L’Inspecteur général des services de l’Économie forestière, Maixent Guillaume TABAKA, a ouvert, le lundi 25 août 2025 à Brazzaville, les travaux de l’atelier de formation sur l’intégrité, l’éthique et la transparence dans la chaîne d’approvisionnement du bois. Organisée par la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH), en collaboration avec Transparency International-Cameroun et avec l’appui financier de TRAFFIC International, cette rencontre vise à promouvoir une gouvernance forestière respectueuse des principes de transparence, d’intégrité et d’éthique au Congo.

Dans son mot de bienvenue, Christian MOUNZEO, Coordonnateur national de la RPDH, a insisté sur l’importance de cette initiative. « Lorsqu’on parle d’éthique, de transparence ou d’intégrité, certains prennent peur. Pourtant, il ne s’agit que d’une ambition partagée : garantir une gestion durable de notre patrimoine forestier », a-t-il souligné.

Rappelant que la forêt congolaise constitue la deuxième ressource naturelle du pays après le pétrole, il a insisté sur la nécessité d’une exploitation bénéfique non seulement à l’État, mais aussi aux communautés locales. « Notre bois, principalement exporté vers l’Asie et l’Europe, doit être intègre, éthique et transparent. Cette exigence permettra de renforcer la gouvernance et de répondre aux engagements internationaux du Congo en matière de durabilité », a-t-il ajouté.

De son côté, Patrice KAMKUIMO-PIAM, chargé de programmes senior en gouvernance forestière et commerce à TRAFFIC International, a précisé que le projet soutenant l’initiative est financé par la coopération norvégienne. Il vise à accompagner des pays producteurs comme le Cameroun et le Congo dans l’amélioration de la compréhension et de la transparence de leur chaîne d’approvisionnement en bois.

Selon lui, l’approche adoptée est double : agir à la fois sur l’offre et sur la demande, notamment sur les marchés asiatiques tels que la Chine et le Vietnam, de plus en plus exigeants en matière de traçabilité et de durabilité. « Parler de gouvernance forestière oblige à aborder des problématiques complexes. Mais c’est une nécessité, car sans transparence et sans cadre éthique, les menaces qui pèsent sur nos forêts risquent de s’aggraver », a-t-il averti.

L’État congolais réaffirme son engagement

Ouvrant officiellement les travaux au nom de la ministre de l’Économie forestière, Maixent Guillaume TABAKA a mis en avant les avancées réalisées : la signature de l’Accord de Partenariat Volontaire (APV-FLEGT) avec l’Union européenne, la promulgation du Code forestier de 2020 et la reconnaissance du rôle de contrôle indépendant de la société civile.

Avec 65 % de son territoire couvert par la forêt, le Congo est au cœur du Bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète après l’Amazonie. Si la valeur écologique de cet espace est inestimable pour la régulation climatique mondiale, sa valeur économique est également majeure : le bois constitue la deuxième ressource budgétaire du pays après le pétrole. Cependant, cette richesse reste confrontée à de nombreux défis, dont les pratiques illicites et le déficit de transparence dans la filière.

« Nous sommes conscients que plusieurs défis persistent en matière de transparence, d’intégrité et d’éthique dans le secteur. Mais ces défis ne sont pas une fatalité. Ils peuvent trouver des solutions grâce à un dialogue franc et au renforcement des capacités », a déclaré l’Inspecteur général, réitérant la disponibilité de son administration à accompagner les acteurs engagés.

Au-delà des discours, l’atelier se veut un cadre d’échanges pratiques, visant spécifiquement à identifier les pratiques illicites, renforcer les outils de surveillance et formuler des recommandations adaptées. L’objectif est d’établir une chaîne d’approvisionnement crédible, conforme aux standards internationaux et garantissant des retombées économiques locales.

Ces assises réunissent à Brazzaville une vingtaine de participants issus des ministères de l’Économie forestière, de la Santé, de l’Environnement, de l’Agriculture, du Travail, ainsi que des services des Douanes, de la Gendarmerie et de la Police. Y prennent également part des acteurs du secteur privé forestier (exploitants, transporteurs de bois), un représentant du bureau programme de TRAFFIC pour l’Afrique centrale, un délégué de Transparency International- Cameroun et deux représentants de la RPDH.

Photos :

  1. Les officiels lors de la cérémonie d’ouverture
  2. Vue des participants lors de la photo de famille

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