La séance des questions orales avec débat au Sénat, tenue le vendredi 12 décembre, a été largement dominée par la question sensible de la redevance audiovisuelle. Interpellé par plusieurs vénérables sénateurs, le Premier ministre, Anatole Collinet MAKOSSO, a apporté des éclairages détaillés sur le circuit de collecte, de reversement et d’affectation de cette ressource, souvent au cœur de controverses dans l’opinion publique.

Répondant aux préoccupations relatives au non-versement supposé de la redevance aux médias publics, le chef du gouvernement a tenu à dissiper toute confusion. « Je confirme que la redevance audiovisuelle est bien perçue par Énergie Électrique du Congo lorsque les usagers s’acquittent de leurs factures, et que les ressources sont bien reversées au Trésor public », a-t-il affirmé. Selon les données communiquées par E2C, les reversements ont atteint 1,508 milliard de francs CFA en 2020, tandis qu’à fin octobre 2025, ils s’établissaient à 757,793 millions de francs CFA.

Anatole Collinet MAKOSSO a expliqué la baisse observée en 2025 par la nouvelle clé de répartition issue de la loi de finances, qui consacre désormais 60 % de la redevance au financement de l’électrification rurale et 40 % aux organes de presse publique. « Si l’on fait la proportion, on se rend compte que les tendances sont respectées », a-t-il souligné, rappelant que les difficultés autour de cette ressource « remontent à la création même de la redevance en 2001 ».

Le Premier ministre a également mis en évidence un malentendu persistant entre le principe budgétaire d’universalité et les attentes des bénéficiaires. « Le gouvernement estime qu’en allouant des ressources aux organes publics dans leur budget de fonctionnement, la redevance y est d’office intégrée, tandis que certains y voyaient une ressource supplémentaire devant être retracée séparément », a-t-il expliqué, reconnaissant toutefois des dysfonctionnements liés aux tensions de trésorerie.

Prenant la parole à son tour, le ministre des Finances, Christian YOKA, a rassuré la représentation nationale sur l’ouverture effective des comptes spéciaux du Trésor, notamment le « Fonds d’appui aux organes de presse ». « Il n’y a pas d’ambiguïté concernant le paiement de la redevance audiovisuelle », a-t-il martelé, précisant que la collecte par E2C et le reversement au Trésor obéissent à des procédures claires et traçables.

Au-delà de la redevance audiovisuelle, Christian YOKA a dressé un premier bilan de la mise en œuvre du budget programme, entrée en vigueur en 2025. « Ce n’est pas simplement un ajustement technique, mais la traduction d’une volonté politique de transparence et de redevabilité », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant des défis liés aux capacités techniques et à la qualité des indicateurs de performance.

En clôturant les travaux, le président du Sénat, Pierre NGOLO, a salué « l’engagement du gouvernement à prendre en compte les observations des sénateurs » et appelé à corriger les dysfonctionnements relevés. « Il s’agit désormais de veiller à ce que ce qui est inscrit s’exécute et ait un impact réel sur le vécu des citoyens », a-t-il conclu, résumant l’esprit d’un débat marqué par la recherche de clarté et de responsabilité dans la gestion des finances publiques.

Photo : Le Premier Ministre devant les Sénateurs

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