mercredi, août 12

Ces résultats sont consignés dans un livre   blanc dont la présentation a été faite à la presse le vendredi 31 juillet 2026 à Brazzaville par Luce GANGOUE, coordonnatrice de cette association et Franche MALANDA, la chargée des programmes. Il documente l’état des centres de santé intégrés (CSI) objet de leurs enquêtes indépendantes, tout en formulant des recommandations pour leur revitalisation. Le document esquisse par ailleurs les résultats de la mise œuvre par cette association de l’initiative des mutuelles de santé communautaire dénommée Mama Telama, traduit en français par Maman lève -toi. Actif dans trois localités pilote, ce projet est appelé malgré tout à surmonter plusieurs contraintes d’ordre financier et social.

Le projet des mutuelles de santé communautaire Mama Telama a été expérimenté dans trois localités pilotes de trois département du pays. Goma tsé-tsé (département du Pool) depuis juillet 2023, Kolo (département de la Bouenza) depuis janvier 2026 et Elogo (département de la Sangha) depuis janvier 2026. Quoiqu’opérationnelle, cette initiative qui s’inscrit dans le cadre du programme Leadership féminin de Kaani Assistance dans le but de placer les femmes au cœur des questions de leur santé et celle des communautés,  fait face à plusieurs défis : la méconnaissance de du modèle mutualiste par les communautés ; le bénévolat des membres de gestion compromettant la régularité des réunions ; la faible qualité des services de santé dans les CSI affiliés limitant l’efficacité de la mutuelle ; les contraintes financières car la cotisation de 1.000 francs CFA ( 2 dollars) est perçue comme trop élevée.

Pour l’association   Kaani, conclue le livre blanc « Pour que les mutuelles de santé communautaires jouent pleinement leur rôle, il est impératif que les CSI auxquelles elles sont affiliées disposent d’une offre de soins de qualité minimale. La revitalisation des CSI et le développement des mutuelles sont deux enjeux indissociables ». Pour votre gouverne, le principe de la mutuelle de santé consiste en ce que les mutualistes cotisent et se prennent en charge, bénéficiant de facto des réductions des couts des services à l’hôpital.

L’association Kaani a mené des missions de terrain dans plusieurs localités les départements du Pool, de la Bouenza et de la Sangha. Les principaux points faibles de ces centres de santé intégrés sont pour Goma tsé-tsé (Pool),  le fait de ne disposer qu’un seul lit d’accouchement, l’absence total d’électricité (accouchements nocturnes éclairés par les lumières des téléphones portables).

Pour le CSI de Kolo (Bouenza), l’on note trois bâtiments délabrés en état d’abandon avancé, la disponibilité de seulement un microscope inutilisable (absence de technicien et d’électricité), les mauvaises conditions de pratique des accouchements ( avec les lumières des téléphones portables) dans un bloc qui ne compte qu’un lit, le suivi prénatal inexistant faute de laboratoire.

Au CSI d’Elogo (Sangha), les structures sont en délabrement avancé, l’on note l’absence de sage-femme (accouchement pratiqués par des matrones), la prédominance du personnel masculin qui ouvre à la voie à des discussions sensibles difficiles pour les femmes, la quasi inexistence du programme de planification familiale).

Des constats à la mobilisation des partenaires financiers

Le livre blanc de Kaani Assistance présente la situation préoccupante des centres de santé intégrés des localité pilote, résultat du travail   de terrain, mais qui ne s’éloigne pas de celle de plusieurs autres du pays plus généralement. Ce tableau, couplé aux nombreux défis à relever dans le cadre de la mise en œuvre du projet des mutuelles de santé communautaire Mama Telama, constitue un motif légitime de positionnement dans une autre dimension, celle de la recherche des partenaires financiers, dans le but de passer à une autre étape, celle de l’assistance et de de l’aide.  Luce GANGOUE, coordonnatrice de Kaani Assistance   l’a évoqué : « …On ne pouvait pas directement mobiliser des partenaires financiers tant qu’on a pas une meilleure connaissance de la situation. Aujourd’hui, avec le travail que nous avons réalisé, il sera plus aisé d’aller intéresser telle ou telle autre personne (…) nous sommes   partis   sur le terrain, nous avons vu la réalité et nous disposons des données et nous pouvons contacter des partenaires financiers ».

La coordonnatrice a par ailleurs indiqué que le financement reçu dans le cadre du projet sur les centres de santé intégrés « n’entre pas vraiment dans le cadre de l’assistance et de l’aide. Nous avons pu identifier le besoin. A nous d’aller mobiliser d’autres partenaires, ce travail nous avons commencé à le faire en envoyant des demandes ». Toutefois, le dialogues avec les autorités nationales n’a pas été exclu car le financement des services sociaux de santé est avant tout de leur responsabilité.

Des recommandations …

Le livre blanc de Kaani Assistance formule par ailleurs des recommandations. A l’endroit des autorités locales, des institutions gouvernementales et des partenaires internationaux. Au gouvernement par exemple il est recommandé la réhabilitation et l’équipement des CSI, la formation et l’affectation du personnel qualifié dans les CSI, la fourniture des médicaments essentiels, la mise en place des services de planification familiale, la transparence budgétaire. Au autorités locales, le renforcement des comités de gestion, le soutien aux femmes par la création des groupes dédié.

Photos : Luce GANGOUE, coordonnatrice de Kaani Assistance et Franche MALANDA, la chargée des programmes présenta le livre blanc aux journalistes

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