mercredi, août 12

Réunis le vendredi 24 juillet 2026 à Brazzaville à l’occasion de leur première Assemblée générale extraordinaire, les membres du Collectif des Médias en Ligne du Congo (CMLC) ont engagé une profonde réforme de leur organisation afin de renforcer la gouvernance, professionnaliser les médias numériques et consolider leur autonomie financière. Au terme d’une journée de travaux marquée par des débats de fond et des orientations stratégiques, les participants ont adopté plusieurs résolutions destinées à repositionner le Collectif comme un acteur majeur de l’autorégulation et du développement de la presse numérique congolaise. Une ambition saluée par le Président du Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC), Médard MILANDOU NSONGA, qui a effectué une visite surprise aux travaux et promis l’accompagnement du régulateur.

Huit ans après sa création, le Collectif des Médias en Ligne du Congo (CMLC) amorce une nouvelle étape de son développement. La première Assemblée générale extraordinaire de l’organisation, qui regroupe en son sein près d’une trentaine des médias à travers le pays, s’est tenue dans un contexte où les médias numériques occupent une place de plus en plus déterminante dans l’écosystème de l’information, tout en étant confrontés aux défis de la crédibilité, de la concurrence des réseaux sociaux et de la viabilité économique.

Ouvrant officiellement les travaux, le Président du CMLC, Jean Eudes Rodrigue NGANGA, a présenté cette rencontre comme un tournant décisif pour l’avenir du Collectif. « La revitalisation n’est pas un choix pour nous, mais une obligation. L’intérêt croissant du public pour les médias numériques nous impose une organisation plus forte, plus crédible et davantage tournée vers l’excellence », a-t-il déclaré.

Pour le président du Collectif, l’enjeu dépasse désormais la simple existence de l’association. Il s’agit de construire une véritable organisation professionnelle capable d’accompagner durablement les entreprises de presse numérique dans leur développement. Dans cette perspective, les travaux ont porté sur la révision des textes fondamentaux, l’examen et l’adoption d’une stratégie de financement pérenne, l’actualisation des critères d’adhésion ainsi que la mise en place d’un vaste programme de formation destiné aux responsables et aux professionnels des médias membres.

Assainir le secteur pour restaurer la confiance

L’un des temps forts de l’intervention de Jean Eudes Rodrigue NGANGA a concerné la lutte contre l’usurpation de la qualité de journaliste sur les plateformes numériques. Dénonçant la multiplication des personnes qui se réclament abusivement des médias en ligne sans disposer d’un véritable organe de presse, il a rappelé les actions déjà entreprises par le CMLC auprès du Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC). « Notre ambition est de débarrasser le secteur des préjugés et des pseudo-journalistes qui dénaturent quotidiennement ce noble métier », a-t-il affirmé.

Une stratégie pour assurer l’autonomie financière du Collectif

Les participants ont validé une nouvelle stratégie de financement visant à assurer l’autonomie financière du CMLC grâce à la diversification des ressources, à la création d’un fonds de développement des médias en ligne et à un meilleur accès des entreprises de presse numérique aux financements nationaux et internationaux

Les participants ont également révisés les statuts et le règlement intérieur afin de les adapter aux réalités actuelles du secteur. Ils ont procédé à la révision des critères d’adhésion, débattu de l’acquisition d’un siège social et validé un programme permanent de formation portant notamment sur l’administration des médias, la rédaction journalistique, le management et le développement des entreprises de presse numérique.

Joachim MBANZA : « Soyez fiers d’être des médias, pas des réseaux sociaux »

Invité à prononcer la leçon inaugurale, le président de l’Association des Éditeurs de Presse du Congo (AEPC), Joachim MBANZA, a livré un plaidoyer en faveur de la professionnalisation des médias numériques. Selon lui, la première bataille des journalistes consiste à défendre leur identité professionnelle face à la confusion entretenue avec les influenceurs et les réseaux sociaux. « Sans carte professionnelle de presse, comment distinguer le journaliste de ceux qui entrent par effraction dans notre profession ? »

Il a appelé le CSLC à relancer la délivrance de la carte professionnelle de presse, qu’il considère comme un outil essentiel de protection de la profession. Le président de l’AEPC a également exhorté les promoteurs de médias numériques à bâtir de véritables entreprises de presse, dotées d’équipes rédactionnelles, d’une ligne éditoriale claire et d’une identité forte. « Un média est une entreprise qui produit une information répondant à des règles professionnelles. Soyez fiers d’être des médias en ligne et non de simples réseaux sociaux », a-t-il insisté.

Le président de l’AEPC a également invité les journalistes à faire de la rigueur, de la vérification des faits et de l’écoute de leur audience les piliers de leur pratique quotidienne, tout en les encourageant à construire des rédactions structurées, capables de développer des marques médiatiques fortes et reconnues.

Le CSLC  tend la main aux médias en ligne

La visite du président du Conseil supérieur de la liberté de communication, Médard MILANDOU NSONGA, a constitué l’un des moments forts de cette Assemblée. Se disant impressionné par le niveau d’organisation du Collectif, il a salué les propositions élaborées par le CMLC pour combler le vide juridique entourant les médias en ligne. « Vous représentez aujourd’hui une véritable puissance médiatique. Ce que vous publiez complète le travail des médias traditionnels et contribue largement à l’information des citoyens », a déclaré le président du CSLC.

Le Régulateur a particulièrement apprécié les propositions du Collectif visant à définir légalement le statut des médias en ligne, leurs obligations administratives ainsi que leurs conditions d’exercice. Tout en encourageant les promoteurs à formaliser davantage leurs entreprises de presse, il les a invités à privilégier un journalisme responsable. « Le Conseil peut compter sur vous, à condition d’éviter les injures, les diffamations, les critiques virulentes et la reproduction des contenus non vérifiés. Nous voulons des médias responsables, identifiés et respectueux de l’éthique », a-t-il recommandé avant réaffirmer la disponibilité du conseil pour accompagner le développement du secteur et consolider son encadrement institutionnel.

Une nouvelle dynamique assumée

Le Président du CMLC s’est félicité des avancées enregistrées au cours de cette première assemblée. Il a également annoncé l’élargissement de l’organisation, dont les effectifs passent désormais d’une vingtaine à près d’une trentaine de médias membres.

Rejetant l’idée d’un réveil tardif, il rappelle que le Bureau exécutif est resté actif depuis 2018, notamment à travers sa participation aux Assises de la presse congolaise, ses contributions aux réformes législatives relatives au numérique et son dialogue permanent avec le CSLC. La présence du président conseil à cette Assemblée est, selon lui, « un signal fort de reconnaissance » envers les médias en ligne. Il a profité de cette tribune pour appeler les pouvoirs publics à accélérer l’adoption d’un cadre juridique spécifique au secteur afin de combler le vide législatif qui persiste.

Enfin, Jean Eudes Rodrigue NGANGA a lancé un appel aux médias encore non affiliés à rejoindre le Collectif. « Le CMLC demeure ouvert à tous les médias qui souhaitent s’inscrire dans une dynamique collective. C’est ensemble que nous construirons une presse numérique plus forte, plus crédible et plus utile au développement de notre pays. »

À travers cette première Assemblée générale extraordinaire, le Collectif des Médias en Ligne du Congo affiche ainsi sa volonté de devenir un acteur incontournable de la modernisation du paysage médiatique national, en misant sur la professionnalisation, l’autorégulation et une gouvernance adaptée aux défis du numérique.

Photos :

  1. Les participants posant pour la postérité
  2. Les participants aux côtés du président du CSLC
  3. Le Présidium des travaux.

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