Faire du budget de l’État un instrument de transformation économique, de diversification productive et de réponse aux urgences sociales : telle est l’exigence placée au cœur de la dixième session ordinaire budgétaire du Sénat par son président, Pierre NGOLO. Dans un contexte marqué par la persistance des difficultés économiques, la dépendance aux recettes pétrolières et les attentes sociales, le président de la chambre haute a exhorté, le jeudi 15 octobre 2026, les sénateurs à dépasser la seule lecture comptable des finances publiques pour interroger l’efficacité des dépenses, la pertinence des priorités nationales et les résultats attendus pour les populations.

Pour Pierre NGOLO, l’examen du budget constitue bien davantage qu’un rendez-vous parlementaire consacré aux chiffres. Il engage la capacité de l’État à traduire ses ambitions en politiques publiques concrètes et à répondre aux préoccupations des citoyens. Cette responsabilité impose, selon lui, une lecture exigeante des choix budgétaires et de leurs conséquences sur le développement national.

« Le budget est ainsi le miroir des choix collectifs. Il révèle les priorités que nous donnons, les urgences auxquelles nous entendons répondre et les ambitions que nous sommes prêts à traduire en actes », a-t-il déclaré devant les sénateurs et les membres du gouvernement.

Le président du Sénat a insisté sur la nécessité de donner une portée opérationnelle aux orientations annoncées, en établissant un lien direct entre les décisions politiques, les moyens financiers mobilisés et les réalisations attendues. « Notre responsabilité est précisément de transformer les ambitions en décisions, les décisions en moyens et les moyens en réalisations concrètes », a-t-il poursuivi.

Cette approche place l’efficacité de la dépense publique au centre des préoccupations de la session, dans un environnement où les contraintes financières accentuent les exigences de rigueur et de responsabilité.

Sortir de la dépendance pétrolière

L’analyse du cadre budgétaire à moyen terme 2027-2029 met en évidence plusieurs objectifs : renforcer la croissance économique, préserver la soutenabilité des finances publiques, améliorer la sincérité budgétaire et faire du budget-programme un véritable outil de gestion publique.

La réduction de la dépendance aux ressources pétrolières apparaît comme l’un des enjeux majeurs. À cet égard, Pierre NGOLO a évoqué les perspectives offertes par l’agriculture, la pêche, la forêt, le tourisme, l’industrie manufacturière et la transformation locale des produits agricoles. Ces secteurs sont susceptibles de contribuer à l’élargissement de la base productive et à la création de nouvelles sources de richesse.

La mobilisation des recettes fiscales et non fiscales, la réduction des exonérations et le renforcement des contrôles figurent également parmi les pistes examinées. L’objectif est de consolider les ressources de l’État tout en améliorant leur utilisation au service du développement.

Les urgences sociales au cœur des arbitrages

Au-delà des équilibres financiers, le président du Sénat a attiré l’attention sur les difficultés auxquelles les populations restent confrontées, notamment les conséquences des fortes pluies et les risques d’inondation. La situation dans le département de la Likouala constitue, à ses yeux, un signal d’alerte pour les pouvoirs publics, appelés à mieux anticiper les catastrophes et à protéger les populations exposées.

Le Président de la première chambre du parlement a également rappelé la mission constitutionnelle du Sénat en matière de contrôle de l’action gouvernementale, de médiation et de préservation de la cohésion sociale.

À travers cette session budgétaire, la chambre haute est ainsi appelée à examiner les arbitrages financiers à l’aune d’une question essentielle : dans quelle mesure les ressources publiques peuvent-elles devenir un moteur de transformation économique et d’amélioration durable des conditions de vie des Congolais ? C’est à cette exigence de résultats que se mesurera la portée des choix budgétaires à venir.

Photos :

  1. Les sénateurs lors de la cérémonie d’ouverture ;
  2. Vue partielle du présidium du Sénat.

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