peur, de ramener les idées, de poser sur la table les ressources dont nous disposons ».

Des contraintes financières en défaveur de la médecine traditionnelle ont été évoquées, pesant de fait sur le développement de celle-ci. Un volet que   la docteure Dias OKOMBI SOMBOKO appréhende plutôt avec un optimisme très lucide : « Moi je dirai que les idées drainent l’argent.  Il faut des idées, il faut réfléchir. Avec   d’autres nations nous sommes partis tous d’un même niveau. Elles n’avaient pas d’argent, mais elles se sont nourri d’idées auxquelles elles ont donné vie. Aujourd’hui elles y croient autant que moi ».  

L’institutionnalisation de la médecine traditionnelle au Congo, remonte, a rappelé Gilbert MOUANDA, a 1979 avec la création au sein du ministère de la santé, d’une antenne de cette médecine. Une année plus tard naissait l’union nationale des tradipraticiens   du Congo, a-t-on appris.

Photo a la une : Une vue du deuxième panel

Photos intérieurs  1 et 2 : Vues des participants

Photo intérieur 3 :   Henri Germain MONABEKA, Directeur général des soins et services de santé

Crédit : Groupe Congo Médias

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