Entre accusations de « sabotage du processus de paix » formulées par le Conseil national des Républicains (CNR) et justification d’une opération de sécurisation avancée par le gouvernement, les incidents de Mindouli et Mounkala plongent de nouveau le département du Pool dans une zone de fortes tensions. Les deux parties livrent des récits opposés des événements impliquant les éléments de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) et l’entourage de Frédéric NTOUMI BINTSAMOU. Au-delà de cette confrontation de versions, l’enjeu central demeure la préservation des acquis de paix dans une région longtemps éprouvée par les crises.

Le Pool se retrouve une nouvelle fois au centre de l’attention nationale. À travers deux communications officielles publiées à 24 heures d’intervalle, le Conseil national des Républicains (CNR) et le gouvernement congolais exposent des lectures radicalement différentes des incidents survenus à Mindouli et Mounkala, dans le district de Mayama.
Alors que le CNR dénonce des actes qu’il considère comme une menace contre la stabilité et accuse les forces de sécurité d’avoir porté atteinte au processus de paix, le gouvernement affirme avoir agi dans le cadre de ses missions régaliennes face à une situation liée, selon lui, à la circulation d’armes de guerre.
Du contrôle au péage de Mindouli à l’incident de Mounkala : le récit du CNR
Dans sa mise au point rendue publique le 7 octobre 2026, le Conseil national des Républicains revient sur le déplacement effectué par son président Frédéric NTOUMI BINTSAMOU à Mindouli, le 26 septembre dernier.
Selon le CNR, le responsable politique avait préalablement informé le préfet du Pool de son déplacement destiné à vérifier l’état de ses véhicules stationnés dans cette localité. Le cortège, composé de trois véhicules, aurait cependant été stoppé au niveau du péage de Mindouli.
Le mouvement affirme que les éléments de la DGSP auraient autorisé uniquement le passage du véhicule transportant son président, demandant aux deux pick-up accompagnant son dispositif de sécurité de rester sur place. « Ce refus opposé par les éléments de la Direction générale de la sécurité présidentielle en violation flagrante de la libre circulation des personnes et des biens n’a pas été apprécié par les éléments de sécurité du président du CNR », indique le communiqué.
Pour éviter une confrontation, le cortège aurait finalement fait demi-tour. Quelques jours plus tard, le CNR rapporte l’explosion d’un drone à Mounkala, qui aurait causé la mort d’un enfant de 12 ans et blessé sa mère. Il affirme également que des éléments de la DGSP auraient ensuite investi son site, tiré à balles réelles et incendié des véhicules.
Face à cette situation, le CNR réclame une enquête indépendante afin de déterminer les responsabilités. « Le Conseil National des Républicains exige du gouvernement de prendre ses responsabilités pour mettre en place une commission d’enquête en vue de rétablir les responsabilités », précise le document signé par Rodriguez MAYALA, secrétaire général adjoint.
La réponse de l’État : une opération de sécurisation face à des armes de guerre
Dans une déclaration publiée le 8 octobre, le gouvernement présente une autre chronologie des faits. L’exécutif affirme que les événements du 7 octobre à Mounkala sont liés à l’intervention d’une unité de la DGSP qui aurait découvert trois individus armés en tenue civile.
Selon les autorités, ces personnes détenaient « deux PMAK et un fusil mitrailleur (FM) » et auraient tenté d’échapper à une interpellation avant de se diriger vers la concession du pasteur NTOUMI.
Le gouvernement précise que le véhicule abandonné par ces individus aurait ensuite été incendié et assure qu’aucun affrontement armé n’a eu lieu. « Aucun échange de tirs n’a été enregistré durant cet incident, hormis quelques coups de sommation en l’air afin de dissuader les individus durant leur fuite », souligne la déclaration officielle.
Revenant sur l’épisode de Mindouli, l’exécutif affirme également que le déplacement de Frédéric NTOUMI BINTSAMOU s’effectuait avec un véhicule contenant des armes visibles. Les forces de sécurité auraient alors choisi la retenue pour éviter une escalade.
La vérité des faits, un impératif pour préserver l’apaisement
Au-delà de la divergence des versions, ces événements posent une nouvelle fois la question de la consolidation de la paix dans le Pool. Depuis plusieurs années, les autorités et différents acteurs politiques mettent en avant les efforts de dialogue et de réconciliation engagés pour tourner la page des violences. Le gouvernement rappelle que la sécurité des personnes et des biens ainsi que le respect de l’autorité de l’État demeurent des principes non négociables. « Cette attitude de responsabilité ne saurait être interprétée comme une quelconque faiblesse de l’État ni comme une renonciation à faire respecter les lois et règlements de la République », insiste-t-il.
Pour sa part, le CNR estime que seule une clarification complète des événements permettra d’éviter une nouvelle détérioration du climat de confiance.
Dans un contexte où chaque incident sécuritaire peut rapidement raviver les blessures du passé, l’établissement des faits, la transparence et le dialogue apparaissent comme les conditions essentielles pour préserver durablement la paix dans le Pool.
Photo : Vue du véhicule incendié
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