D’un terrain à un autre, mais   même ferveur, même ambiance,  même engouement. Le handball mania national insufflé par la Dynamique le Réveil du Handball congolais s’est poursuivi le dimanche 21 juin 2026 dans les villes de Brazzaville, Pointe noire et Loutété. Malgré une délocalisation forcée à Brazzaville, de l’habituel Centre sportif de Makélékélé au terrain d’Avenir du rail à Ouénzé, le gala s’est poursuivi dans son neuvième round, au grand bonheur des athlètes pour lesquels ce gala constitue une occasion unique de mise en jambe. Quand la Dynamique dynamise les handballeurs et handballeuses , le Congo retrouve son honneur en tant que grand pays de handball .

Plusieurs férus de handball venus au rendez-vous habituel de tous les dimanches au Centre sportif de Makélékélé sont désemparés.  A la place des joueurs et joueuses de handball, c’est un terrain vide et le silence qui les accueillent. La cause de ce silence, une instruction par lettre de la ministre de l’enseignement supérieur enjoignant le Président de l’université Marien Ngouabi sous la tutuelle de laquelle se trouve l’Institut supérieur de l’éducation physique et sportive , propriétaire du terrain, « de bien vouloir interdire les activités sportives organisées à l’Institut Supérieur de l’Education Physique et Sportive ((SEPS), par les Associations Sportives sanctionnées par le Ministère en charge des Sports, … ».

Cette décision   mise  à exécution par  la direction de l’ISEPS  vient en violation des accords entre elle et la Dynamique le Réveil du Handball congolais qui pourtant,  avait réalisé les exigences du  cahier de charge à elle imposé par l’ISEPS, notamment la réhabilitation du terrain de jeu (traçage et pose de nouveau poteaux) , ainsi que la réhabilitation des toilettes. Voilà pour les faits.

Des actions, puis des réactions

Pas d’actions sans réactions. Elles sont venues de plusieurs dirigeants de  handball. Parmi eux, le secrétaire général de la section handball d’Interclub Brazzaville, Joseph KIKONDA  qui,  sans langue de bois,  s’est indigné : « Si je me souviens très bien, lorsque le ministre recevait le 8 mai dernier les fédérations, il a bien précisé que, je le cite, finie la récréation, qu’il devait s’impliquer vous résoudre les conflits qui secouent les fédérations. Mais dans les faits c’est comme s’il a sifflé la récréation qui commence au ministère des sports, parce qu’il est incapable de résoudre ces conflits ! Qu’il appelle les parties pour s’assoir et régler les problèmes conformément au code du sport, aux statuts et règlements. Le handball  n’a pas de problèmes, c’est eux qui crée les problèmes à la fédération congolaise de handball. Il n’y a pas de problèmes entre les athlètes. Les textes sont là comme il a dit lui-même, qu’on les applique ! Il ne doit pas avoir de parti pris, c’est lui le patron ».

Dans le même sens, Aymar MAYOULOU, membre du comité directeur de l’Interclub, a renchéri : « je me rend compte depuis mon retour au pays que la crise existe (…) Soucieux de ce que nous avons entrepris depuis le début, nous n’avons pas voulu laisser ces jeunes à la dérive. C’est pour cela que nous nous retrouvons à Ouénzé (Ndlr : Arrondissement 5 de Brazzaville).

Interrogé sur son vécu de la crise, il réagit : « Je pense qu’on piétine les textes et les lois chez nous. Je ne vois de la volonté de la part du ministre de mettre fin à cette crise à laquelle on peut mettre fin sans difficulté. Il y a eu élection, un candidat s’est désisté et il en restait un, un troisième est sortie du néant et voilà l’origine de la crise (…) nous sommes dans un fléau de délinquance juvénile avec le phénomène bébés noirs ( Ndlr : Groupes de jeunes criminels  opérant a Brazzaville). Pour éradiquer ce fléau il faut rassembler les jeunes autour du sport, du handball qui a déjà ramené beaucoup de trophées à notre pays et nous sommes en train de le tuer. Les textes et les lois sont là mais nous ne voulons pas les appliquer ! »

Il faut souligner que la ministre de l’enseignement supérieur a agi en réaction à une saisine de son homologue en charge des sports par courrier en date du 1er juin 2026. Dans ce courrier, le ministre des sports cite l’article 46 de la loi portant Code du sport qui prescrit que « toute personne physique ou morale, de droit privé, tout organisme parapublic ou privé qui organise une manifestation sportive ouverte aux licenciés des fédérations sportives, doit obtenir une autorisation de la fédération intéressée. Tout licencié, qui participe à une manifestation sportive qui n’a pas reçu l’autorisation de la fédération sportive dont il est membre, s’expose aux sanctions disciplinaires prévues par le règlement intérieur de cette fédération »

Au regard de cette disposition, plusieurs analystes abordés par le Groupe Congo Médias s’accordent à dire que la Dynamique le Réveil du Handball Congolais , ne saurait être  frappé par celle-ci car, n’utilisant pas des joueurs licenciés de la fédération, leur clubs n’étant plus sous administration de  la Fécohand depuis la publication d’une décision de la fédération, en date  du 17 décembre 2025. Une décision, qui infligeait une batterie de sanctions à des dirigeants de la Dynamique et des clubs ayant accepté de participer au tournoi international dit de la cohésion et de la fraternité qu’organisait à Brazzaville la Dynamique justement. 25 clubs se voyaient par ailleurs retiré leur affiliation, du fait de leur participation à cette compétition. Des analystes qui présente dès lors présentent la Dynamique comme un acteur de la société civile soucieux de mobiliser des joueurs et dirigeants du handball libres ,  non liés à la Fécohand ( au regard de la décision du 17 décembre 2025) autours d’un projet sportif.

Quand le conseil des ministres se saisit du dossier du management du handball

Le Conseil des ministres tenu le Jeudi 18 juin 2026 à Brazzaville, sous la haute autorité du président de la République s’est penché sur le dossier du  handball. Lors de cette session , selon le compte rendu,  le ministre des sports, Hugues NGOUELONDELE, faisant l’état des lieux du sport  congolais dans sa  communication , a identifié cinq  défis principaux. Parmi eux, celui de la gouvernance des fédérations sportives, « investies d’une délégation de pouvoir de la part de l’Etat pour développer leur discipline sportive. La défaillance de certaines d’entre elles, et pas des moindres, est un des stigmates les plus patents du déclin que connait le sport congolais », souligne le compte rendu du conseil de ce conseil des ministres.

« Le Président de la République a instruit le Premier ministre, chef du gouvernement, d’impliquer les ministres concernés dans la définition d’un véritable programme de redressement du sport à soumettre, dans les meilleurs délais, à la délibération du Conseil des Ministres », renchéri le compte rendu.

Photos : Des scènes des matches au stade d’Avenir du rail lors de

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