C’est une passionnée de littérature et d’arts, enseignante de lettres et histoire dans un lycée de Paris en France. Depuis deux ans, Sylvia DJOUOB revient au pays pour partager sa passion aux femmes du Congo, son pays. Elle y organise en effet le concours littéraire Miss Mayélé. Epreuve de dictée classique l’année dernière, et cette année 2025, le mercredi 30 juillet, dans l’auditorium de la présidence de l’université Marien NGOUABI, pas de dictée mais une autre épreuve littéraire orientée bonne orthographe, utile dans le marché du travail, soutient-elle, à raison.
Aider les femmes à être de bonne rédactrices en langue française, voilà résumé Miss Mayélé. Mayélé, un mot de la langue lingala parlée au Congo et qui signifie intelligence. « Je suis une femme de lettre et je voudrai dire aux femme que le cerveau n’a pas de sexe. Pour intégrer le marché du travail, tout commence par le savoir. Comme le français c’est notre langue de travail. Il faut absolument la maitriser sinon ça ne va pas ! Parmi les dames qui ont participé au concours il y a des étudiantes, des secrétaires qui travaillent ».
Autre objectif de ce concours, permettre aux femmes, au sortir de celui-ci, de partir avec quelque chose de plus, qu’elle se disent « Tiens ! j’avais oublié la conjugaison, maintenant je vais m’y mettre (…) avec les livres qu’elles vont avoir elles vont retravailler leur orthographe et leur grammaire ».
Un coté féministe dans la chose
Sylvia DJOUOB, c’est aussi une féministe, soit dit. Remettre les femmes sur orbite est son engagement. La place de la femme n’est pas dans la cuisine, martèle-t-elle : « J’ai mis l’accent sur la gente féminine parce que les femmes, quelque fois on les dévalorise, pensant que sa place est dans la cuisine, ce qui n’est pas vrai. Sa place est dans le développement de ce monde. Il faut montrer aux collègues femmes que nous sommes aussi capables. Nous devons être capables de bien écrire pour pouvoir aider nos enfants quand ils reviennent de l’école. Tout à l’heure il y a une femme qui m’a dit qu’elle ne maitrise pas l’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire être ou avoir. Mais ce n’est pas possible !».

De la dictée classique à un tout autre format
Lors de la première édition, les candidates étaient soumises à une épreuve de dictée classique. Mais cette année, pour la deuxième, Sylvia DJOUOB a opté pour un tout autre type d’épreuve à travers laquelle les candidates étaient appelées à cocher l’une des cases proposées, attenantes à des propositions de réponses justes d’accord de participes passés, de conjugaison ou encore d’orthographe d’un mot. « Généralement je fais la dictée et donc tout le monde attendait la feuille pour la dictée classique. Mais j’ai changé en prenant toutes les notions grammaticales, d’orthographe, lexicales pour permettre aux femmes qui ont oublié certaines règles de pouvoir les retravailler (…) au Congo tout le monde fait des dictées, j’ai voulu me démarquer des concours de dictée… ». Les candidates étaient par ailleurs appelées à conjuguer simplement quelques verbes.
Par ailleurs, l’organisatrice a remercié le président la république « grâce à qui j’ai pu réaliser Miss Mayélé, parce que le dernier concours (Ndlr :édition de juillet 2024) était débaptisé prix Denis Sassou Nguesso avec des textes tirés de son livre ».
La passion pour la littérature de Sylvia DJOUOB fut très précoce. A 18 ans déjà, a-t-elle confié, elle remportait déjà au Sénégal le prix de la meilleur nouvelle de langue française. La seule Congolaise a avoir reçu un prix littéraire à l’étranger, revendiquait elle.
Photo à la une : Les candidate lors de l’épreuve (Crédit : Panoramik Actu)
Photo intérieur : Sylvia DJOUOB répondant aux questions des journalistes, entourée des candidates (Crédit Groupe Congo Médias)
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