La mondialisation semble avoir atteint ses limites. Entre l’approche belliciste de la guerre commerciale menée par Donald Trump et l’hésitation évidente de l’Union européenne, la Chine adopte une stratégie basée sur le principe de réciprocité. Elle parvient à tirer parti de sa coopération avec l’Afrique et les pays de l’Asie du Sud-Est.
La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, initiée par l’administration Trump, a pris un tournant décisif avec l’annonce d’une hausse significative des surtaxes douanières imposées par Pékin. En réponse à la valse vertigineuse des taxes appliquées par Washington, la Chine a décidé d’élever ses droits de douane sur les produits américains à 125 %. Ce chiffre traduit non seulement la détermination de Pékin à défendre ses intérêts économiques, mais également une réaction directe aux mesures protectionnistes mises en œuvre par les États-Unis.
Cette escalade dans le conflit commercial témoigne de la résilience de l’économie chinoise. Malgré les pressions exercées par Washington, la Chine démontre une capacité d’adaptation et de résistance qui lui permet de soutenir une confrontation prolongée. Alors que les marchés mondiaux continuent d’être affectés par cette instabilité, la position de la Chine semble se renforcer. En alignant ses tarifs douaniers sur ceux des États-Unis, Pékin envoie un message clair : elle est prête à répondre avec équité à toute nouvelle provocation.
Cependant, il convient de noter que la Chine a également affirmé qu’elle ne réagirait pas immédiatement à d’éventuelles nouvelles impositions tarifaires américaines. Cette attitude peut être interprétée comme une stratégie visant à éviter une escalade supplémentaire des tensions tout en préservant sa marge de manœuvre diplomatique.
En 2024, les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine ont atteint plus de 530 milliards de dollars. Ce chiffre illustre une dynamique significative malgré les tensions commerciales persistantes entre les deux nations. Les équipements électroniques et électriques constituent l’un des principaux postes d’exportation des États-Unis vers la Chine, s’élevant à environ 15 milliards de dollars. Par ailleurs, la Chine a enregistré un excédent commercial record, soulignant ainsi l’augmentation de ses exportations.
En somme, cette dynamique entre ces deux puissances économiques met en lumière non seulement les enjeux économiques en jeu, mais aussi les implications géopolitiques d’une guerre commerciale susceptible de redessiner le paysage économique mondial pour les années à venir. Parmi tous les pays concernés, il apparaît que la Chine s’est mieux préparée à cette confrontation.
Beijing pourrait continuer d’ouvrir ses portes au monde à un niveau élevé, élargissant régulièrement son ouverture institutionnelle en matière de règles, règlements, gestion et normes. Il est donc envisagé qu’elle mette en œuvre des politiques favorisant la libéralisation et la facilitation du commerce et des investissements de haut niveau, tout en cultivant un environnement commercial exemplaire axé sur le marché, fondé sur le droit et internationalisé.
Le poids des échanges commerciaux entre la chine et les pays de l’asie du sud-est
Ce faisant, elle aspire à partager ses opportunités de développement avec le monde afin d’atteindre des avantages mutuels et des résultats gagnant-gagnant.
Au-delà d’un marché local comptant plus de 1,3 milliard de consommateurs, la Chine peut miser également sur son influence réelle au sein de l’ASEAN( Organisation des pays de l’Asie du Sud Est). Le président chinois Xi Jinping a effectué en avril 2025 un périple dans trois pays : Vietnam, Cambodge et Malaisie. L’Union Européenne et l’Afrique représentent également des axes stratégiques pour la coopération commerciale que l’administration Trump, en raison de ses politiques protectionnistes, ne peut revendiquer comme des avantages comparatifs.
Renforcement de la coopération commerciale et économique sino-africaine
Dans le cadre de la mise en oeuvre des conclusions issues du sommet de Beijing sur le Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC) qui s’est tenu avec succès en septembre 2024, il convient de noter que le volume commercial entre la Chine et l’Afrique a atteint 295,6 milliards de dollars américains, un nouveau record historique. Au premier trimestre de 2025, le volume commercial a augmenté de 2,7% par rapport à la même période de l’année précédente, atteignant 72,6 milliards de dollars américains. Il est également prévu la acilitation des exportations africaines vers la Chine. Pour y parvenir, Beijing a accordé un financement d’environ 17,12 milliards de yuans RMB pour soutenir le commerce extérieur africain.
