Le Sénat a adopté, le jeudi 23 juillet 2026, le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. Ce collectif budgétaire, présenté par le Gouvernement à la suite de la recomposition de l’exécutif consécutive à l’élection présidentielle de mars dernier, adapte les crédits de l’État aux nouvelles réalités institutionnelles et économiques. Le budget révisé est désormais arrêté à 2 778,016 milliards de francs CFA en recettes et 2 561,069 milliards de francs CFA en dépenses, dégageant un excédent budgétaire prévisionnel de 216,947 milliards de francs CFA.
Cette révision intervient quelques mois seulement après l’adoption de la loi de finances initiale. Elle s’explique principalement par la nouvelle architecture gouvernementale issue de l’élection présidentielle de mars 2026. La nomination du Premier ministre, suivie de celle des membres du Gouvernement, a porté le nombre de ministères de 37 à 41, rendant nécessaire une nouvelle répartition des crédits budgétaires afin de prendre en compte les missions des départements nouvellement créés.
Conformément à l’article 57 de la loi organique n°36-2017 du 3 octobre 2017 relative aux lois de finances, une loi de finances rectificative permet d’ajuster, en cours d’exercice, les prévisions de recettes et de dépenses lorsque les conditions ayant présidé à l’élaboration du budget évoluent de manière significative.
Au-delà des changements institutionnels, le Gouvernement justifie cette révision par l’évolution de la conjoncture économique internationale. Les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient et en Ukraine continuent de perturber les chaînes d’approvisionnement, de maintenir une forte volatilité sur les marchés internationaux et de fragiliser les économies émergentes et en développement.
Malgré cet environnement peu favorable, les perspectives économiques du Congo demeurent encourageantes. Le Gouvernement table sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 5,5 % en 2026, contre 4,3 % en 2025. Cette progression serait portée par la hausse des cours du pétrole, le développement de la production gazière, le dynamisme du secteur des services ainsi que la poursuite des réformes engagées dans les administrations financières.
Un déficit provisoire à fin mai
L’exécution du budget de l’État à fin mai 2026 fait ressortir, selon les données préliminaires, un déficit budgétaire de 54,7 milliards de francs CFA. À cette période, les recettes mobilisées s’établissent à 753,5 milliards de francs CFA, tandis que les dépenses exécutées atteignent 808,2 milliards de francs CFA.
Ces résultats ont conduit le Gouvernement à actualiser son cadrage macroéconomique et budgétaire afin de préserver les équilibres des finances publiques et de tenir compte des nouvelles priorités de l’action gouvernementale.
Un budget révisé adopté
À l’issue des débats, les sénateurs ont adopté le projet de loi de finances rectificative à l’unanimité et sans amendement. Le texte fixe les recettes de l’État à 2 778,016 milliards de francs CFA et les dépenses à 2 561,069 milliards de francs CFA, faisant apparaître un excédent budgétaire prévisionnel de 216,947 milliards de francs CFA.
Selon le rapport adopté, cet excédent permettra de résorber le déficit de trésorerie prévisionnel. L’équilibre global de la loi de finances sera également assuré par le recours aux instruments du marché financier, notamment les Bons du Trésor assimilables (BTA) et les Obligations du Trésor assimilables (OTA), pour un montant de 1 041,574 milliards de francs CFA.
Photos :
- Vue des Sénateurs lors de la plénière;
- Le ministre des finances lors d’une plénière.
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