Le Congo Brazzaville traverse une période socialement et financièrement difficile marquée entre autre par des situations de grèves dans plusieurs administrations et entreprises du service publique et paraétatiques. La question s’est invité tout naturellement au désormais bimensuel rendez-vous avec la presse nationale et internationale dit la Quinzaine du gouvernement du 8 octobre 2024. Le ministre de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement, Thierry Lezin MOUNGALLA, a indiqué au sujet de cette affaire et de bien d’autres, des contraintes de trésorerie vécues par le pays, et qui plombent les interventions du gouvernement qui, martelait-il, reste fidèle à l’option du dialogue social comme voie de règlement des différends.
Des voyants de plus en plus rouges…qui rencontrent des tensions financières
« Nous constatons qu’il y a des voyants de plus en plus rouges qui s’allument…» Ces mots sont ceux du ministre, prononcés lors de la conférence de presse, en réponse à la question d’un journaliste sur la multiplication des mouvements de grève dans le pays. Des administrations et entreprises paraétatiques ou privées ont en effet débrayé depuis plusieurs semaines ou des jours. Le cas de l’université Marien Ngouabi (l’une et la plus ancienne des deux universités publiques du pays), la société Averda en charge de l’assainissement des villes de Brazzaville et Pointe noire ou encore le Chemin de fer Congo Océan (CFCO) , transporteur des carburants vers la capitale qui , par conséquent, connait une pénurie qui perturbe les transport publics , faisant galoper les prix.
« Nous constatons qu’il y a des voyants de plus en plus rouges qui s’allume dans un certain nombre d’administrations, d’établissement publics et para publics, vous avez cité le CFCO, l’Université », a affirmé Thierry Lézin MOUNGALA, avant d’ajouter : « Le gouvernement, croyez-le, attache du prix à la résolution de ces questions qui sont souvent des questions de trésorerie » .
Pour le gouvernement, le dialogue social demeure la voie de résolution des problèmes. « Le gouvernement privilégie toujours le dialogue. Chaque fois qu’un voyant rouge s’allume, il y a aussitôt une rencontre entre les syndicats ou les intersyndicales. Parfois même le gouvernement accepte de discuter avec des collectifs informels (…) laissons le temps à ces négociations se mettre en place pour permettre la résolution dans le cadre du dialogue social de ces questions importantes », a dit le porte-parole du gouvernement.
La veille de la tenue de la conférence de presse, le gouvernement s’était réuni en conseil des ministres. Dans le compte rendu de ce conseil, on peut certes lire un brin d’optimisme : « Sur le plan national, la croissance économique devrait connaitre une légère accélération de 0,5%. Elle ressortirait ainsi 3,8% en 2025 contre 3,3% en 2024, grâce au dynamisme du secteur hors pétrole, avec une contribution de 4,1%, et le raffermissement du secteur pétrolier , dont le taux de croissance s’établirait a 3,1% contre 1,7 en 2024 ».Toutefois, poursuit le compte rendu, « Cette croissance économique demeure fragile et est exposée aux chocs conjoncturels de toute nature qui pourraient survenir. Les tensions de trésorerie que connait notre pays s’expliquent notamment par ces paradoxes ».

Quelles dispositions du gouvernement contre les tensions de trésorerie ?
A cette question qu’il a qualifiée d’excellente, le ministre qui a dit s’exprimer sans langue de bois, a indiqué « qu’il serait difficile pour le gouvernement et le porte-parole que je suis de cacher le réalité, la gravité de cette situation en termes de difficultés de trésorerie , donc en termes de raréfaction des ressources. Il est clair que le principal obstacle auquel nous nous heurtons est celui de notre stock de dette sur le marché financier de la Cemac. Le diagnostic est simple, quand vous avez à rembourser parfois jour après jour, semaine après semaine, des dettes contractées à court termes sur les marchés financiers, vous avez effectivement des difficultés puisque le stock et le service de la dette à rembourser chaque mois est parfois égal ou excède les ressources qui entrent. C’est ça la difficulté ».
Et la pénurie de carburant a Brazzaville….
Concernant la cause de la pénurie de carburant qui paralyse la ville de Brazzaville, le ministre a évoqué entre autres le mouvement de grève des agents du CFCO. Le nœud autours duquel, dit-il, s’est cristallisé le mouvement c’est Loutété ( gare du chemin de fer dans le département de la Bouenza a plus de 150 kilomètres de Brazzaville). « Ce nœud a justifié, parce qu’il y avait un blocage, la rétention sur place je crois , d’une vingtaine de wagon citernes qui contenait du carburant, gasoil et super. Cela n’a pas facilité l’acheminement du carburant à Brazzaville ».
Au moment où nous publions cet article, cératines station services de la capitale commence a désemplir, conséquence d’une livraison de carburants.
Photo a la une : Le tesor public congolais à Brazzaville
Photo intérieur: le ministre Thierry Lezin MOUNGALA
Crédits photos: Droits réservés

