Le Coordonnateur du projet de Renforcement des Systèmes Régionaux de Surveillance des Maladies en Afrique Centrale et de l’Ouest (REDISSE IV) a souligné, le jeudi 27 mars 2025 à Brazzaville, la nécessité de laisser l’équipe du projet aller au bout du processus de clôture. L’unité de gestion de ce projet, financé par la Banque mondiale, a entamé le processus de transfert du patrimoine à la demande du ministère alors que la phase de clôture n’est pas encore finalisée. Cette démarche, qui ne peut être engagée qu’à la fin du processus de clôture, risque de compromettre la procédure en cours.
Lors d’une réunion de travail entre la délégation de la direction générale de l’Administration et des Ressources du ministère de la Santé et l’équipe de gestion du projet, Jean-Pierre OKANDZE ELENGA, coordonnateur du projet REDISSE IV, a fait le point sur les enjeux de cette clôture et sur les défis liés au transfert anticipé du patrimoine matériel du projet au ministère bénéficiaire.
Contrairement à une perception répandue, la clôture d’un projet financé par un bailleur international ne se fait pas instantanément. Le coordonnateur du projet a précisé que le 31 juillet 2024 ne marquait pas la fin du projet, mais le début d’un processus de clôture impliquant plusieurs étapes administratives et financières. « La première étape, souvent mal comprise, est que le 31 juillet est la date de début du processus de clôture. À partir de cette date, aucune nouvelle opération financière ne peut être engagée, mais certaines activités continuent », a-t-il précisé.
Un délai supplémentaire de quelques mois, appelé « période de grâce », est prévu pour permettre : l’audit externe du projet, la préparation et la validation des rapports de clôture (rapport d’achèvement, rapport de sauvegarde et enquête de satisfaction des bénéficiaires) et le rapatriement des fonds restants à la Banque mondiale.
Ce dernier point est une source de préoccupation. Sur les 15 millions de dollars alloués au projet (environ 8 milliards de FCFA), 99 % ont été utilisés, laissant un solde d’environ 277 millions de FCFA à restituer à la Banque mondiale. Pourtant, malgré un ordre donné à la Banque Congolaise de l’Habitat (BCH) depuis le 7 février 2025, ces fonds n’ont toujours pas été rapatriés. « J’ai l’impression qu’il y a un souci de trésorerie au niveau de cette banque, ce qui retarde la finalisation du processus », a-t-il déclaré.
Un transfert de patrimoine prématuré ? L’un des points majeurs abordés durant cette réunion est la demande de transfert anticipé du patrimoine matériel du projet au ministère de la Santé. Ce patrimoine comprend notamment du mobilier, des véhicules et des équipements informatiques.
Si Jean-Pierre OKANDZE ELENGA a reconnu la nécessité d’assurer une réutilisation efficace de ces ressources, il a mis en garde contre un transfert précipité qui pourrait compromettre la finalisation des procédures administratives. « Nous avons encore des questions techniques à traiter et des rapports à élaborer. Si la délégation prend les clés du siège du projet trop tôt, cela risque de bloquer le processus de clôture ».
Un autre problème majeur se pose : le personnel du projet, chargé de la clôture, travaille bénévolement depuis huit mois, faute de prise en charge par l’État. « Normalement, l’État devrait assurer la transition, mais aujourd’hui, nous poursuivons ce travail sans rémunération ».
Malgré cette situation difficile, l’équipe du projet a réalisé l’inventaire du patrimoine et transmis un rapport détaillé au ministère. La délégation dépêchée au siège du projet pour réaliser le transfert du patrimoine n’a pu que faire le point sur ledit patrimoine en raison des conséquences immédiates qu’entraînerait le retrait des clés du siège sur la procédure de clôture en cours. Elle devrait soumettre la question à la hiérarchie et attendre des instructions officielles.
REDISSE IV : un bilan exceptionnel pour la santé et l’environnement
Malgré les défis administratifs, le coordonnateur du projet ne cache pas sa fierté quant aux résultats obtenus en trois ans et demi de mise en œuvre. « Nous sommes probablement le meilleur élève parmi les cinq pays bénéficiaires du REDISSE IV. Nous avons su consommer efficacement les fonds et atteindre nos objectifs ».
Le projet a permis le renforcement des laboratoires de santé publique : Pointe-Noire dispose désormais d’un laboratoire moderne ; le Laboratoire National à Brazzaville a été entièrement rénové et équipé ; l’hôpital de référence de Dolisie et l’hôpital d’Impfondo ont reçu du matériel et des réactifs leur permettant de fonctionner pendant six à huit mois. Un laboratoire vétérinaire moderne a été construit, avec l’acquisition d’équipements spécialisés pour capturer les animaux errants et dangereux ; des équipements d’analyse de la qualité de l’eau, de l’air et du sol a été achetés. En plus de ces infrastructures, un important programme de formation a permis aux professionnels de la santé et de l’environnement d’acquérir des compétences sur l’utilisation et la maintenance des équipements.
Au regard de ces résultats, le projet REDISSE IV a été présenté comme l’un des meilleurs projets santé des 50 dernières années au Congo.
Photos :
- Les membres de la délégation et l’équipe du projet lors des échanges ;
- Le Coordonnateur et les responsables de la délégation
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