L’Assemblée générale ordinaire de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT), initialement prévue ce samedi 4 octobre 2025 à Brazzaville, n’a finalement pas eu lieu. Une décision judiciaire, tombée comme un couperet la veille, interdisant sa tenue par le tribunal de grande instance de Brazzaville, a conduit à l’annulation de ce rendez-vous très attendu. Face à cette décision qui plonge les acteurs du football national dans une profonde incertitude et suscite colère et consternation parmi les délégués venus de tout le pays, la FECOFOOT a indiqué qu’elle interjettera appel en vue de la levée cette mesure.
C’est le 2ᵉ vice-président de la FECOFOOT, Karl Boniface MALALOU, qui a officiellement annoncé la nouvelle devant les délégués et invités déjà installés dans la salle préparée pour l’événement. « Nous avons tous été surpris d’apprendre hier en fin d’après-midi, par les réseaux sociaux, la décision d’annuler notre Assemblée générale. Officiellement, la Fédération n’a reçu aucune notification directe. Mais en bon citoyen, nous avons préféré nous conformer à cette décision », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que la FECOFOOT saisirait, dès lundi, ses conseils juridiques pour obtenir des éclaircissements. « À partir de la semaine prochaine, nous mettrons tout en œuvre pour faire rapporter cette décision. Une nouvelle date sera communiquée dès que possible », a-t-il précisé, entouré notamment du représentant de la FIFA, FOUSSENI, présent spécialement pour l’occasion.
Des participants qui dénoncent un bras de fer politique
Derrière l’apparente neutralité de la décision judiciaire, de nombreux dirigeants sportifs y voient la conséquence du conflit ouvert entre le ministre des Sports, Hugues NGOUELONDELE, et le président de la FECOFOOT, Jean Guy Blaise MAYOLAS. Ce duel d’influence, qui empoisonne la gouvernance du football congolais depuis plusieurs mois, semble désormais éclater au grand jour.
Le vice-président de l’équipe féminine AC Colombe, Clint BISSEYOU, n’a pas mâché ses mots : « Tout ça, c’est à cause de leurs querelles. Pendant qu’ils se livrent cette guerre, nous, clubs et jeunes joueurs, en payons le prix. Je viens de Malabo, où mon équipe a représenté le Congo sans aucun soutien financier. Et aujourd’hui, on annule l’Assemblée générale à la dernière minute ! C’est la jeunesse qui est sacrifiée dans cette guerre d’ego. »
Un football pris en otage au grand dam de la jeunesse sportive
Pour beaucoup de participants, cette annulation illustre une dérive qui met en péril le développement du football congolais. Le président de la Ligue départementale de football de Brazzaville, Landry LOUVOUEZO, sans remettre en cause la légitimité de la décision judiciaire, a dénoncé un timing jugé inopportun : « Nous avons été pris de court. La justice a certainement ses raisons, mais elle aurait pu intervenir plus tôt pour permettre à la FECOFOOT de s’organiser autrement. Aujourd’hui, nous sommes dans une impasse. La jeunesse sportive est abandonnée, et personne ne vient réellement au secours de ses dirigeants. »
Jean-Louis Bantou, 1er vice-président de l’AS Cheminots, a abondé dans le même sens : « Nous ne pouvons pas passer notre temps à subir les conséquences de cette rivalité. Ce sont les joueurs qui sont les plus touchés. Le Congo a besoin d’un football stable et organisé. »
Un appel à l’arbitrage du Chef de l’État
Dans les rangs des participants, la lassitude est palpable. Beaucoup appellent désormais le président de la République à trancher pour mettre fin à ce bras de fer qui paralyse la discipline la plus populaire du pays.
« Nous demandons au Chef de l’État d’intervenir. Le ballon doit rouler. Les stades construits dans les départements doivent servir à la jeunesse, pas être les otages de querelles personnelles. C’est incompréhensible ! On parle d’année de la jeunesse, mais où allons-nous avec de telles décisions ? », a insisté Clint BISSEYOU.
Selon lui, cette situation risque d’aggraver le découragement des jeunes sportifs : « Nos joueurs ont besoin de pratiquer, d’évoluer. Nous, dirigeants, faisons des sacrifices énormes pour les encadrer. Et maintenant, on leur apprend que tout est bloqué à cause de conflits qui ne concernent pas les clubs. C’est décevant. »
En attendant, la FECOFOOT a maintenu le dîner prévu en soirée, mais le report de l’Assemblée générale plonge le football congolais dans une incertitude totale. Une nouvelle date sera communiquée après examen de la situation juridique. Entre résignation et colère, le sentiment général reste unanime : le football congolais est pris en otage par une guerre d’influence qui dépasse le cadre sportif et appelle une solution urgente.
Photos :
- Les officiels lors de l’annonce du report
- Les participants
- Le 2è vice-président
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