Le Président de l’Assemblée nationale, Isidore MVOUBA, demandé au gouvernement de la République de suspendre les accords de concession par affermage de la Société́ Énergie Electrique du Congo (E2C) conclus avec une filiale de la Senelec. La décision a été prise par le président de la deuxième chambre du parlement lors de la séance de questions d’actualité́, du jeudi 27 février 2025, marquée par des échanges houleux.
Au centre du débat, la mise en concession par affermage de la Société́ Énergie Electrique du Congo (E2C) à une filiale de la Senelec, entreprise sénégalaise, une décision qui suscite des vives oppositions de la part des syndicats qui menacent d’aller en grève et paralyser le pays par des coupures massives d’électricité si leur voix n’est pas entendue.
Conscient des risques de troubles sociaux que cette affaire pourrait entrainer dans le pays à l’approche de l’élection présidentielle, Isidore MVOUBA a recommandé la suspension du processus, afin de permettre l’instauration d’un dialogue apaisé. « Honorables députés, chers collègues, dans une année, nous allons avoir une élection majeure et je n’aimerais pas qu’au cours de cette année qui précède celle où se tiendra l’élection présidentielle, il y ait des mouvements dans le pays », a-t-il averti, avant d’ajouter avec une note de scepticisme : « Mais après tout, je constate que c’est mal parti, c’est mal barré comme on dit ».
Dans cette optique, il a recommandé la poursuite des négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux à travers la mise en place d’un comité́ technique chargé de conduire les discussions entre les syndicalistes et le gouvernement préconiser par le premier ministre, chef du gouvernement. Cette décision, saluée par les députés, vise à trouver des solutions adaptées à la situation actuelle.
Une posture visant à calmer les esprits tout en rappelant l’enjeu politique et social de cette réforme. « Une démarche est engagée, mais cette démarche est engagée dans un contexte particulier marqué par des tensions entre les partenaires sociaux et le gouvernement », a-t-il souligné devant ses collègues députés.
Un ministre sous pression
Le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique, Emile OUOSSO, a tenté́ d’expliquer la démarche du gouvernement en rappelant que la loi prévoit le recours aux concessions et à l’affermage. Il a également souligné que les partenaires sociaux ont dit n’avoir pas été́ suffisamment impliqués dans le processus et que désormais, ils pourraient examiner les conventions signées et proposer des ajustements.
Cependant, certains députés, à l’instar de Jean Claude IBOVI, ont vivement critiqué cette décision, accusant le gouvernement d’avoir signé́ un accord avec une société́ étrangère au détriment des intérêts nationaux. Il a dénoncé́ une possible augmentation du prix du kWh, de 49,08 FCFA à 140 FCFA , et a mis en garde contre des « agendas cachés » derrière ces accords.
Les syndicats de l’E2C, quant à eux, restent fermes dans leur position et menacent de déclencher une grève générale illimitée, susceptible d’entrainer des coupures massives d’électricité́ dans tout le pays.
Face à cette situation explosive, l’Assemblée nationale, sous la houlette d’Isidore MVOUBA, s’impose comme un arbitre essentiel pour éviter une crise sociale majeure. Reste à voir si le dialogue engagé suffira à apaiser les tensions.
Photo : Président de l’assemblée nationale
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