Un pavillon spécial a été créé pour les produits africains lors de l’Exposition internationale d’Importation de Chine. Des accords-cadres de partenariat économique pour le développement partagé ont été signés entre la Chine et plus de 20 pays africains. La Chine a aussi signé des protocoles sur l’exportation des produits agricoles vers la Chine avec 18 pays africains. D’ores et déjà, plus de 2 400 entreprises agro-alimentaires africaines ont été enregistrées en Chine. La Chine a par ailleurs organisé des conférences en ligne sur le e-commerce au bénéfice de 600 représentants de dix pays africains.
Dans le même élan, une Journée africaine du commerce numérique a été organisée en marge de l’Exposition mondiale du commerce numérique de 2024.
La construction des chaînes de valeur, le développement de l’industrie manufacturière et la transformation poussée des produits minéraux en Afrique renforcent davantage cette coopération.
Les investissements des entreprises chinoises en Afrique ont accru de 13,38 milliards de yuans RMB depuis la fin du Sommet à fin mars 2025.
Last but no least, la Chine a accordé 2,08 milliards de yuans RMB de prêts à l’Afrique pour booster quelque 350 PME dans 19 secteurs, avec en prime la création d’environ 4 500 emplois.
La guerre commerciale de trump contre la chine s’exporte en afrique rd.congo-rwanda au- delà d’un accord de paix, l’appropriation des minerais congolais
L’accord qualifié abusivement de « paix », signé le 27 juin dernier à Washington entre la RD.CONGO et le Rwanda s’aligne directement sur les intérêts stratégiques des États-Unis, et est en adéquation avec la tendance du président Donald Trump à privilégier une politique étrangère transactionnelle. Si les avantages offerts à la RD Congo d’une part, pour ses minerais, et au Rwanda de l’autre, en tant que plateforme potentielle de transformation des minerais, peuvent amener les deux pays à la table des négociations, le but de l’administration Trump est de faire main basse sur les minerais de la Rdc afin d’abréger le séjour des entreprises chinoises, nanties, sous le régime de Joseph Kabila, des titres d’exploitation minière à l’est du pays. Les entreprises chinoises, comme CMOC et Zijin Mining, contrôlent une part significative des mines de cuivre et de cobalt en RDC. Pour mieux huiler cette opération, les américains, sous l’administration Biden, ont lancé le projet du Corridor de Lobito, qui intégre et relie l’Angola, la République démocratique du Congo et la Zambie. Il est constitué d’une ligne ferroviaire de 1 700 km qui relie le port de Lobito en Angola sur l’océan Atlantique à la région de Copperbelt en Zambie et à Kolwezi en RDC pour évacuer les minerais de cuivre et de cobalt.
Ce projet, rassure t-on côté américain, permettra de réduire les coûts logistiques de 18%, d’augmenter la capacité de transport et de réduire le temps de transport des minerais. Le temps de transport aller-retour jusqu’au port de Durban en Afrique du Sud était de 25 jours, alors que sur la voie ferrée, il sera seulement de 8 jours.
Donald Trump a accueilli, à la Maison Blanche, mercredi 9 juillet, cinq présidents d’Etats africains riches en ressources minérales pour un sommet ayant pour but de contrer l’influence grandissante de la Chine et de la Russie sur le continent. Les invités comprenaient Bassirou Diomaye Faye du Sénégal, Umaro Sissoco Embalo de Guinée-Bissau, Mohamed Ould Ghazouani du Mauritanie, Joseph Boakai du Libéria et Brice Oligui Nguema du Gabon.
Officiellement, le sommet était consacré aux questions commerciales, d’investissement et de sécurité. Cependant, l’objectif principal est de contrer l’influence croissante de la Chine et de la Russie en Afrique. Dans le contexte d’une guerre commerciale, l’attention se concentre principalement sur la Chine. S’il est vrai que la Chine, grace à son modèle de coopération gagnant-gagnant, détient une bonne longueur d’avance sur les USA et l’Europe, elle doit cependant mieux inspirer les pays africains, qui, de manière générale, rejettent le modèle néocolonial de développement français, anglais, belge, portugais et espagnol, pour mieux parler au continent en lui offrant, comme elle le fait à présent, le meilleur modèle de développement, sans ingérence aucune, adapté aux besoins de développement du continent.
Article rédigé par Alphonse NDONGO, Journaliste économique et financier du Congo Brazzaville

