Les parties prenantes au Programme d’électrification des zones rurales (PEZOR) ont tenu, le jeudi 19 novembre 2025 à Brazzaville, une réunion technique consacrée à la mobilisation des financements chinois. Une étape décisive, de haut niveau, qui a réuni le ministère de l’Énergie et de l’Hydraulique, le PNUD, l’Union des opérateurs économiques du Congo (UNOC) ainsi que la Fondation chinoise Nova International, autour d’un objectif commun : parvenir à un consensus solide et à des engagements concrets pour accélérer l’accès à l’électricité dans les zones rurales du pays.

Organisée en mode hybride depuis le siège du PNUD à Brazzaville, cette rencontre s’inscrit dans la dynamique nationale visant à faire de l’accès universel à l’électricité une réalité d’ici 2035.
Représentant le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, le directeur de cabinet Frédéric Manienz a donné le ton. Dans son allocution d’ouverture, il a rappelé la portée stratégique de ces travaux qui ouvrent la voie à des solutions de financement concrètes. « Le lien entre la mobilisation des ressources financières et techniques chinoises et la mise en œuvre du PEZOR est désormais une urgence nationale », a-t-il déclaré.
Il a salué le cadre « constructif et fédérateur » de la rencontre, appelant à un consensus autour d’« approches de solutions concrètes de financement, adaptées aux réalités du monde rural congolais ». Pour lui, l’engagement des partenaires chinois ouvre des perspectives majeures pour le déploiement de mini-réseaux hydroélectriques et solaires dans tout le pays. « Puisse les conclusions de cette réunion traduire la volonté commune de résoudre durablement les défis d’électrification rurale », a-t-il conclu en déclarant les travaux ouverts.
Prenant la parole à la suite, la présidente de la Fondation Nova International, Christina HUYING, a rappelé la présence active de son organisation sur la Route de la Soie et les relations de longue date entre la Chine et le Congo. Cette réunion, tenue en présentiel et en ligne, a réuni selon elle « plus de 45 investisseurs chinois, connectés depuis la Chine », déjà dans l’attente des conclusions de ces échanges.
Réaffirmant son engagement à investir dans la mise en œuvre du PEZOR, Christina HUYING a précisé : « Nous avons parcouru 12 000 kilomètres pour apporter des opportunités concrètes au Congo. Nous sommes ici pour écouter, coopérer et construire un partenariat gagnant-gagnant ». Elle a souligné la force de son réseau : « Plus de 100 000 entreprises et 2 500 chambres de commerce sont prêtes à se mobiliser autour de l’énergie, de l’agriculture, de l’industrie, de la construction ou encore de la médecine. »

Engagée depuis douze ans dans l’initiative chinoise de la “Route de la Soie”, Nova International revendique aujourd’hui un réseau actif dans plus de 150 pays. « Le Congo-Brazzaville figure parmi nos pays stratégiques. Nous voulons créer ici des passerelles solides entre investisseurs chinois et projets énergétiques congolais », a-t-elle ajouté.
La Représentante résidente du PNUD, Adama DIAN BARRY, a replacé ce projet dans une vision globale. Elle a rappelé que « l’énergie est le fil d’or qui relie croissance économique, équité sociale et prospérité ».
Elle a également mis en lumière le potentiel du Congo en matière d’énergies renouvelables, notamment hydraulique et solaire. « Grâce au PEZOR, ce sont plus de 200 localités qui pourront être électrifiées, et plus de 2 millions de personnes désenclavées énergétiquement », a-t-elle souligné.
Un appel à un partenariat stratégique durable
Pour sa part, le président de l’UNOC, Daniel OVAGA, a rappelé que l’accès à l’électricité en zone rurale, encore inférieur à 1 %, constitue un frein majeur au développement. « Le PEZOR n’est pas seulement un programme énergétique ; c’est une opportunité de transformation économique, sociale et territoriale », a-t-il insisté.
Il a salué le rôle de Nova International comme « partenaire stratégique dans la mobilisation d’investisseurs solides et crédibles ».
Estimé à 579,6 millions de dollars, le PEZOR prévoit l’installation de 257 mini-centrales solaires et 19 microcentrales hydroélectriques, ainsi que 243 km de réseaux de distribution. Sa phase pilote 2026-2030 ciblera notamment les sites de Lébama, Tadi Batéké, Itsibou, Foula, Léhoué et Bétou, pour un impact direct sur plus de 40 000 habitants, sans compter les zones minières et économiques.
En lançant l’ouverture des plis financiers et techniques, le Congo amorce ainsi une nouvelle étape de coopération sino-congolaise, avec l’ambition d’un accès équitable, durable et moderne à l’électricité pour tous.
Photos:
1. les officiels lors de la réunion technique ;
2. Les participants posant pour la postérité
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