Le Congo veut désormais accélérer le passage des engagements aux actes dans la protection de son patrimoine naturel. Réunis durant trois jours à Brazzaville, les acteurs publics et privés, organisations de la société civile, experts, partenaires techniques et financiers, représentants des communautés locales et populations autochtones ont lancé le processus de vulgarisation et de sensibilisation de la Stratégie et du Plan d’action national pour la biodiversité (SPANB) 2025-2030. Une étape destinée à faire de cet instrument le socle national de mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal sur la biodiversité au cours de laquelle une feuille de route a été adoptée.

Près d’une centaine de participants ont pris part aux travaux de cet atelier national organisé du 24 au 26 aout à Brazzaville. Les échanges ont permis de replacer la SPANB dans le contexte des engagements internationaux du Congo, avec un accent particulier sur la mobilisation des ressources et l’objectif mondial de conservation d’au moins 30 % des terres et des mers à l’horizon 2030.
Au-delà des principes, les participants ont surtout exploré les conditions de traduction de ces engagements dans les politiques publiques. La stratégie prévoit notamment le reboisement, la restauration des espaces dégradés, l’extension du réseau d’aires protégées et l’utilisation durable des ressources biologiques.
La pêche durable, l’agriculture climato-intelligente et la valorisation des savoirs traditionnels constituent également des leviers importants. Une attention particulière est accordée aux droits et à la participation des communautés locales, des populations autochtones, des femmes et des jeunes.
Financer autrement la conservation
Le communiqué final sanctionnant les travaux de cet atelier a met également en lumière une équation déterminante qui souligne la nécessite de disposer des financements durables pour ne pas limiter les ambitions de la SPANB à de simples engagements. Le budget de l’État, les investissements privés et l’appui des partenaires techniques et financiers devront être mobilisés, notamment à travers des mécanismes innovants tels que le Fonds bleu et le marché carbone.
La responsabilité sociétale des entreprises a, dans ce contexte, été présentée comme un instrument susceptible de rapprocher performance économique, développement local et préservation des écosystèmes.

Les cinq axes stratégiques de la SPANB ont fait l’objet de travaux en groupes. Travaux aux termes desquels les participants ont élaboré des fiches de vulgarisation et identifié les rôles des différentes parties prenantes, avant d’adopter une feuille de route assortie de recommandations.
« Passer de la politique à l’acte »
Cloturant les travaux, la Ministre de l’Environnement, du Bassin du Congo et du Développement durable, Arlette SOUDAN-NONAULT, a reconnu les avancées réalisées tout en exprimant une attente claire : disposer rapidement des instruments permettant l’exécution de la stratégie. « Nous avons démontré que la République du Congo dispose d’une communauté d’acteurs mobilisés, vous en êtes la preuve, et déterminés à relever les défis majeurs liés à la conservation, à la protection et à l’utilisation durable de notre biodiversité. Mais cela ne peut se faire sans un plan d’action et une feuille de route concrète. La SPANB 2025-2030 doit désormais entrer dans sa phase active de vulgarisation et d’appropriation dans les quatorze autres départements du pays, mais elle est d’abord assujettie à l’obligation de délivrer son plan d’action et sa feuille de route. »
Pour la ministre, cette exigence conditionne la crédibilité de la démarche congolaise. Elle a appelé à une meilleure intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles et à une coordination renforcée entre les différents acteurs.
Une responsabilité qui dépasse l’État

Le WWF Congo, partenaire de ce processus, entend poursuivre son accompagnement. Eugène CHIA, Directeur de la Conservation, a insisté sur la nécessité de transformer les recommandations en réalisations tangibles.
« Ces trois journées ont rappelé que la mise en œuvre de la SPANB 2025-2030 est une responsabilité collective. Les échanges que nous avons eus constituent une étape importante, mais le véritable succès se mesurera désormais à notre capacité à transformer ces engagements et recommandations en actions concrètes. Ce que Mme la ministre vient de décrire est un plan d’action qui va nous guider. Le WWF Congo réaffirme sa disponibilité à continuer d’accompagner le gouvernement, les communautés et l’ensemble des parties prenantes dans cette dynamique en faveur d’une conservation inclusive et durable de la biodiversité. »
Les recommandations finales invitent notamment le gouvernement à intégrer la biodiversité dans l’ensemble des politiques sectorielles. Le ministère est appelé à harmoniser les données environnementales, renforcer la sensibilisation des acteurs publics et des élus, développer un mécanisme national de mobilisation des ressources et élaborer une stratégie de communication autour de la SPANB.
Le prochain défi sera donc moins celui de la formulation que de l’exécution. Pour le Congo, il s’agit désormais de faire de la SPANB 2025-2030 un instrument opérationnel capable de concilier conservation des écosystèmes, valorisation durable des ressources et amélioration des conditions de vie des communautés. Une ambition qui devra se mesurer, d’ici 2030, à l’aune des résultats obtenus sur le terrain.
Photos :
- Les participants lors de la clôture ;
- La Ministre lors de son allocution ;
- Eugène CHIA prononçant son mot de circonstance.
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