Au terme de deux concerts tenus les 27 et 28 décembre 2025 à Brazzaville, le leader de l’orchestre tradi-moderne Kilombo Kia Mpala (KKM), Djo Mambou, dresse un bilan sans complaisance de ses premières grandes prestations dans la capitale congolaise. Entre satisfactions artistiques, défis organisationnels et réflexions profondes sur l’avenir de la musique tradi-moderne bembé, l’artiste a rappelé la nécessité de promouvoir les valeurs de paix qu’il défend dans ses chansons, tout en plaidant pour une meilleure valorisation de ce genre musical.
Basé à Pointe-Noire, Djo MAMBOU effectuait, avec son orchestre, sa toute première grande sortie scénique à Brazzaville. Si la première soirée a été marquée par quelques couacs techniques, la seconde a tenu toutes ses promesses. « Le premier jour, ça n’a pas bien tenu à cause de la sonorisation et de l’organisation. Mais on s’est battu pour le deuxième jour et ça a été merveilleux », confie-t-il.
L’artiste salue surtout la solidarité artistique observée autour de KKM : « J’ai senti que nos amis artistes de Brazzaville sont unis. Plusieurs orchestres sont venus nous soutenir, notamment TH Musica International, ZZ Musica, Lumière Musica… Sans oublier Fort Lutte et Général Djo Christ, venus de Pointe-Noire. »
La solidarité artistique saluée par Fort Lutte
Parmi ces soutiens, la présence de Fort Lutte, artiste musicien et président-patron de l’orchestre Tonnerre Musica, a particulièrement marqué les esprits. Pour lui, cette mobilisation dépasse le simple cadre d’un concert. « La grande motivation, c’est l’amour que nous avons pour notre culture. Notre culture doit être mise au premier rang », a-t-il déclaré.
Reconnaissant envers l’invitation de Djo MAMBOU, Fort Lutte souligne la dimension symbolique de cet accompagnement : « Quand vous êtes honoré par l’invitation du prophète Djo MAMBOU, un grand frère, c’est un honneur. Si, avec notre modeste contribution, nous pouvons aider notre culture, c’est déjà une bonne chose. »
Le patron de Kilombo Kia Mpala s’est également réjoui de la qualité de l’accueil réservé par le public lors des deux prestations, dressant un bilan de mobilisation largement positif. « La population a répondu présente. Le seul problème, c’est le retard. Un concert prévu à 14 heures ne peut pas commencer à 16 heures », déplore-t-il, insistant sur la nécessité d’une plus grande rigueur organisationnelle.
“La Paix au monde”, une chanson née des blessures de l’histoire
Interrogé sur ses titres les plus marquants, Djo MAMBOU cite spontanément La Paix au monde et Téléphone. À propos de La Paix au monde, qu’il a d’ailleurs interprétée lors de la seconde soirée, il explique : « L’inspiration vient des événements de 1997 et de ce que nous avons vu ailleurs, comme le génocide rwandais. J’ai voulu dire au monde que le dialogue est la meilleure solution. »

Une évolution fragile de la musique tradi-moderne
S’il reconnaît une progression numérique des orchestres tradi-modernes, l’artiste alerte néanmoins sur les divisions internes. « Aujourd’hui, il y a des dizaines d’orchestres. Mais nous devons être unis. L’union fait la force », martèle-t-il, regrettant l’éclatement de groupes historiques comme TH Musica.
Sur le plan financier, le constat reste amer : « Je suis membre des droits d’auteur depuis des années, je n’ai jamais perçu plus de 100 000 francs CFA », dénonce-t-il, appelant à un véritable accompagnement des artistes.
2026 : album Mpaka na Tangu très attendu
Pour l’année à venir, Djo MAMBOU annonce la sortie d’un album de six titres, intitulé « Mpaka Ntangu » (Défi contre le temps). « Cet album est un message à mes détracteurs. Chacun a une mission sur terre », affirme-t-il, confiant une sortie probable en mars 2026, avec un fort accent audiovisuel.
Le Prophète Djo MAMBOU se veut optimiste : « Nous sommes venus à Brazzaville pour corriger, apprendre et découvrir. En 2026, nous ferons mieux qu’en 2025 ».
Un message fort, porté par un artiste engagé, déterminé à voir la musique tradi-moderne congolaise gagner en reconnaissance, en structuration et en dignité.
Photos :
- L’artiste lors de sa prestation sur scène
- Vue du public brazzavillois
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