Le Congolais Firmin Edouard MATOKO n’a pas réussi à s’imposer, le lundi 6 octobre 2025, dans la course à la direction générale de l’UNESCO, dominée par le candidat égyptien, Khaled EL-ENARY, soutenu par un front diplomatique africain et arabe solidement structuré. Un revers amer pour Brazzaville, qui espérait voir l’un de ses fils accéder à la tête de cette prestigieuse institution des Nations unies. Mais au-delà de la défaite d’un homme, c’est la faiblesse chronique de la diplomatie congolaise qui se trouve, une fois encore, mise en évidence.
Ancien sous-directeur général de l’UNESCO et fin connaisseur des enjeux éducatifs et culturels du continent, Firmin Edouard MATOKO présentait le profil idéal pour incarner une candidature africaine crédible. Sa compétence ne faisait aucun doute. Ce qui a manqué, selon plusieurs analystes, c’est la force d’un appareil diplomatique capable de transformer le prestige individuel en victoire collective. Peu de capitales africaines ont véritablement soutenu la candidature congolaise, faute d’un travail de terrain efficace et d’une coalition bien préparée en amont.
Ce scénario rappelle douloureusement l’échec d’Henri Lopes en 2002, lorsque l’écrivain et diplomate congolais s’était incliné face à Abdou Diouf dans la course au secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Là encore, le Congo avait présenté une figure respectée, mais isolée. L’absence de vision stratégique et de relais solides au sein des cercles diplomatiques avait alors précipité la défaite.
Vingt ans plus tard, rien ne semble avoir véritablement changé. Le Congo continue de présenter des personnalités compétentes, mais sans disposer d’une infrastructure diplomatique capable de défendre efficacement leurs ambitions. Une situation que certains observateurs attribuent aux faiblesses persistantes d’une diplomatie congolaise davantage centrée sur le protocole que sur l’influence réelle.
L’échec de Firmin Edouard MATOKO, malgré la mobilisation du gouvernement congolais en faveur de ce digne fils du pays, est aujourd’hui perçu comme un signal d’alarme : celui d’un pays dont la voix pèse de moins en moins dans les grandes enceintes internationales. Il souligne l’urgence, pour Brazzaville, de repenser sa stratégie extérieure, d’investir dans une diplomatie d’influence et de bâtir des alliances nouvelles capables de redonner au Congo la place qu’il mérite sur la scène mondiale.
Photo : Firmin MATOKO lors d’une conférence de presse
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