mercredi, août 12

Elle n’a que 12 ans, mais déjà les gestes d’une joueuse qui ne demande qu’à grandir. Dossard 20 sur le dos, Aurora KHONDA a attiré les regards au Square de Gaulle, le samedi 1er aout 2026 à Brazzaville, lors de la 15 journée des matchs de gala de la Dynamique Le Réveil du handball congolais. À travers cette jeune pensionnaire d’ASOC, qui découvre la discipline depuis quelques mois seulement, c’est toute une génération que les acteurs du handball veulent faire émerger pour redonner au Congo sa place sur la scène nationale et internationale.

Quelques mois seulement de pratique et déjà une assurance qui intrigue. Sur le terrain, Aurora KHONDA ne s’est pas contentée de courir derrière le ballon. Déplacements, marquage, disponibilité pour le collectif et efficacité devant les buts, la jeune joueuse a montré un potentiel qui contraste avec son jeune âge et son gabarit.

Face à des adversaires plus grandes et plus expérimentées, la pensionnaire d’ASOC a su se frayer des espaces et prendre ses responsabilités. Une capacité à dépasser les contraintes physiques qui a retenu l’attention de Solange KOULINKA, ancienne Diable rouge, présente lors de cette journée.

Pour l’ancienne internationale, Aurora KHONDA est surtout la preuve qu’un travail de détection et de formation peut porter ses fruits. « Je suis très contente là où nous sommes, devant la petite Aurora. Vous voyez, ça veut dire que la Dynamique ne blague pas. Voilà le fruit de la Dynamique. C’est un enfant que nous sommes en train de préparer pour être une Diable rouge de demain, afin d’aider le pays », a-t-elle témoigné.

Mais derrière Aurora, prévient-elle, se trouvent probablement d’autres talents qui ne demandent qu’à être découverts. « Peut-être qu’en dehors d’Aurora, on peut avoir encore plus de dix, vingt talents qui ne demandent qu’à éclore. Voilà pourquoi la Dynamique est en train de faire un travail de fond pour tenter de relever encore le handball », a ajouté Solange KOULINKA.

Recréer une pépinière pour les sélections nationales

La relance passe désormais par la base. U14, U16, U17 et catégories seniors constituent les principaux réservoirs sur lesquels misent les promoteurs de la Dynamique.

Au Centre de formation Pierre NTSIETE, les entraîneurs s’emploient à transformer l’engouement des jeunes pour le handball en véritable parcours de formation. Mais une difficulté demeure : les enfants s’entraînent beaucoup plus qu’ils ne jouent.

Fabrice ITOURI, entraîneur du centre, estime que les matchs de gala viennent combler un vide important. « Notre pays ne fournit plus assez de joueuses en équipe nationale, surtout lorsqu’il faut participer aux compétitions internationales. C’est ceci qui nous anime aujourd’hui  à former les pépinières qui vont représenter le pays demain », explique-t-il.

Pour lui, l’entraînement ne suffit pas. « On doit évaluer ce que nous présentons chez les enfants », insiste le technicien, pour qui la compétition permet de mesurer les acquis et de corriger les insuffisances.

Des matchs  de gala encore plus attractifs

La 15ᵉ journée organisée au Square de Gaulle à Bacongo, dans le 2e arrondissement a  connu six rencontres. Des ayant rythmé cette étape dans une ambiance portée par un public de plus en plus nombreux.

Chez les dames, Lion Sport a difficilement pris le dessus sur le Centre de formation Pierre Ntsiete, 25-22. Dans la catégorie U14, le CFPNT a en revanche largement dominé ASOC, 15-4. En seniors dames, ASOC s’est imposé devant ASEL, 27-18. Chez les hommes, l’ASB a battu Petro Sport, 12-9. Patronage a pris le meilleur sur Lion Sport, 31-29, tandis que l’Avenir du Rail a terminé la journée sur une victoire face au FC JSO, 34-29.

Des scores qui comptent, mais qui ne résument pas l’essentiel. Pour les encadreurs, ces rencontres permettent avant tout aux jeunes de goûter à la compétition et aux formateurs de mesurer le chemin parcouru.

Pour Idriss BIVIGOU, entraîneur d’ASOC, la satisfaction première reste de voir les enfants jouer.  « Lorsqu’on forme un enfant, il faut évaluer le travail de l’enfant. Ces espaces nous manquent ici. Nous remercions donc la Dynamique pour nous aider à évaluer ces enfants, à savoir s’ils ont bien compris ce qu’on leur a appris et à les perfectionner pour un avenir meilleur au handball », souligne-t-il.

Le défi reste cependant considérable : manque de matériel, insuffisance de ballons et surtout accès difficile aux installations sportives. Selon le technicien, la Dynamique ne dispose actuellement pas d’un terrain propre et doit s’appuyer sur des établissements scolaires. Cette situation pose la question centrale de comment faire éclore les talents si les installations sportives construites avec l’argent du contribuable demeurent difficiles d’accès ?

Aurora et les autres, un pari sur l’avenir

Aurora KHONDA n’est donc pas seulement une jeune joueuse remarquée au détour d’un match de gala. Elle est devenue, le temps d’une journée, le visage d’un pari : celui d’un handball congolais capable de retrouver ses viviers et de reconstruire ses sélections à partir de la base.

À 12 ans, elle apprend encore. Elle tâtonne, progresse et découvre les exigences du haut niveau. Mais son apparition sur le terrain rappelle une évidence sans ambigüité que la relève existe. Elle a simplement besoin d’être détectée, formée, encadrée et surtout de disposer de terrains pour s’exprimer : une équation à laquelle la Dynamique le  Réveil du handball congolais  s’attaquer justement.

Photos :

  1. Vue de Aurora KHONDA autour des anciennes gloires du handball
  2. Aurora et son équipe avant d’affronter le CFPNT ;
  3. Les joueurs lors du math AVR vs FC JSO

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