Examiner et adopter l’ensemble des documents fondamentaux du projet « Renforcement de la finance carbone pour préserver les forêts du Bassin du Congo », afin de définir les actions prioritaires du Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA), tel est l’objectif de la première session du Comité de pilotage de cette initiative, ouverte le vendredi 19 juin 2026 à Brazzaville. À travers ce projet stratégique, la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC) ambitionne de transformer le vaste potentiel forestier de la sous-région en un véritable levier de développement économique durable. Portée par la CCBC et mise en œuvre par le PNUD, avec l’appui financier du Japon, l’initiative vise à structurer un cadre crédible, transparent et attractif de mobilisation des financements carbone au service de la conservation forestière et de la lutte contre les changements climatiques dans cinq pays pilotes.

Ouvrant les travaux, la Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et du Bassin du Congo, Secrétaire Exécutive de la CCBC, Arlette SOUDAN-NONAULT, a replacé le projet dans la vision stratégique portée au plus haut niveau par les États de la sous-région. Elle a souligné que la finance carbone s’impose désormais comme un instrument clé de souveraineté économique et environnementale.
« Après l’ère de la conservation stricte, nos États ont fait le choix stratégique de bâtir une économie de la conservation, fondée sur la valorisation responsable de nos forêts, premier puits net de carbone de la planète », a-t-elle déclaré, insistant sur l’impératif de concilier protection rigoureuse des écosystèmes et création de valeur durable.
Cinq pays au cœur d’un projet pilote régional
Le projet concerne le Cameroun, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine et la République démocratique du Congo. Il ambitionne de renforcer les capacités techniques, institutionnelles et stratégiques de ces pays afin de faciliter leur accès aux marchés du carbone et aux mécanismes innovants de finance climatique, en cohérence avec l’Accord de Paris et les stratégies nationales de développement.

« La crédibilité environnementale, sociale et financière de notre démarche doit être irréprochable si nous voulons attirer des investissements éthiques, durables et d’envergure », a martelé Arlette SOUDAN-NONAULT, appelant à une gouvernance exemplaire et orientée vers les résultats.
Organe stratégique du projet, le Comité de pilotage est chargé de valider les documents structurants, notamment le PTBA 2026-2027, le dispositif d’assurance qualité, l’analyse des risques ainsi que le screening environnemental et social, afin de garantir l’efficacité des interventions et la protection des droits des communautés.
Une gouvernance inclusive et orientée résultats
Pour Adama BOCAR SOKO, Directeur régional adjoint du PNUD pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, cette étape marque l’entrée du projet dans sa phase la plus déterminante. « Après le lancement officiel et la formation régionale sur les marchés du carbone, nous engageons aujourd’hui la gouvernance stratégique de l’initiative. Le Comité de pilotage jouera un rôle central pour orienter, suivre et évaluer la mise en œuvre, afin que les résultats répondent pleinement aux attentes des pays bénéficiaires », a-t-il expliqué.
Il a salué la composition inclusive du Comité, réunissant les États membres, la CCBC, le PNUD, le Gouvernement du Japon, la COMIFAC ainsi que des partenaires observateurs.
Le Japon, un allié clé de la transition verte

Prenant la parole, Hidenobu MAEKAWA, chargé d’affaires adjoint de l’ambassade du Japon en République du Congo, a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de l’action climatique en Afrique centrale. Il a annoncé un financement de 580 000 dollars américains, mobilisé au titre du budget supplémentaire du Japon et inscrit dans la stratégie de « Transformation verte (GX) ».
« À travers ce projet, le Japon entend renforcer les capacités des pays du Bassin du Congo pour mobiliser les financements carbone, notamment via les mécanismes générateurs de revenus du REDD+ et d’autres crédits carbone », a-t-il précisé, mettant en avant l’importance de la formation technique sur les cadres réglementaires, la certification et la commercialisation des crédits carbone.
Au-delà des mécanismes financiers, les intervenants ont insisté sur les retombées attendues pour les communautés locales et sur la crédibilité internationale du Bassin du Congo. Les travaux de cette première session du Comité de pilotage s’ouvrent ainsi avec l’ambition de faire de ce projet pilote une référence régionale, capable de transformer la richesse forestière du Bassin du Congo en moteur de développement durable et en contribution majeure à la lutte mondiale contre les changements climatiques.
Photos :
- Une vue partielle des participants à l’ouverture des travaux ;
- La ministre et du directeur régional du PNUD ;
- Photo de famille.
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