Le café citoyen, un nouveau rendez-vous des penseurs libres de tout bord, pour des échanges sur des thématiques variées que l’association Avenir Nepad vient d’inscrire sur la liste des espaces de réflexion citoyens. Pour ouvrir le bal , le mercredi 17 décembre 2025 à Brazzaville, une thématique tout à la fois transversale et bien pimentée, axée sur la participation politique, l’engagement citoyen et la démocratie. Une thématique déclinée en quatre communications : les acquis, défis et perspectives de la démocratie congolaise, le rôle de la société civile, la participation politique des jeunes et des femmes , ainsi que l’impact des médias traditionnels et sociaux.

L’association Avenir Nepad justifie la création de son Café citoyen et du thème du premier round par le fait qu’en République du Congo, bien que les textes juridiques garantissent les libertés politiques et la participation citoyenne, « la réalité montre une faible implication de la population, en particulier des jeunes et des femmes, dans les processus décisionnels et électoraux », une situation qui trouve son origine dans « le désintérêt pour la politique, la méfiance vis-à-vis des institutions, le déficit d’éducation civique, et parfois I‘absence de cadres d’échanges ouverts et inclusifs ».
Ce focus ciblait des Jeunes (étudiants, élèves, professionnels et leaders communautaires), des femmes et des organisations féminines, des organisations de la société civile et associations locales, des représentants des partis politiques et des institutions publiques, des enseignants, chercheurs, et universitaires, des journalistes et communicateurs, ainsi que les citoyens intéressés par les questions de gouvernance et de démocratie.
Les quatre communications découlant du thème général
Quatre communications ont meublé ce focus organisé à la grande bibliothèque universitaire. La démocratie congolaise : acquis, défis et perspectives ; la participation politique des jeunes et des femmes : enjeux et opportunités ; Les médias, les réseaux sociaux et la participation citoyenne ; Le rôle de la société civile dans la consolidation de la démocratie.
La dernière citée des communications a été le premier a être développé par Lilian Laurin BARROS, juriste et acteur de la société civile. L’orateur a mis en lumière plusieurs aspects qui plombent ou limitent l’action des organisations de la société civile dans la participation à la vie démocratique : pressions politiques et menaces, activité des OSC injustement liées à des acteurs politiques, obstacles dans l’organisation des réunions et autres manifestations. Par ailleurs, le juriste a plaidé pour que soit permis aux classes sociales vulnérables de s’exprimer et de participer à la vie démocratique ; faire évoluer la moi de juillet 1901 relative aux associations.

La communication sur la participation politique des jeunes et des femmes a été développée par le docteur Didier NGALEBAYE, maitre de conférence à l’université Marien Ngouabi. Douze pages pour montrer que la Jeunesse congolaise demeure « mobilisable par les appareils ethno-politiques, moyennant la modique somme de 2000 FCFA et un t-shirt, travaille contre ses intérêts objectifs, puisque, de toutes manières et après toute élection, le système de gouvernance sera le même, les acteurs n’étant presque pas renouvelés, par ailleurs ».
Une situation que l’orateur qualifie de « républicainenent grave », le poussant ainsi à faire des propositions : « Face à cette situation qui n’attire, visiblement, l’attention de personne, je propose deux pistes de solution : l’adoption du système d’élection nominative, pour I’alternance équitable au pouvoir et I ‘adoption de la loi sur les quotas démographiques ». Et de conclure : « A ce jour, 17 décembre 2025, la participation politique et l’engagement citoyen des jeunes au Congo n’étant satisfaisants, ni pour les intéressés, ni pour le corps sociopolitique national, tel serait le juste prix à payer afin de délivrer le pays du paradoxe en cours ».
Le docteur Etanislas NGODI, Coordonnateur de l’association Avenir Nepad, organisatrice de ce café citoyen, pour sa part, a développé le sous thème intitulé « La démocratie congolaise : acquis, défis et perspectives ». Des acquis, il y en a, a noté l’orateur : « Depuis l’instauration du pluralisme politique en 1990, le Congo a enregistré certains progrès démocratiques notables : Cadre institutionnel et juridique, multipartisme et processus électoraux ( présence de plusieurs partis politiques et organisations de l’opposition, organisation régulière d’élections (présidentielles, législatives, locales), même si leur crédibilité est débattue, participation progressive de jeunes et de femmes dans l’espace politique et citoyen) ; émergence de la société civile et des médias, dynamisme croissant des OSC, notamment dans les domaines de la gouvernance, des droits humains et du suivi citoyen.
Seulement, malgré ces acquis, des défis se posent encore, et l’orateur les a énumérés : Gouvernance politique et électorale, contestation récurrente de la crédibilité des processus électoraux (transparence, impartialité des organes de gestion, notamment la CNEl et manque de confiance des citoyens dans les institutions démocratiques) ; concentration du pouvoir exécutif et le faible équilibre des pouvoirs ; accès inégal à l’espace politique pour l’opposition ; restrictions des libertés publiques, notamment en période électorale .

Une démocratie « en construction, marquée par des acquis réels mais fragiles, confrontées à des défis profonds de gouvernance, de droits humains et de participation citoyenne. Son avenir dépendra de la volonté politique, de l’engagement des citoyens, du rôle de la société civile et du soutien des partenaires nationaux et internationaux », a conclu le Etanislas NGODI.
Il est à noter que les communications ont suscité des échanges interactifs avec l’auditoire qui pouvait poser librement, sans gants, des questions aux membres du panel. La communication sur Les médias, les réseaux sociaux et la participation citoyenne a été développée par le docteur Idris BOSSOTO, maitre-assistant à l’université Marien Ngouabi, au département des Sciences et techniques de la communication.
Photo 1 : La photo de famille des participants
Photo 2 : Une vue des participants lors du focus
Photo 3 : Les panelistes
Crédit : Groupe Congo Médias

