Vendredi 11 octobre 2024, Chambre de conciliation et d’arbitrage du sport ( CCAS) à Brazzaville, une vraie audience comme le voulait vraisemblablement depuis bien longtemps le plaignant, Avicenne Cléophas NZIKOU candidat à la présidence de la fédération congolaise de handball (Fecohand). Après plusieurs reports en raison de l’absence de Yan AYESSA, président sortant de la fédération ( réélu dans des conditions boudées par le plaignant) ou de ses avocats, l’audience a finalement eu lieu. Avicenne Cléophas NZIKOU était présent ainsi que ses deux avocats , Yan AYESSA absent a été défendu par son avocat.
Les faits et motifs …
Avicenne Cléophas NZIKOUa saisi la CCASpour demander l’annulation des résultats de l’assemblée générale élective organisée le 20 septembre 2024, alors que la chambre attendait les deux protagonistes qui ont bel et bien accusé réception des convocations émises par la chambre. Dans sa requête, le plaignant veut aussi obtenir de la justice d’ordonner une nouvelle date de l’assemblée générale élective ; de faire interdiction expresse au sieur YOKA Tangui de faire acte de candidature à un poste du bureau de la Fécohand ; de condamner la Fécohand et le président sortant Yan AYESSA aux dépends.
Monsieur YOKA Tangui colistier de Yan AYESSA , source du conflit, a été présenté par maitre Sandrine MOLELE LINGOMBO, un des avocats d’Avicenne Cléophas NZIKOU comme un homme dénué des valeurs de l’olympisme. « Monsieur Yoka est-il loyal? est-il honnête ? est-il intègre ? », s’est interrogé l’avocate , avant de poursuivre , « J’aurais souhaité que Monsieur Yoka soit présent pour comparaître par devant vous afin qu’il nous dise en toute franchise si les faits qui lui sont reprochés sont vrais ou pas », et de conclure, en s’interrogeant sur la crédibilité de la commission électorale ayant organisé l’assemblée générale élective à l’origine de la réélection de Yan AYESSA contestée par son concurrent devant la justice : « Que la commission électorale sensée être indépendante et impartiale nous dise comment s’est faite la désignation ses membres? Qui les a investis ? ».
Pour elle, « un Président sortant et candidat à sa propre succession ne peut jamais désigner et investir des membres d’une commission que nous espérions indépendante et impartiale pour le destituer ».
Pour sa part , dans sa plaidoirie, Maitre IBOUANGA l’avocat principal du plaignant a martelé que Monsieur Tangui YOKA ne répond pas aux critères de l’olympisme tel que rappelées par sa consœur , maitre Sandrine MOLELE LINGOMBO. Il a du reste soutenu que « les nouveaux membres de la commission électorale sont allés à contre-courant de vos instructions », s’adressant au président de la Chambre , Kaboul MAHOUTA et ses assistants. Maitre IBOUANGA qui, sans langue de bois a demandé, après argumentation, à la chambre de dire le droit, et de donner une réponse favorable à la requête de son client.
Dans sa plaidoirie, à la suite de celle maitre IBOUANGA, l’avocat de Yan AYESSA, Maitre TSIBA, a fait valoir un argument qui selon lui justifie amplement l’organisation de l’assemblée générale qui a réélu son client comme président de la Fécohand. La convocation de la CCAS, a-t-il soutenu, est parvenu à son client le 20 septembre 2024 (date de la fameuse assemblée générale élective) à 11h 30 alors que la réunion était prévue à 11 heures. Maitre TSIBA a par ailleurs insisté sur le fait qu’il est important dans cette affaire se départisse de ce qu’il a appelé les débats sur les gens, apanage des petits esprits, en optant plutôt pour les débats sur les idées, une démarche propre aux grands esprits.
Pour sa part, le plaignant, abordé par la presse à la sortie de l’audience, a rejeté très énergiquement la « réélection » de Yan AYESSA : « … dans leur procès-verbal, produit par eux même, Yan Ayessa a été reconduit président avec 13 voix et 13 bulletins nuls ! Nous avons parcouru minutieusement leur procès-verbal (…) ce débat contradictoire (NDLR : celui de l’audience entre les avocats) va faciliter la décision de la CCAS pour annuler au plus vite cette assemblée générale irrégulière qui avait été mis en place de manière très clandestine ».
Le verdict attendu pour ce dimanche !
L’épilogue de ce feuilleton sera connu ce dimanche 13 octobre 2024. L’annonce a été faite par le président de la Chambre, Maitre Michel Kaboul MAHOUTA qui, après avoir pris acte des plaidoiries des deux avocats , a annoncé le report. Confirmation de la réélection de Yan AYESSA à la présidence de la Fécohand ou invalidation ? Les yeux des protagonistes et de leurs fans sont rivés sur la chambre.
Le film des évènements en quelques dates présenté par maitre Sandrine MOLELE LINGOMBO , un des avocats d’Avicenne Cléophas NZIKOU
9 septembre 2024 : Avicenne Cléophas NZIKOU saisit la CCAS votre chambre pour obtenir :
- La suspension de l’Assemblée générale du 14 septembre 2024 ;
- La récusation des membres de la commission électorale indépendante ;
- L’invalidation des listes des candidatures surtout celle reprenant le nom de Monsieur YOKA Tanguy dont le profil ne correspond pas aux valeurs de l’olympisme.
13 septembre 2024 : La CCAS rend une décision acclamée par tous y compris Mr AYESSA qui a reconnu le bien fondé du droit devant les médias ; une décision récusant les membres de la commission électorale indépendante ; Suspendant la tenue de l’Assemblée générale élective du 14 septembre en la renvoyant à 10 jours à dater du jour du prononcé avec une nouvelle composition de ladite commission , et invalidant toutes les listes y compris celle de Mr AYESSA reprenant le nom de Mr Yoka Tanguy.
19 septembre 2024 : Avicenne Cléophas NZIKOU saisit de nouveau la CCAS pour solliciter l’invalidation des listes des candidatures car le nom de Mr YOKA Tanguy se retrouvait dans la liste de Mr AYESSA et que la nouvelle composition de la Commission électorale indépendante avait validé.
20 septembre 2024 : La commission électorale indépendante organise les élections tout en validant les candidatures des trois équipes, Petro sport, Cara et AVR qui n’avaient pas régulièrement validé à leur tour les candidatures de leur représentants, et étaient suspendus. Dans ces élections, Monsieur AYESSA fut proclamé vainqueur avec 13 voix sur 13 ainsi que Mr YOKA Tanguy dont le profil ne correspond toujours pas aux valeurs de l’olympisme.
PHOTO: Le président de la CCAS au centre entouré de ses collaborateurs ( Archives, Droits réservés)

